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DSK donne une leçon d’économie sur la Grèce et tant pis pour les banques !

DSK sur le gril, ça donne 13 millions de téléspectateurs sur TFI hier soir, le 20 heures le plus regardé depuis 2005 toutes chaînes confondues. On passera l’attitude contrite de Dominique Strauss Kahn dans le rôle de l’accusé présumé, qui concède une faute morale tout en rejetant l’idée d’une relation contrainte ou violente.

C’est un Clinton “made in France” (car lui “regrette”, sans demander pardon), résume Raphaël Liogier, professeur à Sciences-po à Aix, qui qualifie la prestation de dissertation, un grand oral de Sciences-po.

Les Français l’attendaient également sur le terrain politique (oui, il visait bien la candidature à la présidentielle, non il n’ira pas s’immiscer dans les primaires du PS même s’il fait un baiser empoisonné à Martine Aubry au passage, pour la suite il verra) mais aussi sur les sujets économiques. Selon un sondage du Journal du Dimanche paru hier, 64% des Français voulaient connaître ses solutions à la crise économique.

Ça tombe bien : Ces problèmes m’intéressent. C’est à ça que je veux travailler, a-t-il déclaré. Dans le rôle de l’expert, l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) s’est montré sans surprise bien plus à son aise.

“Il faut prendre sa perte”

Sa position en faveur d’un effacement de la dette de la Grèce est pourtant loin d’être consensuelle.
Alors que le tabou d’un défaut grec a pesé sur la réunion les ministres des finances européens ce week-end, DSK a lâché : Il faut accepter de reconnaître qu’il faut prendre sa perte. Tout le monde doit la prendre, les Etats et les banques, a-t-il insisté. Une formule qui ne s’applique pas seulement à la Grèce mais à l’ensemble des États européens défaillants.

Pas sûr que cette prise de parole soit très appréciée des banques françaises, qui auraient énormément à perdre dans un tel scénario.

Dans la foulée des précisions apportées par BNP et Société Générale sur leur exposition à la dette souveraine grecque, Christian Noyer, gouverneur général de la Banque de France, avait tenté de rassurer la semaine passée en déclarant qu’en cas d’échec du sauvetage grec, cela coûterait [aux banques françaises] quelques mois de résultats, ce serait ennuyeux, mais cela ne les mettrait en rien en péril.

L’exposition sur la dette grecque s’élève à 8 milliards d’euros pour l’ensemble des banques françaises, alors qu’elles ont déjà engrangé 11 milliards d’euros de bénéfices sur le seul premier semestre et qu’elles disposent de 210 milliards de fonds propres, avait-il précisé.

Pas très convaincant, si l’on en croit le verdict des marchés. Et ce, malgré les engagements pris la semaine dernière par les deux grandes banques, notamment en matière de réduction de la taille de leur bilan et de leurs coûts. Selon une dépêche de Bloomberg de la semaine passée, citant un représentant de la CGT, Société Générale pourrait ainsi supprimer entre 600 et 800 postes dans sa BFI, dont 300 maximum à Paris.

Près de 50 milliards d’exposition aux “PIIGS” chez les banques françaises

Si les banques françaises devaient prendre leur perte sur l’ensemble des “PIIGS”, les cinq pays européens considérés comme les plus fragiles financièrement (Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne), soit une exposition à hauteur de 48,9 milliards d’euros, comme le suggère DSK, on passerait alors en mode scénario catastrophe.

La déclaration de l’ancien directeur du FMI ne fait pas les affaires du secteur bancaire en général, et français en particulier. Rappelons que les établissements bancaires avaient déjà eu à avaler la couleuvre de sa successeure au FMI fin août. Christine Lagarde avait alors lancé un appel à la recapitalisation des banques européennes, si besoin de manière obligatoire et par des fonds publics.

DSK a fait planer hier soir le spectre d’une Europe terre de désolation avec des forts taux de chômage et des systèmes de protection à la dérive si l’on agit pas assez vite.

De là à se positionner en donneur de leçon, il n’y a qu’un pas:Le problème des Européens c’est qu’ils font souvent soit trop peu, soit trop tard, soit souvent trop peu et trop tard.

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