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Ce pays a gagné 3.000 emplois dans l’industrie financière en un an…

Montreal, Old Port and Modern Skyline

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Et non vous ne rêvez pas ! Ce pays en question est… le Canada. Les besoins sont bien réels, notamment dans la province du Québec à la recherche de profils experts en finance francophones.  A l’occasion des Journées Québec organisées ce mois-ci à Paris et Bruxelles, de nombreux établissements financiers ont fait le déplacement depuis la « Belle Province » pour recruter des talents financiers parlant la langue de Molière. C’est notamment le cas de la Banque Laurentienne du Canada (BLC) mais aussi de compagnies d’assurances comme Standard Life Canada et Industrielle Alliance ou bien d’entreprises gravitant autour de la sphère financière comme Raymond Chabot Grant Thornton, l’un des plus gros employeurs canadiens dans le domaine de la comptabilité ou bien encore le spécialiste des logiciels comptables CCH Wolters Kluwer.

Il faut dire que la pénurie de main d’œuvre au Canada n’a rien de théorique : 3.000 nouveaux emplois se sont ajoutés au bilan de l’industrie financière depuis l’an dernier, d’après les derniers chiffres publiés par l’Institut de la statistique du Québec. Le secteur Finance et Assurances, qui comptait 152.900 emplois en février 2012, est en progression de 2 % par rapport à 2011, essentiellement grâce aux sociétés d’assurance qui affichent un gain de 3.700 emplois, soit 7,2 % de plus. Un rapide coup d’œil sur le site carrière de Standard Life ou celui de Industrielle Alliance permet de constater le nombre élevé et la diversité des postes à pourvoir.

Des embauches à venir

La situation est moins enviable dans la banque de détail qui ont vu en 2012 une baisse des emplois de 0,9 %, la banque d’investissement (-4,7 %) et le private banking (- 6,3%). « La prudence est de mise et peu d’embauches sont en cours », explique Florence Soulé de Lafont, responsable de la Practice Services Financiers et Immobilier chez Boyden Global Executive Search. Mais cela ne devrait pas durer. « La banque d’investissement est de plus en plus active avec davantage d’opérations M&A ce qui devrait entraîner des recrutements sur les 18-24  prochains mois afin de reconstituer les équipes. En gestion d ’actifs, des recrutements sont attendus, notamment pour remplacer les départs de la période 2009-2010 et faire face aux départs à la retraite, même si pour l’instant le marché est calme. Les besoins en risk management devraient surtout se faire sentir dès l’automne », poursuit-elle.

A cela viennent s’ajouter les bons résultats enregistrés par les grandes banques canadiennes au deuxième trimestre 2013 qui laissent présager de nouveaux recrutements. Ainsi, la Banque TD Canada Trust affiché des profits de 1,7 milliard de dollars, en hausse de 2%; la Banque Nationale du Canada, de 369 millions, (+6%); la CIBC, de 876 millions, (+8%); la Scotiabank, de 1,6 milliard (+10%); et la RBC Banque Royale, de 1,94 milliard (+26%). Seule la Banque de Montréal affiche des profits en baisse de 5%, mais ces derniers s’élèvent tout de même à 975 millions. Les banques américaines implantées au Canada recrutent elles aussi, notamment dans l’IT Finance. C’est le cas par exemple de Morgan Stanley Montreal qui propose actuellement de nombreux postes sur eFinancialCareers Canada.

Dénicher la perle rare

Si les établissements financiers canadiens sont prêts à traverser l’Atlantique pour démarcher des candidats basés en Europe, c’est surtout pour trouver des expertises très pointues quasiment impossibles à trouver au Québec. « On a un chasseur de têtes qui ratisse sur nos postes, jusqu’à Toronto, et on n’est pas capables de trouver », confie Chantal Lacroix, directrice technologie de CCH Wolters Kluwer qui pour ses quatre postes à pourvoir en IT Finance a reçu 77 candidatures émanant d’européens et en a convoqué 24 entretien (La Presse.ca).

Il faut dire que les candidats se pressent en nombre aux  « Journées Québec » qui ont cette année connu un record d’affluence avec 12.000 participants. « La dégradation du marché de l’emploi en France profite clairement au Québec. C’est certain que la crise économique fait que les gens regardent de plus en plus vers l’extérieur. Et pour plusieurs ici, l’Amérique en français, c’est un rêve ! », fait remarquer Michel Robitaille, délégué général du bureau d’immigration du Québec à Paris qui tient chaque semaine des séances d’information par Internet et dans diverses salles parisiennes qui attirent entre 60 et 200 personnes, selon les lieux.

La destination Canada attire particulièrement les jeunes diplômés français. Parmi les pays où ils aimeraient s’expatrier pour travailler, le Canada (30%) arrivent juste derrière les Etats-Unis (40%), révèle le dernier baromètre de l’Humeur des jeunes diplômés publié par Deloitte. Leurs aînés ne les ont pas attendus : au cours des 15 dernières années, ce sont plus de 50.000 Français qui ont immigré au Québec, ce qui en fait le contingent de nouveaux arrivants le plus nombreux. Pour faciliter leur intégration, les employeurs n’hésitent pas à accompagner les candidats dans leurs démarches afin de trouver un logement, faire des demandes de permis de conduire et d’assurance maladie notamment, sachant que le processus d’immigration engendre des délais de trois à cinq mois. Mais la principale arme de persuasion reste le salaire : les banquiers canadiens sont en effet parmi les mieux payés d’Amérique du Nord d’après l’agence Bloomberg. De quoi donner des ailes à certains, sachant que la prochaine édition des “Journées Québec” aura lieu fin novembre 2013 à Paris.

Crédits photo : Alan Copson / gettyimages

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