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Les banquiers d’investissement s’attendent à des bonus en hausse, un espoir probablement vain

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Malgré un troisième trimestre difficile pour la plupart des ‘bulge brackets’, les banquiers d’investissement veulent croire qu’un premier solide semestre en 2013, combiné à leur performance personnelle, suffiront à obtenir un prochain bonus en hausse.  

Les banquiers de la City sont parmi les plus optimistes : 58% d’entre eux pensent que leur bonus au titre de l’année 2013 sera supérieur à ce qu’il était l’an passé, selon une enquête mondiale conduite par eFinancialCareers auprès de plus de 4.600 professionnels de la finance*. Les financiers de Wall Street ont des attentes plus modérées : ils sont seulement 42% à anticiper une hausse de leur bonus, contre 53% dans la région Asie-Pacifique.

Certes les revenus des banques d’investissement ont progressé en 2013, en dépit d’un T3 décevant, il semble cependant peu probable que les bonus progressent de manière significative. La plupart des grands établissements anglo-saxons laissent plutôt présager un fléchissement des rémunérations.

Dans un coin du dernier rapport d’activité de JPMorgan, on peut lire par exemple, que l’enveloppe des rémunérations des banquiers d’investissement est en baisse de 15% sur un an, alors que la baisse des revenus de la division se limite à 2% sur la période. Dans le même temps, l’enveloppe des rémunérations est également notée en baisse de 5% chez Goldman Sachs sur les neuf premiers mois l’année, et en chute de 35% au 3ème trimestre toujours par rapport à la même période l’an passé. Citi, de son côté, a déclaré qu’elle avait réduit à la fois les effectifs et les rémunérations dans sa division Marchés après une baisse de 29% de ses bénéfices au cours du troisième trimestre.

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L’optimisme post-estival des experts a ainsi laissé place à plus de prudence. En septembre, Alan Johnson, fondateur du cabinet Johnson Associates, spécialiste des rémunérations pour ce secteur, estimait que les prochains bonus connaîtraient une hausse moyenne de l’ordre de 5-10%. Désormais,  il anticipe une baisse des variables d’environ 10-15% chez les professionnels des activités FICC – en particulier dans le trading obligataire, qui a souffert ces derniers mois – sans compter que beaucoup d’autres pourraient ne se voir attribuer aucun bonus.

Jon Terry, associé chez PwC à Londres, spécialiste des pratiques en matière de rémunération, affirme que la plupart des banques – surtout en Europe – font un effort concerté pour réduire leur ratio de rémunération. Une politique en partie contrainte par la flambée des coûts liés aux litiges juridiques (en particulier chez JPMorgan). « En écartant ces facteurs, et en se concentrant uniquement sur la performance des entreprises, seules de petites augmentations (maximum 10%) des bonus sont à prévoir en Asie et aux Etats-Unis, et des bonus stables voire en baisse en Europe », précise Jon Terry.

Il est donc d’autant plus surprenant que les professionnels de la City se montrent parmi les plus optimistes. Les divisions EMEA des banques d’investissement ont continué à afficher de mauvais résultats au dernier trimestre : -56% chez Citi et -14% chez JP Morgan par rapport au deuxième trimestre.

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Notre enquête bonus révèle cependant que la plupart des financiers qui anticipent une hausse des bonus tablent sur une modeste augmentation de l’ordre de 10% maximum. Si la performance de l’entreprise a été citée comme un raison majeure pour expliquer cette potentielle progression (c’est le premier facteur pour 24% des répondants), les financiers sont plus nombreux à croire que leur performance personnelle fera la différence. C’est le cas pour 50% des personnes interrogées en Australie, 41% des sondés dans le Golfe, et respectivement 40% et 35% des financiers au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

« C’est dans la nature des banquiers d’investissement de penser que leur bonne performance personnelle se traduira par un meilleur bonus. C’était vrai avant la crise financière. Depuis, il y a un décalage croissant entre les attentes des financiers par rapport à leur performance et la capacité des institutions à distribuer de gros bonus alors qu’elles réduisent globablement l’enveloppe des bonus », comme Jon Terry.

Les banques d’investissement ont augmenté les niveaux de salaires fixes, notamment en Europe où la réglementation européenne prévoit un prochain plafonnement des bonus à hauteur de deux fois maximum le montant du salaire fixe. Une évolution que l’on peut lire dans les résultats de l’enquête eFinancialCareers – une moyenne de 59% des répondants au niveau mondial ont vu évoluer leur salaire fixe, dont 88% d’entre eux confirment une évolution positive.

Si, à court terme, cette tendance apparaît comme une aubaine pour les banques d’investissement, elle limite sérieusement la flexibilité des entreprises à terme dans les périodes difficiles. Les analystes ont d’ailleurs souligné que si les volumes d’activité devaient restaient bas encore un moment, de nouveaux licenciements seraient inévitables.

* L’étude a été réalisée en ligne, au mois de septembre, auprès de 4.642 professionnels de la finance à travers 7 marchés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Singapour, Hong Kong, Australie, Allemagne, Moyen-Orient). Une prochaine étude sera bientôt disponible pour le marché français. 

 

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