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Résultats des banques françaises : est-ce grave docteur ?

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Le bal des résultats des banques françaises, selon l’expression consacrée, vient de se clôturer. Après BNP Paribas, BPCE, Société Générale et Credit Agricole ont fermé la marche ce matin. À défaut d’information sur l’évolution de leurs effectifs, de leurs embauches ou des rémunérations (il faudra patienter jusqu’à l’année prochaine), essayons de dresser un rapide état des lieux, à un petit trimestre du bouclage des résultats annuels.

Alors comment vont-elles ? Les banques françaises ont certes passé haut la main l’examen des stress tests de la BCE confirmant leur résistance en cas de crise, mais au-delà comment se porte ce secteur parmi les plus gros employeurs et recruteurs en France ?

Une “big picture” contrastée

Voici un succinct bilan de santé, avec quelques données clés résumés dans le tableau ci-dessous (cliquer pour agrandir). Le diagnostic général semble à première vue plutôt encourageant pour des établissements encore en convalescence, minés par une activité économique au ralenti. La dynamique de développement est perceptible chez les 4 grands groupes qui tous enregistrent des revenus (produit net bancaire) à la hausse.

Les plans de transformation commencent également à porter leurs fruits, avec des bénéfices (résultat net part du groupe) qui progressent. C’est surtout le cas chez Société Générale (+56% en un an), mais ce rebond s’explique en réalité largement par une baisse significative de ses provisions pour risque de crédit.

Au final, la croissance du bénéfice trimestriel (+10% en un an) chez BNP Paribas a davantage impressionné. Et ce malgré l’amende record de 8,9 milliards de dollars infligée par les Etats-Unis qui pèse lourdement sur les résultats des trois premiers trimestres. Hors éléments exceptionnels, le groupe de la rue D’antin parvient à enregistrer 5,2 mds de résultats pour les 9 premiers mois de l’année, en hausse de 12,4% par rapport à la même période en 2013.

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Source : Résultats trimestriels des banques

Malmenées par la morosité économique ambiante, les activités de banque de détail, qui représentent la majorité des revenus des établissements français, continuent d’être à la peine. Mais du côté des activités de banque de financement et d’investissement, pas de bonne surprise non plus. Les revenus des marchés de capitaux restent sous pression, malgré un léger mieux sur les activités de taux. Les professionnels des actions, eux, ont souffert de la faible volatilité et des volumes réduits sur les produits de flux. SG essuie ainsi au troisième trimestre un net recul de 20% de ses revenus dans son pôle Actions, pourtant fer de lance de la maison.

Des charges mal maîtrisées chez BNP Paribas CIB

Au-delà de l’épisode trimestriel, les marges (RBE) des deux plus grosses banques d’investissement françaises (SGCIB et BNP Paribas) se voient rognées sur les 9 premiers mois de l’année. En outre, BNP parvient mal à maîtriser ses charges, en hausse de 5% sur la période. Son coefficient d’exploitation marque une nette progression et atteint la barre symbolique et dangereuse des 70%. Qu’est ce que cela signifie pour les employés de la banque ? Un probable nouveau coup de vis. Les suppressions de postes constituent cependant une hypothèse peu plausible, en tout cas en France. En revanche, une ambition de recrutements revue à la baisse semble une piste plus valable. D’ailleurs BNP Paribas a annoncé sur l’ensemble de ses activités des recrutements en baisse l’année prochaine en France. Pour les professionnels de CIB, c’est surtout l’enveloppe des bonus qui risque d’être sérieusement rognée. De leur côté, les employés de Natixis et CACIB ont moins à craindre, le bilan global sur l’année étant plus positif.

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Source : Résultats trimestriels des banques


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