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À peine 30 ans et déjà au comité exécutif d’HSBC France !

Sebastien guillo

Il a l’enthousiasme et la gourmandise professionnelle propre à la génération Y à laquelle il appartient, mais il n’a pas oublié d’intégrer avec soin les codes de ses aînés banquiers : discrétion, calme, modestie. Un mix gagnant : Sébastien Guillo vient d’être nommé Directeur de la Stratégie de HSBC France et à ce titre intègre le comité exécutif de la banque.

À l’aise dans les couloirs feutrés de la direction générale du groupe en France installée sur les Champs-Elysées, ce diplômé de l’ESSEC, tout juste 30 ans, prend son 4e poste en 7 ans. Un parcours éclair boosté par une première expérience chez Oliver Wyman. Ou la preuve, s’il en fallait, qu’un passage en cabinet de conseil en stratégie est un excellent accélérateur de carrière dans l’industrie financière.

Et si Sébastien Guillo faisait partie de cette nouvelle génération de trentenaires ou de jeunes quadras prêts à prendre les commandes, à l’image de la « succession saute-mouton » décrite dans la nouvelle étude de BCG et dont Frédéric Oudéa, PDG de Société Générale à 44 ans, est le meilleur représentant ? Pour l’heure, Sébastien Guillo a pris le temps de se plier au jeu du Q&A. Il nous parle de ses nouvelles missions, des transformations du secteur et de leur impact sur les métiers, et bien sûr de son parcours.

Entrer au comité exécutif à 30 ans, c’est une première chez HSBC ?

Je crois en effet que je suis aujourd’hui le plus jeune à siéger au comité exécutif. Cela dit, il est plus facile d’être jeune à ce poste qu’à un autre. Un de mes prédécesseurs, Alexandra Serizay [ndlr : également diplômée de l’ESSEC, passée par Bain & Company] était également jeune quand elle a pris ce poste. De même, l’actuel responsable de la stratégie Groupe, Daniel Klier, qui a débuté chez McKinsey, n’a pas encore 35 ans. C’est la spécificité de cette fonction souvent occupée par des professionnels qui sortent de cabinet de conseil en stratégie ou, dans une moindre mesure, sont issus de la promotion interne. Ce poste est en fait un poste « tremplin » pour faire autre chose ensuite.

En quoi consiste exactement votre travail et disposez-vous d’une équipe ?

J’ai rejoint une équipe de 3 personnes, qui devrait rester stable. Mon poste recouvre plusieurs missions : 1 – celle de directeur de cabinet du directeur général (Chief Of Staff, en Anglais), ce qui n’est pas le cas de tous les jobs de responsable stratégie chez HSBC. Il s’agit là de traiter les problématiques de façon très resserrée avec le DG Jean Beunardeau, de lui apporter tout le support et la réactivité dont il a besoin notamment pour la préparation de ses présentations au conseil d’administration ou au groupe.  2 – L’élaboration du plan stratégique de la banque en France en cohérence avec la stratégie du groupe. Je travaille à ce titre régulièrement avec les autres équipes de la stratégie à l’échelle européenne et monde. 3 – Un rôle de consulting interne sur l’ensemble des problématiques perçues comme stratégiques pour le groupe, ce qui implique un travail de veille concurrentielle, d’analyse de tendances, notamment en rapport avec les régulateurs… En bref, tous les sujets de direction générale qu’il faut étudier pour prendre les bonnes directions à un horizon de 3-5 ans.

Quels sont justement les principaux sujets « stratégiques » pour HSBC en France aujourd’hui – vos sujets prioritaires ?

Il s’agit de suivre les évolutions du marché bancaire, qui se caractérise d’abord par plus de régulation : comment ces nouvelles réglementations doivent être appliquées ? Avec quelles conséquences pour la banque ? Comment se différencier, quand c’est possible, de la concurrence ?, etc. Ensuite, l’industrie bancaire se transforme largement sous l’effet de la montée en force du digital (plateformes internet & mobile, et multiplication des innovations impactant l’industrie financière dans son ensemble) avec là aussi un fort enjeu de positionnement et de suivi de l’innovation dans les FinTech avec une veille active, qui conduit parfois à des prises de participation dans certaines startups prometteuses, réalisées au niveau groupe. Ce sont les deux grands phénomènes de marché qui nécessitent aujourd’hui l’adaptation de notre business model, sans oublier évidement la gestion de tous les autres sujets business plus classiques.

On dit souvent d’HSBC qu’elle est la plus française des banques étrangères. Êtes-vous d’accord ?

Je préfère dire que c’est la banque internationale de référence en France sur le marché des particuliers, des entreprises et de la banque de financement, d’investissement et de marchés. D’ailleurs en BFI comme dans le retail, nous sommes la banque internationale à employer le plus de salariés en France, près de 10.000 personnes dont environ 1.300 en Banque de Financement, d’Investissement et de Marchés.

Si vous deviez résumer la culture HSBC en France pour ses collaborateurs ?

Je vois spontanément deux signes distinctifs. La principale différence par rapport aux grands groupes français, c’est un environnement de travail à Paris beaucoup plus international, avec de nombreux collaborateurs étrangers, mais aussi la possibilité pour les collaborateurs d’évolutions de carrière à l’étranger, la France constituant à l’échelle du groupe une entité de taille significative, par rapport aux structures plus importantes du Royaume-Uni ou de Hong-Kong. Sa taille moyenne en fait aussi un groupe à taille relativement humaine avec un fort ancrage sur le terrain, qui repose en partie sur l’acquisition du CCF par HSBC en 2000. Cela donne une vraie dimension de proximité au sein des diverses équipes et avec les directions.

Avant de rejoindre HSBC en 2010, vous avez fait presque 3 ans chez Oliver Wyman, en quoi cette expérience vous a été utile pour la suite ?  

