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Ernst Wilhelm Contzen (ABBL) : Il faudra réduire les coûts

L’union fait la force, voilà comment Ernst Wilhelm Contzen, nouveau président de l’Association des Banques et Banquiers, Luxembourg (ABBL), a débuté son discours lors de la traditionnelle conférence d’été de l’association qui s’est tenue vendredi 30 juillet. Une démonstration de force pour mieux faire passer la pilule des sujets sensibles voire polémiques.

Fort de ses 26.370 employés, le secteur bancaire est le plus important secteur au Luxembourg, a-t-il commencé. Notre voix doit être entendue en ce qui concerne les discussions relatives aux importantes décisions à prendre au Luxembourg telles que la tripartite, les coûts sociaux, les taxes et la régulation .

Faire entendre la voix du secteur

Concernant les défis auxquelles font face les acteurs du Private Banking, qui emploient plus de 10.300 personnes, le président de l’ABBL a été ferme:le secret bancaire, tel que la place financière l’a connu jusqu’ici a bel et bien vécu. En revanche, il s’est fermement opposé à l’introduction d’un échange automatique de données entre administrations fiscales.

Après de nombreuses réunions, discussions et autres brainstormings , Ernst Wilhelm Contzen, qui prenait la parole en public pour la première depuis son élection, n’a pas toujours caressé son audience dans le sens du poil. Il a aussi joué carte sur table: En ces temps difficiles, où la compétition dicte les prix, nous ne pouvons pas nous permettre de continuer comme nous l’avons fait dans le passé. C’est seulement en réduisant les coûts que l’on peut survivre et seulement avec un niveau de taxes modéré que l’on peut attirer de nouveaux clients et créer de nouveaux emplois, a-t-il insisté.

Les coûts non-maîtrisés

Les frais de gestion de l’ensemble des banques basées au Luxembourg, incluant les rémunérations des collaborateurs, sont passés de 3.6 milliards d’euros à 4.4 milliards d’euros entre 2001 et 2009, selon une récente étude de l’ABBL. Sur la même période, crise oblige, les bénéfices ont baissé, passant de 2,9 à 2,7 milliards d’euros.

La problématique est particulièrement aigüe pour le secteur de la banque privée, comme nous l’avions récemment indiqué. Le ratio coûts / revenus y atteint aujourd’hui des sommets, passant de 63% à 75% en l’espace de 5 ans.

De tels propos ont trouvé un certain écho auprès du Premier ministre Jean-Claude Juncker, qui est revenu hier sur l’indexation automatique des salaires, un des principaux points de discorde lors de la tripartite. Il est pour la sauvegarde de l’indexation, mais pas sous sa forme actuelle. Pour lui, le développement des salaires devrait d’ailleurs être plus adapté au niveau européen. De 1999 à 2010, les augmentations de salaire sont de 12,4% en Allemagne, de 34,3% en Belgique, de 34,4% en France. Au Luxembourg, elle est de 41,7%. Presque neuf fois plus que l’inflation pendant cette même période, a critiqué M. Juncker, qui estime que cela pose un problème pour la compétitivité de nos entreprises.

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