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Transformations dans les banques françaises : vous n’avez encore rien vu !

refondation

Si les banques françaises sont bien au rendez-vous des exigences réglementaires exigées par Bâle III grâce au renforcement de leur bilan, il leur reste encore de gros travaux à réaliser pour réussir leur mutation industrielle, suggère une étude du cabinet Roland Berger intitulée “Performance et enjeux des grandes banques françaises”, publiée hier.  

Il leur faut « maintenant réussir la réinvention des business models pour reconstruire leur rentabilité structurelle », résume Fabrice Asvazadourian, codirecteur chez Roland Berger de l’activité de conseil aux services financiers au niveau mondial et co-auteur de l’étude, cité dans Les Echos. La rentabilité des établissements français a dégringolé de 17% en 2007 à 2,4% fin 2012. Un niveau « entre 9 % et 11 % est accessible », juge cet expert.

Les réductions de coûts dans les BFI ne suffisent plus

Pour cela, les programmes de réductions déjà mis en place, qui « tardent à porter leur fruits » ne suffiront pas, insistent les auteurs de l’étude. Malgré les efforts réalisés, les quatre acteurs français de la banque d’investissement et de financement – BNPP CIB, CGCIB, CACIB et Natixis – ont vu leur charges baisser de seulement 9% entre 2010 et 2012 contre une diminution de 23% de leur PNB au cours de cette période.

Autre mauvaise nouvelle, les BFI françaises semblent avoir un train de retard sur beaucoup de leurs consœurs. Elles ont notamment moins bien profité du rebond des activités de marchés l’an passé que la moyenne des grandes banques globales, comme l’indique le tableau ci-dessous.

PNB des activités de Marché des principales banques universelles, 2012 [Mds€]

PNB des activités de Marché des principales banques universelles, 2012 [Mds€] Source: Roland Berger

Société Générale fait toutefois exception à ce tableau plutôt déprimant, comme le confirme le graphique ci-dessous. SGCIB est la seule à voir son résultat opérationnel progresser entre 2011 et 2012 tout en parvenant à réduire fortement son ratio cost/income (plus de 10 points de baisse en un an).

Source: Roland Berger

Source: Roland Berger

Les BFI françaises devront « concrétiser la montée en puissance » de la stratégie “Originate to Distribute”, selon l’étude. Celle-ci implique un rapprochement des activités de financement et des activités de banque d’investissement, mais n’est pas toujours clairement défini. BNP Paribas avait indiqué lors de ces derniers résultats que l’intensification de cette démarche se traduirait notamment par le développement des canaux de distribution (fonds de dettes), pour lesquelles la banque pourrait avoir à recruter.

Deuxième grand défi : le repositionnement sur les métiers de marchés de capitaux. Pour Pierre Reboul, associé senior, responsable de l’activité de banque de financement et d’investissement (BFI), cela signifie que les BFI françaises devront se concentrer sur les activités où elles ont une vraie valeur ajoutée, et prendre le risque de sous-traiter certaines activités. A l’instar de ce que SocGen est en train de mettre en place pour ces back-office titres en collaboration avec Accenture.

Définir de nouveaux business models

Il reste donc aux banques françaises fort à faire pour reconstruire une rentabilité structurelle dans la BFI tout comme dans les autres activités bancaires (en tête la banque de détail). D’après l’étude, les groupes bancaires français dans leur ensemble ne seraient qu’à mi-chemin en matière de redéfinition de leur business model, qui sache véritablement prendre en compte le nouvel environnement économique et sectoriel. Elles auraient également parcouru seulement un tiers du chemin vers une amélioration structurelle des coûts allant au-delà des plans d’adaptation et des tours de vis budgétaire.

Mi-février, Société Générale avait dévoilé une nouvelle phase son plan Ambition SG 2015 alors que Credit Agricole avait annoncé le 20 février dernier un nouveau plan d’économies baptisé « MUST ». Natixis devrait, quant à elle, annoncer un nouveau plan stratégique à la rentrée de septembre. BNP Paribas a également promis de détailler au cours de cette année son nouveau grand plan de développement sur 2014-2016 intitulé “Simple & Efficient“.

En guise de conclusion, cette phrase tirée du rapport de Roland Berger : “Les acteurs “moyens” restructurent /simplifient leurs opérations tandis que les leaders en profitent pour se réinventer”. 2013 et 2014 seront des années cruciales pour déterminer dans laquelle de ces cases les différents acteurs français se verront classés.

 

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