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Les gestionnaires de fortune suisses sont-ils devenus « has been » ?

vintage office

Nouvelles exigences réglementaires, passage à l’ « onshore », consolidation du secteur… Les temps sont difficiles pour les gestionnaires de fortune en Suisse. Reste que le pays maintient sa position de leader de la gestion de fortune avec ses 2040 milliards de dollars d’actifs sous gestion à fin 2014, en hausse de 14% sur un an, d’après les chiffres publiés hier par Deloitte. Pour combien de temps ?

De nombreux marchés internationaux sont en embuscade (Grande-Bretagne, Etats-Unis, marchés asiatiques)… Par ailleurs, ces chiffres sont un peu en trompe-l’œil : la fortune sous gestion a en fait décru de 7% depuis 2008 en Suisse. La hausse du volume du marché s’explique par la hausse des performances des marchés et non par l’acquisition de nouveaux clients.

Pour les gestionnaires de fortune, pas d’autre option qu’une remise en cause de la stratégie et des méthodes. Même si les résultats sont bons, comme chez Julius Bär, qui a annoncé aujourd’hui un bénéfice pour 2014 quasi doublé en un an, la tentation de couper dans les effectifs pour maintenir la rentabilité se confirme puisque dans le même temps l’établissement supprimera 200 postes en 2015, principalement en Suisse.

Une décision qui n’est pas évidemment pas étrangère à la levée du taux plancher par la Banque Nationale Suisse. Un coup de massue pour le secteur. « 80% de nos revenus sont réalisés en euros ou en dollars et notre base de coûts repose à 80% sur le franc suisse », avait rappelé dans Le Temps Boris Collardi, président de l’Association de banques suisses de gestion (ABG). Au point que la flambée de la devise suisse pousse certains à réfléchir à baisser les salaires des frontaliers.

Les banquiers suisses tirent craignent surtout une accélération de la concentration du secteur. Boris Collardi estime que dans 5 ans la Suisse n’aura plus que 100 banques privées contre 139 début 2014 et 182 en 2005.

En matière de restructuration, ce sont les fonctions support qui sont les plus vulnérables. Le cas de Julius Bär, qui a racheté fin 2013 Merrill Lynch’s International Wealth Management (IWM) en dehors des Etats-Unis, est parlant : les coupes affecteront principalement les fonctions de back et middle office et une réduction des dépenses marketing, précise le communiqué de la banque.

Côté front-office en revanche, la guerre des talents est plus que d’actualité. Tous les profils qui font la différence dans un marché de plus en plus compétitif auront toujours la faveur des recruteurs : des spécialistes des marchés émergents, des conseillers spécialistes des hedge funds ou du private equity, les gérants discrétionnaires, des experts de l’ingénierie patrimoniale…

commentaires (1)

Comments
  1. En effet, les gestionnaires de fortune en Suisse, malgré leur compétence, leur talent et leur réseau, ne sont pas assez considérés par les dirigeants des banques.

    Ils ont la responsabilité de maintenir une clientèle instable, mais sans les outils nécessaires, en particulier, des réponses aux obligations fiscales à des clients résidents à l’étranger.

    Ils doivent se prononcer sur des plans d’affaires exigeants, avec des progressions en millions sous gestion, année après année, et en améliorant les rendements de la banque (ROA) qui ne sont plus d’actualité depuis 2008 et sa suite d’évènements qui en découlent à ce jour.

    Les banques privées engagent des personnes à l’étranger dans de nouvelles filiales pour inviter leur clientèle en suisse à rapatrier dans leur pays d’origine. C’est la nouvelle tendance suite aux normes instaurées par les décisions de nos politiciens suisses. Une décision de facilité et une vision à court terme. Ces propres banques, déplacent des bénéfices fiscaux à l’étranger et par conséquence, engagent moins de gestionnaires de patrimoine en Suisse.

    C’est le cas de nos deux plus grandes banques issues de la Suisse, à savoir le Credit Suisse et l’UBS (sauvée par les contribuables suisses d’ailleurs). Elles ont initié le pas, et sont imitées par plusieurs banquiers dont leur métier de base est à ce jour la gestion de fonds et de la clientèle.

