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Les financiers français et la City : ”je t’aime, moi non plus” 

london love

Le rétablissement du marché de l’emploi en finance à Londres ne laisse pas indifférent les Français, qui après avoir délaissé la City et sa cohorte de plans sociaux ces dernières années, y feraient un retour en force. C’est du moins l’analyse faite par le cabinet de recrutement spécialisé Morgan McKinley. Dans son point mensuel, le cabinet londonien confirme une hausse en septembre de 7% des offres d’emploi sur un an à la City, mais aussi un bond de 25% des candidats sur cette période, qui s’expliquerait notamment par l’afflux de Français.

« Il y a eu une augmentation du nombre de professionnels issus de l’UE souhaitant s’implanter au Royaume-Uni, en particulier parmi les Français, a observé Hakan Enver, CEO de Morgan McKinley. En banque, on les voit partout : du front au back office », a-t-il précisé au Telegraph, ajoutant que ces migrants de la finance française cherchaient à échapper à la pression fiscale et l’instabilité réglementaire.

Vraiment ?

Notre base de données confirme bien en tout cas l’attrait de Londres auprès des candidats avec le Français comme langue maternelle. Près de 3.500 francophones natifs ont enregistré ou rafraîchi leur CV ces 3 derniers mois en indiquant leur intérêt pour une opportunité à Londres. Et la moitié d’entre eux n’ont pas d’adresse londonienne !

Les 12.200 candidats avec l’Anglais pour langue maternelle actuellement à la recherche d’un emploi à Londres dominent incontestablement le marché de l’emploi en finance local. Ils ont néanmoins une bonne raison de s’inquiéter de l’afflux supposé de ces « Frenchies ». Ces derniers présentent en effet un niveau de qualification bien plus élevé : 75% des candidats francophones natifs à avoir enregistré leur CV depuis juillet ont un niveau Master ou équivalent contre 36% seulement des anglophones natifs. Cependant, les Français ont tendance à se concentrer dans certains secteurs de l’industrie financière. Les dérivés et le risk management sont par exemple des expertises favorites chez les Français, avec respectivement 47% et 20% de leurs CV comportant ces termes (contre 28% et 20% parmi les anglophones).

Mais que les candidats britanniques se rassurent, si la City attire encore beaucoup de jeunes Français, le rêve s’est pour beaucoup d’autres étiolé ces dernières années. D’abord la crise a agi comme une piqure de rappel efficace pour ceux qui avaient occulté un temps le fait que l’emploi est à la City une variable d’ajustement redoutable en temps de crise. En outre l’argument des rémunérations plus élevées perd un peu de son poids dans un contexte réglementaire plus contraint (ex : plafonnement des bonus). Sans oublier la flambée de l’immobilier londonien ces 18 derniers mois et l’explosion des dépenses de logement sur 10 ans.

Au point que même les employés des banques françaises rechignent, eux aussi, de plus en plus à des mobilités internes vers Londres, comme en témoigne l’exemple de Natixis qui peine à transférer une partie de ses équipes des activités de taux Outre-Manche. Selon Les Echos, un quart de ces effectifs devait être relocalisé sur Londres, sur la base du volontariat, mais le projet serait en train de tomber à l’eau faute de candidats aux départs : 6 acceptations fermes sur 87 attendues en un an, selon des sources syndicales. L’obligation de passer à un contrat local constitue la principale source d’inquiétude. Une histoire qui rappelle celle ces 150 employés de BNP Paribas à Londres qui avait protesté l’an dernier contre cette nouvelle contrainte imposée par la plupart des banques françaises.

Bref, les financiers français vivent une passion toujours aussi tumultueuse avec la City, en atteste la présence remarquée la semaine dernière de Valls dans l’antre de la finance européenne. « Il y a beaucoup de Français à Londres – dans certaines activités, ils y sont mêmes plus nombreux que les Britanniques, témoigne Kumaran Surenthirathas, responsable du recrutement en front office au sein du cabinet londonien Eximius. Londres est le cœur de la finance mondiale, it’s no big deal ! »


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