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Pour vivre heureux, les banquiers suisses vivent désormais cachés dans leur pays

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La peur d’être arrêté par une police étrangère lors d’un voyage d’affaires hors de Suisse est en train de gagner le milieu bancaire suisse. L’arrestation en Italie dans son hôtel de Raoul Weil, un ancien cadre d’UBS inculpé par une cour fédérale américaine pour son rôle présumé dans une affaire d’évasion fiscale il y a dix jours, a créé un « électrochoc », selon la presse dominicale helvète.

À tel point que les banquiers craignent de quitter le pays. Information confirmée par président de la chambre de commerce américano-suisse Martin Naville à Matin Dimanche : « environ 1000 banquiers suisses n’osent plus se rendre aux Etats-Unis, voire tout simplement à l’étranger ».

L’Association suisse des employés de banques (ASEB) recommande d’ailleurs « à toutes les personnes qui ont régulièrement visité des clients aux Etats-Unis de s’abstenir de voyager ».

Pourtant, selon le journal dominical, seule une trentaine de banquiers feraient l’objet d’enquêtes de la part des autorités américaines. Une liste cependant mystérieuse, dont l’Office fédéral de la justice lui-même n’a pas connaissance.

Faute de noms, le principe de précaution s’applique et l’inquiétude gagne l’ensemble de la communauté bancaire. « Maintenant, je ne sors même plus de Zurich », a déclaré un banquier à l’hebdomadaire Le Matin Dimanche, après voir découvert récemment que son nom avait été transmis aux autorités américaines.

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Du côté de Genève aussi, la peur est montée d’un cran. La convocation d’un gérant de fortune par les douanes françaises en juillet et la mise en examen d’UBS France en juin pour démarchage bancaire illicite ont, semble-t-il, amené les banques genevoises à recommander à leurs cadres domiciliés en France de revenir s’installer en Suisse. Des prêts hypothécaires à 0% d’intérêts seraient même proposés à certains, témoigne un cadre de l’un de ces établissements.

Paradoxalement, les établissements bancaires suisses se sont montrés plus agressifs en matière de développement de leurs activités à l’étranger, souligne la NZZ am Sonntag.  Aux Etats-Unis, par exemple, le nombre de banques et instituts financiers helvétiques à posséder une licence est passé de 5 à 34 depuis 2008.

En France, parallèlement à un plan social dans ses activités de banque d’investissement, UBS a continué de recruter et de développer ses activités de gestion de fortune à Paris ces deux dernières années. Même volonté de se renforcer en France dans cette activité, cœur de métier, également chez Credit Suisse.

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