    Les gestionnaires de fortunes travaillent une relation d’affaire avec un client pendant plusieurs années. Elle est basée sur la confiance et cela prend du temps. Les responsables des banques privées continuent à avoir un modèle d’affaire à court terme, comme à l’époque, avec des avoirs non fiscalisés en urgence de trouver l’institution financière suisse.

    Les gestionnaires de fortune n’ont pas la place pour une remise en cause de leur stratégie et méthodes. Si les objectifs ne sont pas remplis, ils sont mal menés, oppressés puis jugés par leur performance quantitative et finissent par une dépression non avouée.
    A savoir que la dépression s’installe auprès d’une personne précise et volontaire à qui on ne donne pas les moyens de performer comme il serait souhaitable. Et cela engendre d’énorme coûts fiscaux, coûts médicaux, coûts de consommation en raison de la peur de dépenser.

    Ces gestionnaires de fortune, à ce jour, malgré leur compétence, ne sont pas placés dans les nombreuses opportunités qui existent dans d’autres secteurs.

    Le chômage est rempli de cas similaires, grossissant de mois en mois depuis plusieurs années déjà. Des résidents suisses, s’additionnant d’expatriés, ne trouvent pas solution à retrouver un emploi. Ils ont endossé tous les risques d’aller prospecter des clients à l’étranger avec la possibilité d’emprisonnement et amende pour violation des lois applicables dans ces pays. A savoir, l’évasion fiscale et le blanchiment. Sans aucune protection de leur entité financière et ces dernières, se permettant même de dévoiler le nom de leur employés aux autorités étrangères.

    Nos dirigeants et propriétaires de banques privées en Suisse ont oublié, que leur vertigineux salaires étaient lié aux risques physiques et moraux pris par des employés passionnés de leur métier. Le métier du gestionnaire de patrimoine, ne peut s’apprendre dans les livres ou dans les bancs d’école. Souvent, il s’agit du don d’accepter un apprentissage continuel de la psychologie de nos clients, des marchés et d’appliquer les nombreuses règles sans cesse en évolution. Entre les opportunités d’investissements, les probabilités macro économiques, ce sont des personnes dotées de dons rares ; la flexibilité, la vaillance et la bienveillance.

    L’accélération de la concentration du secteur est indéniable. Les banquiers privés privilégient des emplois dit “cost center” basés sur le “compliance”, l’audit et le risque. Au détriment des “profit center” que sont les gestionnaires de patrimoines entre autres.

    Il n’est point fait de différence dans ce secteur quant aux talents. Le secteur cherche des gestionnaires rapportant un maximum de millions en quelques mois. Rapporter des millions n’est pas un talent, ni une compétence. Pour la plupart des cas, il s’agit d’opportunisme lié à un environnement familiale qui le permette (être bien né) ou la chance d’avoir pu recevoir des clients suffisament importants dans une entité bancaire pour ensuite pouvoir les déplacer ailleurs.

    L’opportunisme est-il un talent pour la confiance que l’on souhaite instaurer avec un client, aujourd’hui libre de décider où il va placer ses avoirs ?

    Notre gouvernant est-il d’accord de sauver des banques grâce aux contribuables suisses, et aux procédures antérieures à la BNS pour favoriser un secteur qui place ses bénéfices à l’étranger et se dote de charges au bilan en Suisse (cost side employees) ?

    Notre système social sera-t-il capable de prendre en charge toutes ces personnes compétentes et talentueuses qui ne peuvent trouver place ailleurs faute de communication pour un transfert de compétences dans d’autres secteurs ?

    Sans compter la détérioration des accords crédits personnels, commerciaux et hypothécaires à ces personnes, les gestionnaires de patrimoines, qui ont tellement bien contribué aux nombreuses années florissantes par leur dépenses, leurs impôts et leurs initiatives à ramener des clients fortunés à vivre en Suisse ?

    Bien à vous.

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