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OPINION : Dans ses bureaux, tout peut arriver. Tout peut basculer. On est au coeur de la finance

Travailler dans la finance est un pré-requis pour être moderne. Pour se payer un appartement qui ne ressemble pas à un clapier, pour bouffer des produits qui ne vont pas vous tuer vous et vos gamins dans cinq ans, pour boire un verre à Ibiza, faire ses courses à New York, pleurer
en écoutant un opéra à Bayreuth, c’est simple, il faut du fric, il en faut des montagnes.

La finance est un outil taillé dans le diamant. Elle résulte de la fusion nucléaire entre l’orfèvrerie,
la formule 1, la physique quantique et la pêche au gros. En somme, elle représente la
quintessence des grandes avancées humaines des derniers siècles.

Grâce à elle, le monde avance vite et il avance bien. De chimère, la pierre philosophale est
devenue réalité : le soufre, le plomb et la misère se transmutent, le Grand OEuvre voit le jour et le monde se fait or.

La finance est alchimie, donc. Traders, vendeurs, acheteurs, gérants, analystes, front et back
offices, tous participent à la grande transmutation. Celle des euros en millions, de l’argent en
fortune, du salaire standard en bonus supranormaux, du décent en indécent.
Et de ce monde, Hugues Frassier émerge comme l’un des points cardinaux.
À 39 ans, cet ex-HEC et ex-Harvard dirige l’un des plus importants hedge-funds de la place parisienne. C’est-à-dire un bon gros fonds d’investissement spéculatif, gavé jusqu’à la moelle de produits financiers dangereux, instables et volatiles mais affichant des rentabilités totalement démoniaques.

Il a monté sa société il y a un peu plus de six ans. Son réseau, ses compétences et son flair
hors norme en ont rapidement fait l’un des grands noms du métier. On prend l’avion de
l’autre bout du monde pour venir investir son argent chez lui : chose assez rare chez un Français
pour être notée. Aujourd’hui, il est riche à en crever, mais il s’en tamponne. Il est brillant, brutal et visionnaire, l’essentiel est là.

Chaque jour, il emprunte des millions, mise des millions, et gagne des millions. Il est fier de
son métier, fier de sa réussite et emmerde royalement le reste de la planète. La moitié du
monde est d’ailleurs déjà morte, pourrie, bouffée par les vers. L’Europe vit bien au-delà de sa
date de péremption ; quand on y met le nez, ça sent le moisi. Les États-Unis vivent dans une
bulle ; seule l’Asie s’en sortira.

Dans ses bureaux, tout peut arriver. Tout peut basculer. On est au coeur de la finance. Pendant
la journée, les types assis ici sont aux manettes d’un jet supersonique. On joue des millions ; on en perd ; on déclenche des micro-paniques boursières ; on torpille le cours de sociétés ringardes ; on se dope au BlackBerry, à l’info, au fric, au cash ; on vit dans un monde en mutation
permanente. Chaque jour, un événement sismique peut naître ; chaque jour ses salariés,
les yeux rivés sur les fluctuations infinitésimales des indices boursiers, peuvent changer le cours de l’histoire.

C’est un monde où tout peut advenir, où tout doit advenir…

Ancien journaliste financier, Philippe Nicholson, 35 ans, travaille dans une agence de communication et a publié Krach Party, son premier roman publié en octobre 2009 aux éditions Carnets Nord, dont est tiré cet extrait.

commentaires (15)

Comments
  1. Les mots me manquent. Je suis submerge d’emotions. Je vais arreter de lire mes auteurs ringards favoris qui sont Camus, Sartre, Kafka, … et je vais me plonger de ce doigt dans la litterature de Monsieur Nicholson…

  2. Une vision totalement caricaturale de quelqu’un qui n’a visiblement jamais travaillé dans la finance…les journalistes devraient aller faire un tour dans d’autres milieux professionnels, pour bien voir que le secteur financier n’a pas le monopole du cynisme, au lieu de faire fantasmer les gens avec des articles comme celui-la.

  3. Trop tappe a l’oeil sans reel fond.

  4. C’est à cause d’articles comme ceux-la que le gros de la population pensent que les traders sont responsables de la crise financière. Bravo M.Nicholson, vous n’avez rien compris.

  5. mii, au delà de ce médiocre article, n’oubliez pas les faits : les traders SONT bien responsables de la crise financière. Pas les seuls, mais ils en font partie. Dans un procès pour meurtre, les tueurs à gages sont aussi dans le box.

  6. si au contraire M. Nicholson a tres bien compris je trouve.
    Il raconte ce que les gens s’attendent a lire, il confirme ce que “tout le monde” pense de la finance donc ca plait aux gens et ca se vend.

  7. Ce Monsieur ferait bien de faire un stage même d’une journée pour savoir de quoi il parle… Il dira sûrement que c’est humoristique mais je ne crois pas que ses lecteurs s’en rendront compte: le genre de truc typiquement pafait pour monter les gens les uns contre les autres, c’est idiot.

  8. Mais dites moi où va t-il chercher ses arguements de m…. ? Ce monsieur ne connait rien à rien de la finance! cet homme est en quête d’une certaine renommée, il sait qu’en ce moment le grand public a en horreur les banques donc il raconte ce que les gens veulent entendre pour faire son beurre! Honnêtement je préfère un banquier qui dit ouvertement qu’il veut faire des paris pour gagner de l’argent, plutôt qu’un pseudo journaliste en quête de popularité écrivant des choses vérités fabriquées..
    Non Mr la grande majorité des banquiers ne sont pas riches!!!

  9. Question promo à defaut d’avoir lu “Krach Party” je vous recommande “un trader ne meurt jamais” de Marc Fiorrentino.

  10. Oui je confirme “un Tradeur ne meurt jamais ” est plus romancé et M.F évite quand même de raconter n’importe quoi et pourtant il le pourrait aisément.

  11. Le style est commercial et convenu, le contenu carricatural et navrant.
    Tant de mots pour dire si peu de choses, c’est pathetique.

  12. Rien de très original Bret Easton Elis avait déja merveilleusement dénoncé le système avec American Psycho c’est donc du réchauffé (peut être en moins trash) en version française au début du II ième millénaire…

    Pour info, il n’y a pas besoin de connaître le système financier pour faire un roman dessus.

  13. Phrases bien tournées et aguichantes mais fond inexistant.
    ON N’Y COMPRENDS RIEN et je suis sur que l’auteur lui-meme n’y comprends rien :)

  14. Ce qu’écrit l’auteur est mythe mais avouons que certains financiers et traders sont exactement la copie du personnage. Pourquoi? Tout simplement parceque de l’école de commerce à leur emploeur (les banques), on les a persuaderque c’étaient les meilleurs, que les autres sont des merdes, que les problèmes sociétales (pauvreté, chômage, catastrrophe naturelles, …) ca ne les concernent pas car ils sont au dessus de tout ca, au dessus de tous.

    Oui, l’auteur a forcé la caricature et pourtant il colle à certains financiers qui joue l’argent des autres n’oublions pas et quand tout va mal, ils courts dans les jupons de l’état! Mais je rejoins les commentaires pour dire que tous ne sont pas comme ca, tous n’ont pas des bonus mirobolant mais tous ne sont pas des agneaux blanc et doux non plus.

  15. :), j’aime bien le style. Je vais le lire

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