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Natixis s’intéresse au scénario de la scission de la Belgique

Le scenario d’un éclatement de la Belgique a gagné en crédibilité depuis le rejet dimanche par les francophones d’une proposition de compromis sur une réforme présentée comme celle de la dernière chance par les indépendantistes flamands.

Même les analystes bancaires s’intéressent aux conséquences d’une hypothétique scission de l’Etat belge. La semaine dernière, Natixis a produit une note consacrée à la situation économique belge et les éventuelles conséquences de ce que certains appellent le plan B (Libération).

Même si elle juge ce scénario peu probable à court terme étant donné les nombreuses questions – sans réponse pour l’instant – d’ordre politique, géographique, juridique, fiscal…, la banque d’investissement française s’intéresse de près à la question des disparités économiques régionales, qu’elle juge en voie de résorption. Ainsi, la productivité et les salaires par tête dans les trois régions (Wallonie, Bruxelles, et Flandres) tendraient notamment à converger.

D’autres statistiques comparatives concernant le marché de l’emploi laissent cependant perplexes. Ainsi le taux d’emploi est de moins de 58% en Wallonie contre près de 68% en Flandres. Le taux de chômage est de plus de 16% dans la première région et atteint seulement un peu plus de 7% dans la seconde.

Les analystes de la banque évoquent les problèmes de la reconnaissance de deux ou trois nouvelles entités au regard du droit international et du partage de la dette en cas de scission. Mais peu de projections sont réalisées sur l’impact potentiel de ce scénario sur les entreprises et les employés des différentes régions.

Des universitaires en avaient cependant donné la couleur le mois dernier. La scission devrait apporter une perte de croissance et d’emploi pour les nouveaux pays. Environ 30% des entreprises de plus de 100 personnes disposent en effet de sièges de production dans au moins deux Régions du pays, avait rappelé Robert Deschamps, professeur aux Facultés Notre-Dame de la Paix, spécialiste des budgets régionaux, au magazine Trends. Ceci ayant des conséquences sur tous les aspects des contrats d’emploi (cotisations sociales, congés, salaires..), entrainant un handicap pour la gestion de ces entreprises.

Cité par le même journal, Marc Fallon, professeur de droit européen (UCL), avait, lui, évoqué une complexité technique potentiellement énorme:avec des régimes fiscaux et juridiques différents, on pourrait avoir des soucis sur les questions de succession, de soins de santé – si un francophone se faisait soigner en Flandre, ou inversement – ainsi que pour le versement de la pension de ceux qui auraient travaillé dans plusieurs Régions

Sa conclusion : les cabinets d’avocats en sortiront gagnants. Ils ne sont pas les seuls, les fonctions juridique/compliance au sens large, les économistes, les analystes financiers, les auditeurs, les comptables, les banquiers privées, les professionnels du risk management, ou encore les RH pourraient avoir bientôt du pain sur la planche.

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