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4 choses essentielles à savoir sur la recherche d’emploi chez les financiers

Le marché de l'emploi en finance, un champ de bataille depuis Lehman?

Le marché de l'emploi en finance, un champ de bataille depuis Lehman?

Voilà donc 10 ans cette année que le site eFinancialCareers est présent en France. Drôle d’anniversaire. Hasard des dates, la crise de 2008 est intervenue précisément au milieu de son existence sur le marché français. Cinq ans de croissance insolente, et puis la faillite de Lehman Brothers s’en est mêlée.

2008 a marqué un point de bascule sur le front de l’emploi en finance. Rarement dans l’histoire une industrie n’avait été autant secouée par une crise. Depuis, tout (ou presque) a changé, y compris le comportement des candidats. En première ligne, les financiers – tout comme les employeurs – résistent, s’adaptent, se montrent lucides, sans oublier d’être critiques à l’égard des employeurs et des RH. Ce sont là les messages que les candidats en finance nous ont fait passer à travers une enquête* qu’eFinancialCareers a réalisé le mois dernier en France. Voici les quatre grandes lignes que nous avons retenues :

1 – Des candidats plus que jamais au front 

Quel que soit le degré d’acuité de la crise du marché de l’emploi en finance ces dernières années, les professionnels français de la finance ne relâchent pas leurs efforts en matière de recherche d’emploi. Bien que les répondants à cette étude soient en poste pour deux-tiers d’entre eux, près de 9 répondants sur 10 sont en recherche effective d’emploi. Comme si après cinq ans de crise – période pendant laquelle les carrières ont souvent été suspendues quand elles n’ont pas été déroutées – un fort appétit de mobilité se faisait à nouveau fortement ressentir.

Les candidats auraient-ils entendu les signaux encourageants des recruteurs parisiens en cette rentrée et les derniers échos positifs venus d’Outre-Manche, où 10.000 nouveaux emplois ont été créés à La City ces trois derniers mois ? Un tiers des financiers se sont en tout cas (re)mis à chercher activement un emploi au cours de ces trois derniers mois.

Et lorsque l’on parle de recherche d’emploi, il est bien question d’une recherche active : près d’un tiers des financiers candidatent 10 fois ou plus par mois. La médiane, se situant autour de 5 candidatures par mois.

Les candidats recherchent tous azimuts, en premier lieu sur le web (job-boards pour 96% d’entre eux, les réseaux sociaux utilisés par 74% du panel), auprès des cabinets et chasseurs (aujourd’hui 78% des candidats y ont recours), sans oublier les méthodes plus classiques comme les recommandations d’amis ou collègues (67%) et les démarches directes auprès des employeurs (62%), toujours populaires.

2 – Le changement, c’est maintenant…

Si la recherche d’emploi reste, en toute logique, principalement motivée par l’envie de faire évoluer sa carrière et d’obtenir une rémunération plus élevée, elle est de plus en plus portée par de nouvelles aspirations. Les réponses telles que « je m’ennuie, j’ai besoin d’un nouveau challenge », « je suis à la recherche d’une culture d’entreprise qui me correspond mieux » et « J’ai envie d’autre chose (dans autre secteur ou une autre industrie) » ont été cochées par respectivement 24%, 18% et 16% des sondés. L’aventure entrepreneuriale a séduit ces dernières années beaucoup de financiers, qui ont mené des reconversions parfois aux antipodes de la finance, jusque dans la distillation de whisky !

Cette envie d’ailleurs peut aussi être un ailleurs géographique. En effet, 15% des financiers, tous niveaux d’expérience confondus, disent rechercher une opportunité pour travailler à l’étranger. Un chiffre qui monte à 25% pour les profils avec 3 à 4 ans d’expérience. Hier, un sondage Institut Harris pour l’institut Montaigne, indiquait que 79% des étudiants en fin de cycle des 9 plus grandes écoles du pays « n’excluaient pas » de chercher un emploi à l’étranger.

Tout ceci reflète évidemment la prise en compte croissante de la valeur d’une expérience à l’étranger dans un CV, de surcroît dans une industrie financière globalisée, mais aussi les nouvelles contraintes liées à un marché de l’emploi parisien plus étroit. Rappelons qu’à fin 2012, les quatre grandes banques françaises avaient licenciés 2.200 personnes, principalement en en banque d’investissement. Dans le panel de l’étude, 18% recherchaient un emploi après un licenciement (quasiment le double chez les professionnels avec 15 ans d’expérience et plus).

3 – … Ou pas !  La galère de la recherche d’emploi

La recherche d’emploi est jugée difficile ou très difficile par 87% des financiers. Ce qui s’explique logiquement par un marché de l’emploi parisien capricieux, et une recherche souvent longue (la moitié du panel recherche un emploi depuis plus de 6 mois) et souvent infructueuse. Pour un tiers des candidats, aucune de leurs candidatures ne débouche sur un entretien. Comme si la transformation à marche forcée du secteur avait segmenté le marché entre ces candidats, dont les compétences ne correspondent plus nécessairement aux nouveaux besoins des employeurs, et les candidats perçus comme « toujours désirables ». Ceux-là sont d’ailleurs souvent vus en entretien.

C’est après que les choses se corsent. Les RH et les cabinets, en mode “veille”, ont continué de voir des candidats mais le processus d’embauche parvient souvent mal à se concrétiser. Pourquoi ?  Côté employeurs : le poste n’est finalement pas ouvert (quand il existe bien au départ), le parfait candidat (l’« expert généraliste », le mouton à 5 pattes, ou le « copier-coller ») n’existe pas. Côté candidat : des exigences trop élevées ou – autre cas de figure qui n’est pas rare aux dires des recruteurs – une fois une offre faite par de l’employeur, le candidat décline, de peur de prendre trop de risques dans un marché incertain…

4 – Haro sur les recruteurs et les RH !  

Les candidats jugent sévèrement le processus de recrutement en France. À peine un tiers des sondés se déclarent satisfaits ou très satisfaits par celui-ci après avoir postulé en direct auprès d’un employeur. Ce chiffre tombe à 19% lorsqu’ils ont à faire avec un cabinet de recrutement ou un chasseur de tête ! Les principales critiques émises par les candidats sont l’absence de visibilité sur le processus de recrutement  (82% le reprochent aux cabinets, et 75% aux RH) et plus généralement le manque d’attention portée à leur égard. Un exemple parlant : suite au premier entretien, 57% des candidats n’ont reçu aucun retour de la part des cabinets et/ou des RH. Dès lors que les financiers accordent du temps à un recruteur, ils estiment à juste titre que ce dernier peut bien lui en accorder un peu en retour…

Les RH et les prestataires ont tout intérêt à prendre ces désisteras en considération. À défaut de quoi, leur réputation et leur marque employeurs risquent d’en souffrir. Car les candidats peuvent se montrer rancuniers : plus de 8 candidats sur 10 partageront cette mauvaise expérience avec leur entourage et leurs collègues, et plus de deux tiers des candidats garderont une mauvaise image de l’entreprise ou du cabinet. Pour autant, les financiers n’en restent pas moins des candidats pragmatiques. Ils sont une large majorité (56%) à dire qu’ils accepteraient toujours un entretien avec l’entreprise ou le cabinet en question.

*Enquête réalisée par e-mailing entre le 3 et le 16 septembre 2013 auprès de 403 financiers basés en France.

Suivre l’auteur sur Twitter @JuliaLemarchand

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