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EXTRAITS : Ne laissons plus les banques entre les mains des traders

Là où les banques commerciales ont généralement choisi dans leur sein des dirigeants dont la maturité et la compétence étaient assez larges pour couvrir la panoplie des institutions qu’ils dirigent, les banques d’affaires se sont fait kidnapper par les traders.

Utilisant une vieille tactique qui consiste à saisir le pouvoir sur une bonne année et à défenestrer des dirigeants n’émanant pas de leur sérail, ils se sont hissés au sommet des banques au hasard de leurs résultats. Ce faisant, ils ont assumé des responsabilités pour lesquelles ils n’étaient pas préparés. Un bon trader ne fait pas nécessairement un bon banquier, et vice versa.

Ce sont eux qui ont dévoyé les activités bancaires vers ces hedge funds internes. Le client est pour eux une contrepartie qu’il faut amener à acheter ou à vendre des titres au prix qui convient au trader. Ils ont clairement déclaré qu’ils considèrent le client comme quelqu’un vis-à-vis duquel ils n’ont aucune responsabilité fiduciaire. Leurs contreparties de l’autre coté, investisseurs et émetteurs pour la plupart, sont elles-mêmes peuplées de traders qui répondent aux mêmes objectifs.

Comme les dirigeants ont peur de perdre ces money makers, ils leur passent beaucoup d’égarements et ne les soumettent pas aux mêmes règles que les autres. Ils leur donnent parfois même un pouvoir sur le back-office, ou services d’exécution, qui permet de camoufler les transactions ou les pertes de valeurs. Un trader qui gagne 1 million d’euros domine facilement un employé du back-office qui gagne 75 000 euros.

La satisfaction des clients ou le bien de la firme n’entrent ni dans le cadre de leur évaluation ni dans le cadre de leur rémunération. Les dirigeants n’ont pas sur eux un vrai contrôle et ne sanctionnent que rarissimement leurs abus. Ils préfèrent ne pas intervenir et feindre l’ignorance plutôt que se risquer à une confrontation avec les traders.

Tous les scandales des dernières années sont le résultat de cette complaisance de la direction et des conseils des institutions financières. Mettre ces activités sous le contrôle strict de gestion des risques à haut niveau, ne pas permettre les comportements abusifs (on se croirait parfois dans la cour de recréation !), assurer une diversité de recrutement et recruter de vrais cadres responsables pour diriger ces activités n’est pas facultatif.

Tant que nous n’aurons pas trouvé une forme de direction qui contient cette culture dans certaines limites, et nommé dans les conseils et à la tête des institutions financières des individus ayant une colonne vertébrale et le sens de certaines valeurs de base, rien ne changera.


Georges Ugeux est PDG de Galileo Global Advisors, une banque d’affaires internationale basée à New York, et auteur d’un blog intitulé démystifier la finance sur le site du Monde. Il a été auparavant Executive Vice President International du New York Stock Exchange (de 1996 à 2003). Ses extraits sont tirés de son dernier ouvrage La Trahison de la finance – Douze réformes pour rétablir la confiance (256 pages, 21.90 €), publié en septembre 2010 chez Odile Jacob.

commentaires (6)

Comments
  1. démagogie quand tu nous tiens…

  2. Patron du NYSE dès 1996 et dans le M&A (Morgan Stanley) avant et depuis le milieu des 80’s, Georges Ugueux n’a jamais au grand jamais côtoyé la réalité d’une salle de marché et du travail de trader. Il n’a dans sa longue carrière jamais été responsable directement ou indirectement d’une activité d’Investment Bank telle qu’elle existe depuis le début 90’s. Il n’a d’ailleurs pas même la compétence de comprendre un minimum l’activité d’un Hedge Fund.
    Mais il est libre de déblatéré la où on veut bien lui donner la parole… c’est à dire partout tant il est devenu du dernier des marronniers journalistiques de gerber sur la finance de marché.

  3. C’est un peu court. Les traders ne sont qu’un symptome : ce sont les revenus globaux des banques qu’il faut interroger. Les traders sont juste les petits malins qui ont su s’organiser pour capturer une partie conséquente de cette manne.

    Mais c’est vrai, leur culture c’est : enc”xxx” le client.

  4. La problématique est globale pas exclusivement réservé aux traders.
    Quelle est la valeur réelle des actifs des banque ? Quelles sont réellement les fonds réellement disponibles. Vu ce jour un site en phase de lancement qui n’est pas une banque mais une communaute.
    (www.nobanco.com)

  5. Elle sont deja dans les mains des actionnaires et administrateurs, pas des trader…

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