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« Fabuleux Fab » en étudiant modèle et humanitaire au Rwanda, défiant seul la justice américaine

fabrice tourre

« Si vous ne saviez pas qu’il était poursuivi en justice pour ce genre de choses, vous ne remarqueriez rien. C’est juste un gars comme les autres ». Ce témoignage recueilli par le Wall Street Journal il y a trois mois auprès d’un nouveau camarade de classe de Fabrice Tourre peu paraître anodin. Il illustre en réalité probablement très bien la stratégie de défense de l’ex-employé de Goldman Sachs, dont le procès en civil s’ouvre aujourd’hui à New-York, trois ans après la plainte déposée par le gendarme des marchés américain, la SEC, pour avoir trompé des investisseurs à l’aide de produits dérivés d’emprunts immobiliers à risque du nom d’Abacus.

Ne pas faire de vague. Exit les innombrables fêtes dans son appartement new-yorkais à 4.000 dollars par mois, dont la presse américaine s’était délectée au moment de son accusation par la SEC en 2010. « Fabulous fab » – sobriquet donné par un ami et qu’il aimait reprendre à son compte – s’est rangé, au moins pour un temps. À 34 ans, il prépare sa thèse d’économie l’université de Chicago, où ses professeurs visiblement impressionnés par ses talents lui ont déjà donné la responsabilité de cours en tant que professeur assistant. Eduqué à l’École Centrale puis à la Stanford Business School, Fabrice Tourre, un « magicien des statistiques » selon un ex-collègue chez Goldman, semble avoir retrouvé calme et sérénité dans sa nouvelle vie étudiante.

Capitaine de l’équipe de football

Logé dans un immeuble, avec gardien, surplombant le lac Michigan, le “Frenchie” est aussi capitaine d’une équipe de football en salle les “Bootstrappers”, invaincu jusqu’en janvier dernier. Une blessure au tendon d’Achill l’a depuis écarté des terrains, mais pas des tribunes où il a pris son rôle de supporter à cœur, selon le journal.

Bref, un étudiant brillant, apprécié et intégré, très loin de l’image du financier français arrogant et cynique qui pouvait transpirer des quelques emails dégoulinant de vanité soigneusement choisi par la SEC en 2010 et donné en pâture aux médias.

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Si la presse anglo-saxonne le décrit toujours comme un personnage haut en couleurs, le ton s’est adouci à son encontre. Seul dans le box des accusés depuis que Goldman Sachs a payé 550 millions dans un accord à l’amiable pour lever les poursuites en 2010, le français ferait presque figure de bouc-émissaire, même de l’autre côté de l’Atlantique. Ses frais d’avocats restent cependant couverts par la banque, selon la presse américaine.

Expérience humanitaire au Rwanda

Fabrice Tourre n’a rien fait de mal. Il est convaincu qu’une fois toutes les preuves prises en considération, le jury rejettera les accusations de la SEC“, ont indiqué ses avocats Pamela Chepiga et Sean Coffey dans un communiqué transmis à l’AFP.

Dans un contexte où les financiers français – pur produit du cartésianisme français – ont rarement bonne presse (i.e. Jérôme Kerviel, Bruno Iksil, Boris Piccano-Nacci), Fabrice Tourre aura donc fort à faire pour convaincre les jurés de son innocence pendant les deux à trois semaines que dureront les débats.

Pour ce faire, le français témoignera probablement de sa nouvelle vie étudiante des plus normales et de son expérience humanitaire en Afrique. Le financier surdoué des mathématiques a en effet pris le large début 2011 au Rwanda pour aider des fermiers locaux à mettre en place des “business plans” pendant 7 moins avant de rentrer aux Etats-Unis pour reprendre ses études, selon le  New York Times.

En cas de condamnation, le risque pour Fabrice Tourre est d’abord financier : la SEC réclame le remboursement des gains mal acquis, ainsi qu’une amende. Une condamnation pourrait aussi provoquer une interdiction d’exercer. Or le fait que Tourre ait refusé de négocier un accord à l’amiable, qui l’aurait obligé à renoncer à poursuivre dans la finance, est un signe que le français n’a peut-être pas envie de tourner le dos à l’industrie financière, après tout.

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