☰ Menu eFinancialCareers

Guerre des nerfs chez Barclays France

Les 1.300 employés de Barclays France ont intérêt à avoir les nerfs solides. Car ils sont mis à rudes épreuves depuis février 2013, période à laquelle deux plans de suppressions d’au total 300 postes sont annoncés. À peine un an plus tard, en janvier 2014, la banque se fait retoquer par la cour d’appel de Paris, qui annule le plan de restructuration au nom du principe de l’égalité de traitement. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de la banque d’investissement Barclays (suppression de 33 postes) prévoyait une aide de 12.000 € à la création d’entreprise tandis que seulement 8.000 € sont proposés aux salariés de la banque de détail, concernés par un autre PSE (suppression de 260 postes). Sauf que dans ce laps de temps, les mesures de départ volontaire ont été engagées et 98 salariés ont quitté le navire.

Un nouveau plan de 110 suppressions de postes

Pour Barclays, du coup, le compte n’y est pas. En avril, un nouveau PSE prévoyant « au maximum 110 départs de collaborateurs » est présenté, dont 4/5e concerne la banque de détail et 1/5e environ la banque d’investissement. La CFDT vient d’indiquer en outre le non-renouvellement de plus d’une centaine de postes de CDD et d’apprentis. Ce qui porte à 348 le nombre total de postes supprimés, calculent la CFDT et l’administration chargée du contrôle des PSE.

Mais le pire est peut-être encore à venir pour les collaborateurs de la banque en France. Car, à peine un mois après l’annonce de ce nouveau plan, le 8 mai, le groupe britannique annonce une restructuration d’envergure avec 14.000 suppressions de postes dans le monde en 2014 (10% des effectifs) et 19.000 au total d’ici à 2016.

Avenir incertain…

Dans son nouveau plan, le géant bancaire prévoit de se retirer des activités jugées non stratégiques, dont la banque de détail en Europe (hors Grande-Bretagne), certaines activités de corporate banking en Europe, et certaines business lines de la banque d’investissement (matières premières, produits dérivés complexes, marchés émergents) qui, quant à elles, ne sont « quasiment pas présentes en France », nous confie un représentant syndical. Aussi seulement une vingtaine de postes sur les 110 supprimés concerneraient la BFI de Barclays en France. Il s’agit ici plus d’un effet d’aubaine qu’une volonté de réduire véritablement la voilure, où la banque a opéré un vrai ancrage, en particulier sur les activités liées à la dette de l’Etat. Barclays figure ainsi parmi les spécialistes en valeurs du trésor (SVT) leaders depuis plusieurs années en France.

En outre, les 250 employés de la banque d’investissement ont des arguments à faire valoir à leur direction : Barclays gagne des parts de marché. Selon Dealogic, au premier semestre 2014, la banque se place en 9e position en matière de revenus générés par ses activités de banque d’investissement, contre une place de 14e un an plus tôt, avec une part de marché qui a doublé dans l’intervalle à près de 5% du marché hexagonal.

… Surtout pour la banque de détail

Du côté de la banque de détail, en revanche, le tableau est bien plus noir. Même si la direction en France nie le lien entre les nouvelles orientations stratégiques du groupe et le projet de réorganisation français, la CFDT craint que « les jours de la Barclays en tant que banque de détail en France soient comptés » alors que l’établissement est présent dans l’Hexagone depuis 1917 et compte 40 agences bancaires, une cinquantaine de Clubs Premier, 10 bureaux Barclays Patrimoine et 1 Centre Barclays Premier à Paris, selon son site Internet.

« On continue de nous dire – contre toute évidence – que ce plan de restructuration vise à ce que Barclays devienne la banque de référence de détail en France pour la clientèle haut de gamme », nous confie un représentant du syndicat, qui réclame « loyauté et sincérité de la part de la direction » dans le plan social présenté. « Nous craignons pour l’avenir des 1.300 salariés du groupe en France dans la mesure où l’activité de banque de détail risque en réalité d’être vendue ou liquidée et la direction France nie totalement ce risque », estime-t-il.

Mesures d’accompagnement : le compte n’y est pas

Sur le fond, les syndicats sont également en prise avec la direction sur les mesures d’accompagnement à proposer aux salariés sur le départ, objet de « vifs débats ». « Les mesures et notamment les indemnités de départs proposées pour l’heure sont très en retrait par rapport à ce qui se fait sur la place parisienne », confie un délégué syndical. Des écarts de 20 à 30% voire plus, selon ce syndicaliste qui ne souhaite pas en dire plus. La banque n’a pas souhaité commenter.

Et le contexte actuel n’est décidemment pas rassurant pour les employés du Barclays avec l’annonce en milieu de semaine dernière de nouvelles poursuites judiciaires aux Etats-Unis et accusations de fraude contre le “dark pool” de la banque.

LIRE AUSSI :

De l’eau dans le gaz entre les salariés de la finance et leur RH ?

Le palmarès des employeurs « idéaux » des professionnels de la finance

Les priorités de recrutement des grandes banques étrangères en 6 graphs

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici