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Le nouveau candidat rêvé de tous les recruteurs en finance à Singapour

Singapore Airlines

Les places asiatiques, qui ne cessent de grimper dans les classements de la finance mondiale, exercent un attrait certain auprès des jeunes financiers européens, notamment français. Y projeter une expatriation n’est pas une sinécure – le marché de l’emploi n’a pas été épargné par la crise. Il peut même se révéler être un pari financier risqué. Depuis peu, un nouvel obstacle se dresse devant les candidats financiers étrangers à un emploi à Singapour. Il s’agit du « FCP » pour Fair Consideration Framework, le nom donné aux nouvelles directives du gouvernement singapourien en matière d’emploi, entrées en vigueur en août 2013. Une sorte de politique de la préférence nationale à la sauce singapourienne.

Selon ces dispositions, les ouvertures de poste doivent être réservées aux ressortissants nationaux pendant les deux premières semaines suivant la publication des annonces d’offre d’emploi. A priori, la règle ne semble guère en mesure d’impacter largement le secteur bancaire : les établissements financiers peuvent recruter des étrangers à l’issue de ces deux semaines, et les salaires supérieurs à 144k dollars singapouriens (environ 90k euros) ne sont pas concernés. L’esprit du FCF dans son ensemble est cependant limpide : il faut embaucher plus de locaux. Un nouveau coup dur donc pour les jeunes financiers européens tentés de faire leurs armes dans la cité-Etat.

Réduire la “dépendance” vis-à-vis des ressortissants étrangers.

« Avec l’entrée en vigueur du FCF, la plupart des banques sont de plus en plus réticentes à embaucher des étrangers. En revanche, recruter un singapourien fort d’une expérience internationale permet de gagner sur tous les tableaux », indique Matthew Ng, directeur de la practice banque et finance du cabinet de recrutement Ambition basé à Singapour.

De fait, les banquiers singapouriens en poste à Londres, New York, Hong Kong, Shanghai ou sur toute autre place financière régionale ou internationale, n’ont jamais autant été sollicités par les recruteurs singapouriens que ces derniers mois. Ces profils sont d’autant plus recherchés que les banques internationales de la cité-Etat cherchent à retenir des talents doté d’un profil international tout en voulant réduire leur dépendance vis-à-vis des ressortissants étrangers.

Les banques ont également redoublé d’efforts pour engager à la fois des singapouriens récemment « rentrés au pays » ou d’autres encore en poste à l’étranger. Kris Sasitharan, directeur régional du recrutement front-office pour la région Asie-Pacifique à la Deutsche Bank témoignait déjà il y a quelques mois : « Nous mettons un point d’honneur à recruter d’anciens expats. Philip Lee, notre directeur à Singapour, est lui-même très impliqué dans ce processus – au point de s’organiser pour rencontrer, lors de ses voyages, des singapouriens travaillant pour nous à l’étranger ».

Prime salariale aux expats singapouriens

Les cabinets de recrutement scrutent de leur côté les évolutions de carrière des singapouriens en poste à l’étranger, y compris à des niveaux juniors, pour le cas où leurs compétences correspondraient à celles recherchées pour les postes à pourvoir. Le souci étant qu’ils sont peu nombreux, et tout aussi susceptibles d’être chassés par la concurrence. Du coup, cette course aux talents contribue à une hausse significative des salaires. « Les singapouriens qui ont travaillé à l’étranger sont payés environ 15% de plus, à niveau de compétences égal, que ceux qui n’ont jamais exercé hors du pays », indique Matthew Ng d’Ambition.

Les anciens expats formés aux accords de régulation internationaux – de type Dodd-Frank Act, FATCA et Bâle III – du fait de leur passage sur les places financières occidentales, sont particulièrement appréciés. En outre, selon Lee Tze Yong, directeur de la practice services financiers du cabinet de recrutement Charterhouse Partnership à Singapour, « les banques étoffent leurs équipes dédiées à l’Indonésie et la Chine depuis Singapour : les commerciaux et les relationship managers singapouriens ayant occupé des postes dans ces deux pays sont donc également très demandés. »

Pour ces anciens expats de retour au pays, le plus en termes de salaire ne s’explique pas par des compétences techniques supérieures ou à une meilleure connaissance du marché. « L’expérience à l’étranger est particulièrement prisée des banques internationales du simple fait qu’elle atteste des capacités à gérer la relation et la communication avec des intervenants de cultures différentes, précise Lee Tze Yong. Et les singapouriens présentant ce type d’expérience sont objectivement plus ouverts à la diversité culturelle. »

Et de conclure sur un point d’importance, propre à la cité-Etat : pour de nombreux banquiers singapouriens en poste à l’étranger, le salaire ne constitue pas la seule motivation. «  Compte tenu de la qualité de l’éducation et des infrastructures ici, l’attrait du retour concerne en majorité ceux qui ont des enfants. »

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