☰ Menu eFinancialCareers

Crise financière, la faute aux rémunérations des traders ?

Le sujet est si brûlant que personne ne veut s’aventurer à le commenter…

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001, croit savoir d’où viennent les difficultés que les marchés financiers traversent actuellement. Lors d’une rencontre avec les lecteurs de The Independent, il a déclaré : Le système des indemnités a très certainement contribué d’une manière importante à la crise. Il a été conçu pour encourager la prise de risques mais il a encouragé la prise de risques excessifs. En fait, il les paie à faire des paris. Avant d’ajouter : Quand les choses tournent bien, ils s’en tirent avec des primes énormes. Quand les choses tournent mal, comme maintenant, ils ne partagent pas les pertes. Même s’ils perdent leur emploi, ils s’en sortent avec d’importantes sommes d’argent. Pour lui, les bonus ne devraient pas être versés immédiatement une fois le bilan de l’année bouclé, mais avec un décalage de quelques années. S’il y a des pertes, le bonus devrait être réévalué à la baisse.

Le peu d’enthousiasme rencontré pour commenter ce point de vue laisse penser que les professionnels de la finance au Benelux n’appuient pas cette thèse. La seule personnalité du monde bancaire à s’être exprimé sur le sujet est Josef Ackermann, PDG de la Deutsche Bank. Celui-ci a défendu dans le quotidien Bild les rémunérations élevées des grands patrons, qui, selon lui, représentent beaucoup d’argent pour beaucoup de travail .

Si Fortis appliquait les idées de Joseph Stiglitz, quelle serait la rémunération recalculée de Jean-Paul Votron ? Rappelons que le bonus de ce dernier s’est établi à 2,5 millions d’euros en 2007 contre 2 millions en 2006 alors que le bénéfice de Fortis était en baisse l’an passé et que l’action a perdu 52 % au cours de l’année écoulée.

Lionel Artige, qui enseigne l’économie à Liège et Barcelone, abonde dans le sens de Joseph Stiglitz : C’est un peu comme si je jouais au poker avec l’argent de ma belle-mère en empochant les gains et en lui refilant les dettes. S’il s’était agi de son argent personnel, Jérôme Kerviel aurait certainement couvert ses opérations et aurait pris des positions sur des montants bien plus faibles.

commentaires (3)

Comments
  1. Où est le problème ? C’est l’actionnaire qui est propriétaire de l’entreprise. Si le niveau des bonus ne pose pas de problèmes à l’actionnaire, les bonus peuvent rester à ce niveau. Il ne faut pas oublier que Jean-Paul Votron a finement négocié la reprise d’ABN Amro et que cette opération se montrera sans nul doute profitable sur le long terme.
    Pour moi, ceux qui critiquent le niveau attractif de certaines rémunérations sont avant tout et d’abord ceux qui aimeraient gagner des montants de cet ordre. Que l’on verse le bonus d’un trader de Goldman Sachs à ce monsieur Stiglitz et nous verrons s’il continue de critiquer le système de rémunération…

  2. Partiellement d’accord. Il ne me paraît pas illogique que si le marché recule, les bonus doivent refléter cet état des choses. La prise de risque serait peut-être plus réfléchie si les montants des bonus étaient d’une manière ou d’une autre indexés à la santé des marchés et des résultats de la banque à moyen-long terme.
    Je pense également qu’il serait meilleur pour tout le monde que les traders raisonnent en fonction de l’intérêt de l’institution qui les emploie et utilisent un peu plus leur esprit critique avant de se comporter comme des moutons et de suivre le mouvement initié par d’autres traders qui eux-mêmes… Qu’ils emploient une partie de leur bonus à se payer des coachings sur la pensée individuelle et l’éthique ! Et le prochain krach sera d’une ampleur bien plus mesurée…

  3. Tout à fait d’accord avec Stiglitz qui pourrait certainement gagner le montant qu’il veut étant donné sa renommée et son sérieux. Il est temps d’arrêter de jouer avec l’argent des autres…

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici