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Les six travers des recruteurs dénués de scrupules

Pour commencer, une petite mise au point s’impose. En prévision d’une invasion de recruteurs qui chercheraient à défendre leur profession, tous ceux qui exercent ce métier ne sont pas coupables des actions qui suivent, loin s’en faut. La vaste – et même très vaste – majorité d’entre eux sont de vrais pros, absolument scrupuleux.

Nombreux d’ailleurs sont ceux qui adhèrent à des organismes comme Syntec Recrutement et s’engagent à respecter un code de conduite. Toutefois, il est vrai que tous les cabinets de recrutement ne sont pas membres de ces organismes et que des pratiques de recrutement peu scrupuleuses font parfois leur apparition. En voici un florilège…

1) Envoyer une multitude de CV inappropriés aux responsables RH

Si vous êtes candidat, l’important est de savoir que votre CV est uniquement envoyé en rapport avec des emplois pour lesquels vous postulez. Si vous êtes responsable RH, l’essentiel est de vous assurer de ne pas être bombardé de CV auxquels vous ne tenez pas particulièrement.

C’est ainsi qu’un ancien banquier rappelle avoir reçu son propre CV pour un poste qu’il cherchait à combler ! Sans oublier que les messageries électroniques des responsables RH sont parfois saturées par la réception d’un trop grand nombre CV par courriel.

Malheureusement, il est dans l’intérêt des cabinets de recrutement d’envoyer des CV en plus grand nombre possible. Comme l’explique ce recruteur sur son blog, une fois que le responsable RH a reçu un CV d’un recruteur, ce dernier touche une commission si le candidat est placé – tout de suite ou dans un avenir proche.

2) Demander aux candidats où ils postulent pour en placer d’autres

Lorsqu’un recruteur vous demande où vous postulez, il peut le faire par simple curiosité. Cependant, il peut tout aussi bien aller à la pêche à l’information. Dans ce dernier cas, il est presque inévitable qu’il se mettra en contact avec le responsable RH en question en lui suggérant quelques-unes des autres candidatures qu’il a en stock. Mieux vaut donc essayer d’éviter, pour un candidat, de répondre à cette question.

3) Aller à la pêche aux CV

Certains recruteurs n’hésitent pas à publier des offres d’emplois qui ne comportent pas de détails précis sur la nature du poste. Avec ce type d’annonces, parfois fictives, les recruteurs sont en mesure de recueillir des CV qu’ils peuvent ensuite envoyer aux banques potentiellement recruteuses.

4) Adapter les CV

Il n’est pas rare pour les recruteurs d’adapter les CV pour les faire rentrer dans leurs propres logiciels de saisie. Des erreurs d’orthographe et de mise en page peuvent alors surgir dans le processus. Les recruteurs les moins scrupuleux peuvent aller jusqu’à remplir eux-mêmes les trous dans votre parcours. J’ai eu quelqu’un dans mon équipe qui s’est avéré n’avoir jamais travaillé pour l’un des employeurs mentionnés sur son CV, explique un banquier devenu recruteur. Il s’est avéré qu’à la place, il avait été en prison et que le recruteur avait cherché à le dissimuler .

5) Embellir les postes à pourvoir

Assurez-vous que le recruteur soit aussi précis que possible sur la fonction pour laquelle il veut vous placer sans quoi vous risqueriez d’être fort déçu. Il y a énormément d’exagérations dans ce domaine, avoue un recruteur. Par exemple, si une description de poste dit que vous allez travailler avec les traders, cela ne signifie pas pour autant que vous allez rejoindre un desk de trading .

6) Essayer de débaucher des candidats récemment placés

Dans la plupart des cas, un candidat n’est plus disponible après avoir effectué sa période de préavis. Si le recruteur lui trouve un autre poste pendant ce laps de temps, il lui faudra renoncer à ses honoraires. Mais à l’issue de cette période (généralement au bout de 6 à 12 mois), rien n’empêche le recruteur de placer à nouveau le candidat, et toucher une nouvelle commission. Attendez-vous donc à être fréquemment contacté par des recruteurs, tout en gardant à l’esprit que ce n’est pas votre propre carrière qui est au centre de leurs préoccupations.

commentaires (11)

Comments
  1. C’est choquant ! Mais plus rien ne m’étonne dès lors que ces mêmes personnes affirment ne pas passer plus de 40 secondes à lire nos CV ! A quoi bon se faire coacher pour la rédaction de LM et/ou de CV….? Il manque à ce milieu éthique et déontologie…

  2. J’ai subi aussi une autre pratique : j’ai été contacté par un chasseur de têtes, qui m’a donné un rendez-vous dans un hôtel et a surtout cherché à me faire parler… Et sans cesse, il me posait la question : “mais qu’est-ce qui vous ferait partir de votre job actuel ?”. Il s’agissait en fait d’une connaissance du dirigeant qui memployait alors. Ce PDG paranoïaque avait donc cherché à connaître mon sentiment sur le poste que j’occupais au travers d’une allèchante proposition sur un poste qui en fait n’existait pas au travers d’un consultant RH véreux.

  3. @ nessi

    de quoi devenir vraiment paranoïaque lors des prochains entretiens et peser chaque mot en ce qui concerne sa motivation…

    je me demande si un comportement comme celui que tu décris reste dans le stricte cadre de la légalité ?

    en tout cas, “véreux” est le terme approprié !

  4. malheureusement, je crois que beaucoup de monde sont au courant des magouilles, et beaucoup de rh ne connaissent même pas les postes pour lequel tu es reçu, et c est eux qui peuvent te faire barage, c est triste

  5. Dans la description donne, je retrouve bcp de point commun avec certain commerciaux des grandes SSII.

    Dans le jargon on les appelle des vendeurs de viande et la description donne me parait tres juste.

    Il faut juste prende conscience qu une SSII gagne enormement d argent sur le dos des consultants.Certain vont dire: “Oui mais c est grace a elles, que les consultants travaillent”. Je dirais NON. C est plutot a cause d elles.Vu que souvent, ils n ont pas le choix, et sont oblige soit de travailler dans une SSII soit se faire “porter” par une SSII
    pour entrer chez un client.
    Sachant cela, les commerciaux ont pour seul but de vendre. Et utilisent des techniques peu scrupuleuses.
    J aurais tendance a dire que c est aussi la faute au client qui ne recrute pas directement plus de freelance.

  6. de toute facon, mon avis est que le syntec et son chef sont inutiles, c’est la convention des SSII francaises

  7. C’est vraiment un article racoleur… Je suis vraiment déçu de la part de efinancial!!!

  8. Article caricatural …ayant travaillé moi meme en Cabinet et aujourd’hui en tant que responsable du recrutement d’une Banque ces méthodes sont rarissimes et il suffit aux RH d’avoir un peu d’autorité ! L’un des plus gros cabinets de la place parisienne (dont je ne mentionnerais pas le nom!) est le seul concretement a fonctionner comme cela.

  9. Quelle hypocrisie de lire que les recruteurs trouvent cet article caricatural. Ces méthodes existent comme le fait de demander des dessous de table en liquide, pour que votre CV sorte et soit effectivement envoyé aux employeurs. J’ai rencontré un cadre lors d’un forum apec qui avait une simple maîtrise d’histoire de la Sorbonne et qui a décroché un poste de directeur marketing, en versant 5.000 euros au recruteur pour que son CV passe devant les écoles de commerce et autres… A votre avis, le recruteur avait mis quoi dans le CV pour que ça passe ?

  10. @Alexis : ce serait caricatural de laisser entendre que ces pratiques sont courantes et généralisées. Or, l’article le précise “tous ceux qui exercent ce métier ne sont pas coupables des actions qui suivent, loin s’en faut. La vaste – et même très vaste – majorité d’entre eux sont de vrais pros”

    @MAX : j’ai encore plus fort, je connais un directeur marketing qui a réussi à faire croire à un cadre rencontré lors d’un forum apec qu’il avait obtenu son poste sans aucune des compétences requises mais simplement en versant un dessous de table ;-))
    >Ces méthodes existent

  11. En effet, ça se rapproche pas mal de la pratique de certaine SSII, qu’on appelle bien “vendeur de viande”, je confirme car je gais partie moin meme de la viande vendue….
    J’ai déjà des commerciaux de SSII aller jusqu’à envoyer aux clients votre CV avec le logo de leur boite sans que vous ne le sachiez et le tout pour faire croire que vous travaillez déjà pour eux..

    Je suis d’accord aussi avec la remarque : ce genre de pratiques existent bien de part la faute des contraintes du client : il est très difficile pour une banque de rompre le cdi de quelqu’un. Alors elle préfère ce genre de manceuvre.
    J’ajoute que effectivement la SSII va prendre sa part, le commercial aussi y compris pour un suivi qu’il effectue en coup de vent tout les 6 mois (et encore, ça c’est pour les moins pires…)
    je vous promets que tout ceci n’est pas caricaturale !

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