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Les prévisions de quatre chasseurs de têtes en finance pour 2015

Businessman Consulting Financial Crystal Ball

Après une année 2014, marquée par une reprise progressive du marché de l’emploi en finance, 2015 verra-t-elle une accélération des recrutements ? Les volumes et les créations de poste seront-ils (enfin) au rendez-vous ? Aucun des chasseurs de têtes en finance interrogés n’a la réponse. Néanmoins, à la prudence coutumière propre à l’exercice risqué des prévisions succède un enthouisasme et une confiance plus nette que les précédentes années. Où seront les opportunités dans la gestion d'actifs et la banque en 2015 ? Quatre professionnels du recrutement lance les paris. Share on twitter

Odile Couvert, co-fondatrice du cabinet Amadeo Executive Search :

  • L’année 2014 a marqué la confirmation d’une reprise des développements initiés en 2013 dans l’asset management, en particulier dans les boutiques comme Carmignac, la Française AM, Metropole Gestion et Tobam. Ces acteurs devraient poursuivre leur offensive sur le marché de l’emploi en 2015 et recruter sur tous les métiers (marketing, la vente, la compliance…). Les leaders comme Amundi ou Axa IM se préparent également à des développements en France et à l’étranger. La nouveauté, c’est que tous ces acteurs sont de plus en plus à l’affut de gérants capables de recréer et de différencier leur offre sur divers produits (convertible, crédit, actions, devises, asset allocation…).

 

  • Les professionnels des marchés devront probablement faire le deuil d’une reprise de l’emploi dans les banques en France et se tourner vers Londres. Reste que les brokers comme Kepler-Cheuvreux, eux, devraient redynamiser leurs équipes en Europe et à l’international et les plus petits brokers étendre leur force de frappe sur le crédit et l’origination obligataire.

 

  • Les acteurs du real estate ont enregistré une bonne collecte en 2014 (Perial, Primonial) et certaines ont connu des changements à leur tête (Generali Real Estate, Groupama Immobilier, Aviva Reim,  CB Richard Ellis Investors…). Les équipes d’investissement ont été ainsi à nouveau en mouvement et il est probable qu’en 2015 ces institutions cherchent à se renforcer sur des profils intermédiaires (28 à 35 ans). A condition évidemment que la collecte reste positive.

 

Jérôme Hacquard, Associé Gérant du cabinet Singer & Hamilton Executive Search :

  • Malgré le mouvement de consolidation toujours en cours, le secteur du capital-investissement a repris une dynamique de recrutements depuis 2 ans, grâce à des levées de fonds qui se bouclent plus aisément. Les fonds vont donc continuer à rechercher à alimenter le cœur de leur réacteur en recrutant des chargés d’affaires senior et des directeurs de participation, et dans une moindre mesure des directeurs d’investissement capables d’originer des deals mais aussi de peser dans les process de négociation puis dans le suivi de la ligne en portefeuille. En 2015, devraient continuer à émerger de nouveaux postes de chargés /responsables d’évaluation financière rattachés directement à la direction financière, des profils souvent issus des cabinets d’audit. Enfin, autre nouveauté : la volonté croissante d’une couverture paneuropéenne, qui passe par l’embauche de profils étrangers parlant français ou avec une double nationalité.

 

  • Du côté des financements structurés, le dégel est doucement engagé dans les financements LBO et d’acquisition. Si ces marchés reprennent des couleurs, les recrutements sont encore timides. Signe positif : on commence à remplacer systématiquement les départs depuis quelques mois. Quoi qu’il en soit, les équipes ont été tellement « massacrées » avec la crise qu’il va y avoir forcément un retour en grâce. Les besoins s’exprimeront certainement d’abord sur des profils avec 3 / 4 d’expérience, qui manquent aujourd’hui.

 

  • En fusions-acquisitions, la reprise des opérations n’impliquera pas nécessairement des vagues de recrutements. Il y aura des besoins en M&A à Paris en 2015, mais pas plus a priori qu’en 2014. Le marché parisien n’est pas à cet égard la copie du marché londonien, où l’on recrute beaucoup après avoir énormément supprimé de postes. En France, les banques ont été attentives à ne pas reproduire les erreurs passées et ont maintenu a minima les effectifs aux différents niveaux de leurs équipes.

 

Etienne Maillard, fondateur et associé du cabinet de chasse Themis Executive Search :

  • La conformité va rester un sujet central pour les banques en 2015, avec des besoins de recrutements croissants sur des profils qui n’existent pour ainsi dire pas encore. Des réflexions sur l’organisation de ces fonctions sont actuellement en cours au sein des grandes banques françaises notamment. Il s’agit de leur donner un rôle plus actif dans les opérations, ce qui impliquera vraisemblablement l’embauche de profils issus du front office. Les mutations de la compliance vont engendrer une revalorisation de la fonction elle-même.

 

  • En termes de deal flow, 2015 s’annonce au moins aussi bonne que 2014 sur les métiers de banques d’investissement (ECM, DCM et M&A). Les équipes étant actuellement de taille réduite, les institutions passeront-elles à la vitesse supérieure en matière de recrutement ? On peut l’espérer à la vue des quelques annonces fin 2014 de développement d’équipes comme chez Mediobanca. Quoi qu’il en soit, on peut compter sur des besoins renouvelés sur des profils juniors (analystes), associates voire vice-president (VP) en raison du jeu des chaises musicales attendu.

 

  • En matière de financement, il va falloir s’attendre à l’arrivée de nouveaux acteurs autres que bancaires pour satisfaire les besoins des entreprises comme des fonds de dette. La désintermédiation financière n’en est qu’à ses débuts et continuera d’offrir des opportunités pour les spécialistes des marchés obligataires, les experts en titrisation ou encore les professionnels du private equity.

 

Amaury La Clavière, Senior consultant de la division banque d’investissement chez Robert Walters :

  • Face à la multiplication des contraintes réglementaires, le secteur de la banque d’investissement n’a pas fini en 2015 de renforcer ses directions juridiques et son contrôle interne ni de faire le plein d’experts de la compliance et de la gestion des risques, avec un intérêt plus marqué pour les candidats proches de l’opérationnel. On verra également en 2015 les mêmes besoins réaffirmés sur les profils financiers en lien avec les normes prudentielles et comptables (contrôle de gestion, consolidation…) au sein des directions financières des activités CIB dans les grandes banques françaises.

 

  • Les banques d’affaires vont continuer à structurer leurs équipes, par petites touches, en recherchant des profils très ciblés, comme des vice-president (VP) confirmés, qui font aujourd’hui défaut après les désertions de nombreux professionnels suite à la crise. Avec la reprise des opérations, les banques comme les boutiques cherchent à réinstaller des VP, qui pourront ensuite développer les équipes en fonction des résultats. Les grandes entreprises, elles, vont continuer à chercher à renforcer en 2015 leurs équipes M&A. Leur profil de prédilection ? Les banquiers M&A avec 6 à 10 ans d’expérience. Enfin, du côté des fonds de private equity qui auront réussi leur levée, des chargés d’affaires seront également appelés en renfort.

 

  • La gestion française a retrouvé son dynamisme. En plus de recruter des commerciaux chargés de développer des antennes dans les pays limitrophes, les maisons françaises ont de plus en plus à cœur de recruter des spécialistes du marketing produits. Les profils RFP (request for proposal) seront également toujours recherchés en 2015 au sein d’équipes internationales. Un phénomène nourri par les mobilités naturelles vers d’autres métiers et le retour des mouvements sur ces fonctions ces derniers mois à Paris.


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