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Les banques suisses ont peur de recruter des Français

Genève, une destination pourtant prisée par les Français

Genève, une destination pourtant prisée par les Français

Comme les banquiers suisses, les français n’échappent pas aux clichés. Les candidats français seraient perçus comme « paresseux, arrogants et revendicateurs » par les recruteurs suisses, en particulier en finance, selon le journal suisse Dimanche Matin. Au point que les candidatures de Français seraient écartées par les établissements financiers.

« N’est-ce pas la perception des Français dans la plupart des pays étrangers ? Plus sérieusement, Il n’y a aucune discrimination négative ou positive à l’égard des français en Finance en Suisse ou de quelconque autre nationalité d’ailleurs », témoigne Guy de Brabois, en charge du cabinet de recrutement Robert Watlers en Suisse. Le secteur financier suisse est particulièrement cosmopolite, argumente-t-il.

“Mesure de précaution plus qu’un racisme anti-français”

Néanmoins ce consultant, qui a fait recruter en Suisse de nombreux banquiers venant de France, reconnaît que si les banques n’utilisent pas de critères liés à la nationalité, « elles requièrent de plus en plus que les candidats soient résidents en Suisse ou s’engagent à y résider pour obtenir un poste ».  « C’est une mesure de précaution vis-à-vis de la protection des données au sein du secteur bancaire, plus qu’un racisme anti-français », assure-t-il.

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Comme l’article de Dimanche Matin, le recruteur évoque l’effet « whistleblowers » des Français comme Hervé Falciani, un ex-informaticien de HSBC en Suisse qui avait vendu un fichier volé comportant une liste d’évadés fiscaux, ou encore plus récemment Pierre Condamin-Gerbier, cet ancien salarié de la banque privée Reyl & Cie actuellement en prison à Berne après avoir témoigné dans l’affaire Cahuzac.

Résidence suisse exigée pour les fonctions sensibles

Même son de cloche de Michael Senn, fondateur de Cusmic, première agence de placement pour les jeunes professionnels en Suisse Romande : « Je n’ai jamais expérimenté de la part d’établissement financier une défiance quelconque à l’égard des candidats français, en revanche l’actualité des 12 derniers mois et les scandales favorisent la prudence et le lieu de résidence peut être un vrai critère de différenciation, à compétences égales ». Les transfontaliers sont  priés de déménager ou de passer leur chemin…

Cette nouvelle exigence ne concernerait pas encore la majorité des établissements financiers suisses. En revanche, « elle est quasiment devenue la règle pour les fonctions liées à la gestion des risques, aux contrôles, et à la compliance », selon Guy de Brabois.

Le journal suisse rappelle que ces pratiques sont illégales et contraires à l’accord de libre circulation signé en 1999 avec l’Union Européenne, qui entérine le principe de l’égalité de traitement entre les ressortissants de l’Union et les Suisses. 

commentaires (1)

Comments
  1. La lecture du “Matin” n’est pas des plus adéquate: ce n’est pas, et de loin, un journal de référence.

    Cela fait plusieurs années que les banques en Suisse demandent à ce que leurs (nouveaux) employés résident sur Suisse. Ce phénomène s’est accentué depuis 2007. Rien de neuf mais il fallait sans doute pondre quelque chose en plein été !

    La nouveauté peut-être est que les banquiers privés suisses demandent maintenant des suisses résidant en Suisse. C’est vu comme de la gestion des risques opérationnels, plutôt que de la discrimination évoquée par le Matin.

    Bonnes lectures estivales.
    JB

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