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Exercice d’équilibrisme pour BNP Paribas, entre réduction des coûts et développement

Les analystes s’attendaient à un bénéfice net d’1,2 milliard d’euros pour le 3e trimestre. BNP Paribas a fait mieux, en dégageant près d’1,4 milliard d’euros de bénéfice, grâce à une baisse du coût du risque et des frais de gestion, selon le communiqué. À 9,3 milliards d’euros (-4,5% sur un an), les revenus du numéro 1 bancaire français atteignent toutefois leur plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2008, en raison de résultats en baisse en banque de détail et surtout en BFI.  

BNP Paribas n’a pas résisté à la déconfiture des performances sur le marché des taux. Les revenus ont baissé sur cette activité de 27% en un an, un recul proche de celui des établissements américains (-25% en moyenne), mais moins impressionnant que la dégringolade affichée par Deutsche Bank (-48%). Les Français sont par ailleurs moins exposés aux aléas de ce marché : seuls 11% des revenus de BNPP et Société Générale provenaient des marchés de taux, change et matières premières (FICC) au premier semestre, selon Citigroup. Ce chiffre atteint 29% chez Deutsche Bank et 25% chez Credit Suisse.

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Les nouveaux axes de recrutements de BNP Paribas

Du coup, le pôle CIB – environ 20% des revenus du groupe – limite la casse avec un PNB en retrait de 10,7%, grâce en partie à une “reprise des volumes de clientèle sur les marchés actions“. La tendance observée pour les activités du pôle Actions et Conseil, qui enregistre une hausse de près de 14% des revenus sur un an, est en ligne voire un peu meilleure que celle relevée dans les établissements américains et certaines européennes.

Autre avantage de BNP Paribas : peu d’éléments exceptionnels ont grevé ses résultats. Un atout majeur quand la plupart de ses concurrentes étrangères continuent d’aligner de lourdes provisions pour litiges. JP Morgan a passé, à elle-seule, sur T3 une charge de 9,2 milliards de dollars !

Le groupe de la rue d’Antin est plutôt occupée à mettre en musique son plan « Simple & Efficient 2015 » annoncé en début d’année, et qui prévoit un investissement d’1,5 milliard d’euros sur trois ans, avec un résultat attendu d’une baisse des coûts de 10% sur l’ensemble du groupe à l’horizon 2015.  Le groupe dit avancer « rapidement », avec près de 88% des projets identifiés déjà lancés et 549 millions d’euros d’économies récurrentes dégagées sur les neuf premiers mois de 2013, soit l’objectif annoncé pour l’ensemble de 2013. La banque n’est cependant qu’au quart du chemin puisqu’elle vise 2 milliards d’euros d’économies récurrentes pour 2015 et au-delà.

Cette gymnastique se montre particulièrement délicate quand dans le même temps, BNP Paribas investit pour son développement en Asie, avec 1.300 recrutements annoncés en février dans la région dans l’activité CIB d’ici à 2015, et ses nouvelles ambitions en Allemagne (500 embauches programmées), dans la gestion d’actifs et en banque en ligne en Europe avec le lancement d’Hello Bank.

Les frais de gestion des pôles opérationnels ont ainsi progressé de 0,6% sur un an (à périmètre et change constants). Pour les métiers de Conseil et Marchés de Capitaux, les coûts absorbent tout de même 75% des revenus pour les neuf premiers mois de l’année contre 69,6% pour la même période un an plus tôt. Pour l’heure, la restructuration n’implique pas de suppressions de postes.

BNP Paribas dit poursuivre ses économies et continuer de travailler à l’élaboration d’un nouveau plan stratégique triennal, qui sera dévoilé début 2014. À la Bourse de Paris, le titre gagnait 2,65% à midi.

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