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Plongée sans fard dans le quotidien d’un trader

Burger and fries

Vous voulez vraiment savoir à quoi ressemble la vie d’un trader en salle de marché à New York ? Les journées sont longues et fatigantes, et tout est basé sur le relationnel, peut-être même plus encore aujourd’hui qu’hier. Nous avons demandé à un trader employé d’une « boutique » de nous raconter, avec ses mots, le déroulement de sa journée, du réveil à la clôture. Pas vraiment le mode de vie idéal…

5h30 : Réveil. Je me précipite sur Bloomberg. Premier coup d’œil  à Twitter. De toute façon, plus personne ne lit le Wall Street Journal.

6h30 : Au boulot. Je lance l’ordi. TweetDeck va défiler toute la journée à côté de ma watch list. Twitter est aussi important que Bloomberg de nos jours, et vachement moins cher.

6h35 : Un bol de céréales, arrosé d’un quadruple expresso. Bénie soit cette nouvelle machine Nespresso.

7h15 : Je lutte pour rester éveillé pendant notre réunion matinale. J’essaie d’avoir l’air intéressé par les idées des uns et des autres. Mes clients s’en foutent de toute manière. Leurs analystes sont bien meilleurs que les miens. S’ils continuent de traiter avec moi, c’est parce qu’ils m’aiment bien et qu’ils me font confiance. Le métier est peut-être à l’agonie, mais tant qu’il durera, le relationnel sera roi.

8h00 : J’appelle mes clients. Je passe rapidement sur les idées de placement pour pouvoir discuter de ce qui nous préoccupe vraiment : les prochains recrutements de Fantasy Football, où un bon atout vaut au moins 100k dollars.

9h00 : Dernier tour aux WC… après pas moyen d’aller pisser avant 16 heures.

9h20 : Je prie pour que le téléphone sonne ou la messagerie instantanée bipe.

9h30 : Voir  9h20.

9h35 : Message instantané qui dit d’acheter 100k dollars d’XYZ au vwap [ndlr : volume-weighted average price] du jour. J’entre l’ordre dans mon OMS [Order management system] et c’est lui qui finit le travail. Je suppose que le client a passé l’éponge sur ce foutu coup de fil promis sur le thème « Zach Sudfield, le footballeur le plus à la masse de l’année ».

10h00 : Commence à penser au déjeuner.

10h30 : Voir 10h.

11h00 : Viens de passer les 30 dernières minutes à trouver un consensus. On va envoyer le stagiaire chez Shake Shack. Pas été facile, vu les différences d’appétit dans la salle.

Midi  : Mais il est où ce **** de stagiaire ?

12h30 : Voir midi.

13 h : Le stagiaire arrive enfin avec une douzaine de burgers et quelques petits kilos de frites. Petit joueur, je sais, mais on n’est plus aussi nombreux qu’avant.

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13h05 : Prêt à attaquer un double Shack burger quand le téléphone se met à sonner. Et merde ! « Rajoutez 100k $ sur XYZ ». Rien de plus simple. Quelques clics dans l’OMS et c’est réglé.

14h : ZZZzzzzz

14h 30 : Direction la machine Nespresso pour une nouvelle tournée de 4.

15h : C’est bon, il est 4 heures ?

16h : Message instantané à mon client : «  ai eu 200K $ d’XYZ à 9,9999 ». Vais croiser les doigts pour qu’il me laisse 0,05 $ par action.

16h05 : En attente de confirmation de mon client. Il sait pas que je suis trader ? A 16h02, je vais prendre un verre au bar du coin, c’est dans mon contrat.

16h07 : La réponse arrive : “ 0,03 $, merci.”

16h10 : Cher bar, me voilà !

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