Le cabinet de conseil en stratégie constitue un début de carrière extrêmement formateur Share on twitter. On y apprend des méthodes de travail, la réactivité, et un secteur, en l’occurrence l’industrie financière. D’autant que j’ai travaillé dans le conseil entre 2007-2010, des années de fortes perturbations, où j’ai pu couvrir des missions extrêmement diverses : de gestion de crise lors de l’éclatement de la crise des subprimes, des missions plus techniques du type gestion atif-passif (revoir toute la gestion de la liquidité du groupe) comme des missions plus classiques de revue de la stratégie d’une banque, revue d’organisation (globale ou commerciale). Tous ces projets sont de fait liés à des problématiques de direction générale et/ou de direction financière. Sans oublier la dimension internationale qu’offre ce type d’expérience. Chez Oliver Wyman, j’ai travaillé dans plusieurs bureaux en Allemagne, à Londres, en Italie, à chaque fois sur des missions spécifiques de plusieurs mois. Quelques années dans un cabinet forge une expérience solide que l’on peut bien valoriser par la suite.

Comment s’est passé le passage vers la banque ?

J’ai eu une opportunité, on est venu me chercher – c’est souvent comme cela que ça se passe. HBSC m’a proposé un poste de Senior Business Planning Manager à la direction financière, qui était un mixte entre stratégie et finance, donc en cohérence avec mon parcours en stratégie. Cela faisait écho aussi à mes compétences d’analyse acquises dans le conseil mais aussi dans le corporate finance, où j’ai réalisé ma première expérience (stage de 6 mois en M&A).

Pourquoi n’avez-vous pas choisi il y a quelques années de poursuivre en banque d’affaires ?

Chez Oddo & Cie, j’ai travaillé dans l’activité corporate finance, surtout en M&A où j’ai essentiellement fait des « pitchs » pour les clients mais aussi 2 exécutions d’opération (en M&A et DCM). Cette expérience s’est révélée extrêmement utile pour bien comprendre les problématiques de banque d’affaires. Mais j’avais envie, au-delà d’une vision financière, d’appréhender une vision plus globale de la banque et aussi un côté plus opérationnel. D’où mon orientation vers le conseil qui offrait cette vision plus large.

La banque d’affaires a-t-elle perdu de sa splendeur auprès des jeunes diplômés, selon vous ?

Le secteur a toujours véhiculé une image de métier où l’on travaille beaucoup (ce qui est une réalité par ailleurs) mais il y a désormais peut-être moins d’appétit de la part des jeunes à embrasser ce mode de vie. La plupart des banques d’affaires devront sans doute s’adapter : les métiers de conseil en stratégie et les grandes sociétés technologiques offrent des carrières aujourd’hui tout aussi challenging et attractives, y compris du point de vue des rémunérations. Conséquence : malgré la force d’attraction qu’elle exerce toujours grâce au prestige qu’elle dégage, la banque d’affaires est confrontée aujourd’hui à la difficulté de recruter les meilleurs.

Vous êtes toujours resté moins de 3 ans dans chacun de vos postes. La mobilité, c’est le secret de la réussite ?

Ceci est en fait à la fois le fruit d’opportunités et d’une envie forte d’apprendre. Je considère que je suis au début de ma carrière. Aussi je suis assez enclin à considérer une mobilité après 2 ou 3 ans dans un poste. Faire des choses différentes est quelque chose de très sain, qui permet en outre d’acquérir plus vite des compétences.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Il y a plusieurs suites possibles : cela pourrait être un autre poste de stratégie au niveau groupe en Europe ou ailleurs, qui impliquerait une mobilité internationale, soit un poste plus opérationnel, plus orienté business, plutôt en France dans ce cas. Par exemple, mon prédécesseur Alexandra Serizay occupe aujourd’hui le poste de Secrétaire Général pour la Banque de particuliers et de gestion de patrimoine chez HSBC France.

Des conseils pour ceux qui débutent leur carrière le secteur ? Où sont les opportunités et qu’attendent des banques comme HSBC de leurs jeunes recrues ?

Au-delà des fonctions commerciales et d’expertise traditionnelles, les opportunités dans le secteur bancaire se trouvent en ce moment plutôt sur tous les métiers de gestion du risque et de compliance. À l’avenir, il faudra également compter davantage sur le digital autour de compétences spécifiques, soit des métiers orientés marketing digital, soit des métiers plus techniques en lien avec l’innovation et les FinTech. Je parle ici de nouveaux métiers, liés notamment du big data, qui allient compétences business, IT et data. On voit ainsi de plus en plus de Chief Data Officers qui maîtrisent, analysent et exploitent les données clients. Même pour ces métiers plus tournés vers le digital, une sensibilité financière est importante car il y a des enjeux spécifiquement bancaires comme ceux liés à la gestion du risque de crédit. Les compétences techniques ne suffisent pas néanmoins. Sans forcément parler de passion, qui peut grandir dans l’exercice du métier, je crois que la curiosité intellectuelle, la personnalité et le savoir-être deviennent des critères de sélection de plus en plus importants pour les banques Share on twitter.

Le parcours de Sébastien Guillo, en quelques dates :

  • 2006 : Analyste Corporate Finance chez Oddo & Cie.
  • 2007-2010 : Consultant en Stratégie au sein du cabinet Oliver Wyman.
  • 2010-2013 : Analyste Financier, en charge de la Banque de particuliers et de Gestion de Patrimoine, et de la Banque d’Entreprises.
  • 2013-2014 : Directeur Financier de la Banque d’Entreprises de HSBC France.
  • Depuis sept. 2014 : Directeur de la Stratégie d’HSBC France et membre du comité exécutif.


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