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Les CV rêvés des chasseurs parisiens

happy headhunter

On ne va pas se mentir, le marché de l’emploi en finance parisien a affiché par le passé une meilleure santé, à tout le moins. Il n’empêche, l’inadéquation entre les besoins formulés par les recruteurs du secteur et les profils réellement disponibles ou mobiles se fait parfois sentir, si l’on en croit les sept chasseurs parisiens que nous avons interrogés. Voilà quelques-uns des CV que ces responsables de cabinets parisiens rêveraient aujourd’hui de recevoir dans leur boîte mail.   

Domitille Lamouroux, Associée du cabinet Alchimie Conseil 

Les recrutements au sein des activités de capital markets ont beau être en berne, de nombreuses structures – de surcroit les sociétés de taille moyenne (brokers, banques étrangères…) – n’hésitent pas cependant à traiter avec beaucoup de soins les vendeurs « cross-asset ». Domitille Lamouroux adorerait dégoter les CV de « vendeurs seniors capables d’intervenir sur divers marchés/produits, ce qui n’est pas si fréquent en raison de la spécialisation des équipes jusqu’alors au sein des banques ». Le candidat idéal présente en outre un profil « cross-culture », c’est-à-dire « doté d’une bonne connaissance des produits de BFI mais aussi d’AM (asset management), et donc en mesure de faire la liaison entre ces équipes au service du client, affichant ainsi une posture davantage orientée ‘conseil’ que pure ‘vente’ », précise cette chasseuse, qui y voit le reflet  de l’orientation « originate to distribute » des établissements bancaires, manifestement toujours d’actualité.

Pour être parfaitement comblée, Domitille Lamouroux recevrait bien également un  CV de gérant taux avec une compétence ALM (gestion actif-passif) maîtrisant les nouvelles contraintes solvency II pour couvrir le secteur Assurances. Un dernier souhait pour la route ? Un compliance officer spécialisé dans la banque privée pour savoir répondre à l’évolution de la réglementation (offshore/onshore).

Jean-François Monteil, Managing Partner de Transearch International

La gestion française se cherche et pour répondre à ses besoins de diversification, elle a besoin de gérants positionnés sur des classes d’actifs dites « originales », selon Jean-François Monteil. Concrètement, « le marché recherche de bons gérants actions sur le marché international en particulier sur les marchés américains, qui reprennent du souffle. Un profil trop rare », déplore ce chasseur. Et de mentionner également « les  gérants crédit, et les gérants spécialisés sur les actifs immobiliers français et des marchés européens connexes, qui sachent vendre ».

Jean-François Monteil ne dédaignerait pas non plus recevoir des CV de banquiers privés « new wave ». Entendez des banquiers privés tout-terrain (offshore-onshore) capable de réinventer le métier dans un contexte réglementaire en mutation tout en étant parfaitement au fait des problématiques corporate. Enfin, si ce managing partner recevait des bons CV de RH spécialisés sur le Talent Developement ou les Compensation Benefits dotés d’une expérience à l’international, il saurait assurément quoi en faire.

Odile Couvert, co-fondatrice du cabinet Amadeo Executive Search

Le marché de l’assurance et de la réassurance continue de présenter de belles opportunités. Pour Odile Couvert, « c’est particulièrement vrai pour les experts de l’assurance spécialisée en ALM, ou sur les cat bonds ou sur les sujets de Solvency II et d’ILS (insurance linked securities), à la croisée des marchés de capitaux et de l’assurance ». Autant d’expertises sur un CV qui feront tiquer la chasseuse. En outre, le marché est toujours en manque de profils d’actuaires avec au minimum 5 à 7 ans d’expérience, « idéalement dans l’une des grandes compagnies d’assurance françaises ou européennes », rappelle Odile Couvert. Le CV d’actuaires que tous les recruteurs se disputent est celui d’un « professionnel qui en plus de démontrer une solide expertise technique, notamment sur les problématiques ALM, justifie d’un bon sens de la communication (expérience d’échanges avec les clients, notamment étrangers) », précise cette chasseuse de têtes.

Autres profils traqués par le cabinet Amadeo, cette fois dans la gestion : les gérants de taux spécialisés sur les marchés émergents et les spécialistes Marketing et RFP

Arnaud de Courson, CEO d’Alveol Partners

Dans les secteurs de la banque privée comme de la gestion classique, les établissements sont plus que jamais à la recherche de capitaux et donc de bons vendeurs, assure Arnaud de Courson. Dans le premier secteur, cette demande se traduit par un « attrait invariable pour les commerciaux dotés d’une approche patrimoniale haut de gamme alors que les asset managers recherchent des responsables des ventes surtout capables d’attirer une clientèle institutionnelle étrangère (notamment nordiques et allemands, qui ont d’importants besoins de gestion) et capables de s’ouvrir aux marchés étrangers », précise le fondateur d’Alveol Partners.

Eric Singer,  Associé fondateur du cabinet Singer & Hamilton

En banque privée comme en asset management, les mêmes besoins créent les mêmes attentes… Eric Singer précise toutefois pour la banque privée que les commerciaux présentent un CV véritablement intéressant à partir du moment où ils sont capables de collecter plus de 30 millions d’actifs nets par an. Quant aux commerciaux institutionnels (grands comptes) en gestion d’actifs, il leur faut démontrer une capacité à collecter 500 millions d’actifs net par an, toutes classes d’actifs confondues. Toujours dans ce secteur, Eric Singer affiche, lui aussi, un vif intérêt pour les profils de gérants seniors (equity et taux) spécialisés sur les marchés émergents.

Sans transition, les CV de patrons Informatique capables de mener à bien l’automatisation de plateformes de trading de produits de flux sont particulièrement prisés par le cabinet Singer & Hamilton.

Quelle que soit l’activité, et au-delà des expertises, Eric Singer assure que « les acteurs de l’industrie financière cherchent désormais avant tout des leaders créatifs et charismatiques qui savent générer de nouveaux revenus (avec tels produits, sur tels marchés, avec telle équipe) que des “cost killers”, bref des spécialistes de leur secteur – dotés d’un profil international – avec une vrai vision de leur métier sur les prochaines années », explique-t-il.

Jérôme Jouanneau-Courville, associé du cabinet Norman Alex

Le cœur de métier du cabinet Norman Alex fondé à Monaco est la banque privée. Pas étonnant donc que Jérôme Jouanneau-Courville, aujourd’hui entre Genève et Paris, évoque, avec envie, le « CV d’un banquier senior doté d’un bon book (250 à 300 millions d’euros) ayant travailler idéalement chez deux pure players du secteur et capables de collecter en sus 20 à 30 millions d’euros par an ».

Selon le cabinet, le marché de la gestion traditionnelle affiche toujours un appétit certain pour les risk managers et compliance officers « tout-terrain »Si les grands établissements financiers à Paris ont globalement fait le plein, les demandes pour ce type de profils demeurent importantes de la part des petites structures de gestion en développement et des cabinets de conseil sollicités pour développer ce type d’expertises en tant que prestataires, explique Pierre Tissot du cabinet Norman Alex. « Le candidat idéal est un professionnel expérimenté mais surtout polyvalent, capable de mener de front le contrôle des risques, échanger avec les régulateurs français et étrangers tout autant qu’avec les clients auprès desquels il saura vulgariser les aspects très techniques des dossiers », précise ce consultant, pour qui une expérience de travail au ou avec le Luxembourg présente un plus indéniable.

Etienne Maillard, fondateur et associé de Themis Executive Search

Point d’euphorie du côté de la banque d’affaires. Cependant, « il y a un vrai intérêt à Paris pour les très bons analystes senior ou junior associates voire des junior VP, qui ont travaillé sur un bon nombre de transactions, en particulier dans les secteurs Telecom et Energies. Le candidat idéal est passé par une banque tier 1 (Goldman Sachs, JPMogan, Morgan Stanley, Deutsche Bank, BoAML, Citi, Lazard, Rothschild) », précise Etienne Maillard.

Ce chasseur ne bouderait pas non plus au « plaisir » de recevoir le CV d’un patron de BFI et/ou d’un MD qui parle aux CEO et CFO du CAC 40 et SBF 120.

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