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Isabelle Seillier (JPMorgan), cette banquière senior qui voulait « être pompier ou pilote »

Isabelle Seillier

À l’occasion de la journée internationale de la femme, nous avons voulu laisser la parole à Isabelle Seillier, l’une des françaises les plus en vue dans le secteur bancaire. Présidente de J.P. Morgan pour la France depuis 2008, cette banquière d’affaires vient d’être nommée responsable de l’ensemble des activités Investment Banking pour les institutions financières pour la région EMEA à Londres. Elle nous parle de ce nouveau challenge, de celui d’être une femme, mère de famille, dans un environnement pas très « women friendly », mais aussi du rôle des mentors dans sa carrière. Elle nous donne son avis sur les quotas dans les conseils d’administration et des (autres) carrières qu’elles auraient pu embrasser…

Comment se passe votre nouvelle vie et votre nouveau poste  à Londres ?

Je suis venue ici avec ma famille. Ce déménagement nous a donc donné l’occasion de découvrir et d’explorer les rues de Londres ensemble. Nous visitons les sites touristiques et les nombreux musées. J’ai passé 19 ans à JPMorgan en France et être maintenant au sein du siège de la banque pour la région EMEA est une expérience passionnante. J’ai développé de solides relations avec les entreprises, les institutions financières, le gouvernement et les régulateurs en France et je suis vraiment enthousiaste de pouvoir approfondir mon expertise et élargir mon expérience ici au Royaume-Uni, et plus largement sur l’ensemble de la région EMEA.

Etre une femme dans la banque d’investissement est-il un avantage ou un inconvénient ?

Il y a certainement une meilleure compréhension dans notre secteur aujourd’hui des questions liées à la parité homme-femme et une meilleure prise en compte de la gestion de l’emploi du temps des collaboratrices mères de famille, ne serait-ce que par rapport à il y a quelques années. Il est important d’avoir des femmes dans les postes de direction. La clé est de travailler dur, être une professionnelle compétence et prendre du plaisir à construire sa carrière. Il est difficile de mener de front vie de famille et carrière professionnelle, mais beaucoup de femmes y parviennent au quotidien.

Que diriez-vous aux femmes qui souhaitent réussir dans le secteur de la banque d’investissement ?

Le conseil que je donnerais à tous ceux qui envisagent une carrière en banque – indépendamment du fait d’être une femme ou un homme – est qu’il n’existe pas de baguette magique pour arriver jusqu’au top. Cette ambition implique un emploi du temps chargé, la nécessité de travailler en équipe, de faire confiance, de se montrer intègre et de s’assurer aussi du soutien de sa famille. Je crois également qu’il faut savoir s’inspirer de professionnels – encore une fois, des femmes comme des hommes – qui ont su précisément réussir leur carrière professionnelle, tout en ayant une solide vie de famille.

Quels ont été vos mentors et comment vous ont-ils aidée ?

Avant de rejoindre JP Morgan, j’ai travaillé à la Société Générale, où un collaborateur m’a guidé par ses conseils, puis d’un couple de collaborateurs rencontré ensuite chez JPMorgan. De manière générale, les meilleurs mentors sont des collègues ou des managers qui dans le travail vous stimulent, vous apportent à la fois l’énergie, le soutien et les conseils pour vous faire progresser, tout en vous traitant avec respect. Certains de mes clients ont également rempli ce rôle au fil des ans. En tant que banquier, vous devenez un conseiller de confiance, en passant beaucoup de temps avec eux. Vous apprenez à les connaître, et au-delà des relations de business, vous tissez des liens personnels. Ceci offre l’opportunité d’apprendre à la fois sur le terrain professionnel mais aussi de vous aider à grandir en tant que personne.

Qu’avez-vous pensé de la proposition de l’Union Européenne d’imposer des quotas de femmes dans les conseils d’administration ?

Les quotas peuvent potentiellement faire plus de mal que de bien. Je siège à deux conseils d’administration [ndlr : Danone, Club Méditerranée] et je pense que la question essentielle est d’avoir les bonnes personnes et les bonnes compétences. Cela dit, fixer une sorte d’objectif peut aider à susciter des changements en faveur d’une meilleure représentativité des femmes dans ces instances.

En matière de parité, quelles sont les mesures qui vous apparaissent les plus utiles ou efficaces ?

L’industrie s’est améliorée dans ce domaine. A titre d’exemple, nous organisons au sein de JPMorgan un évènement intitulé “Winning Women” dans le cadre des programmes de présentation réalisés en amont des stages. Objectif ? Démystifier la banque d’investissement et encourager les étudiantes à réfléchir à une carrière dans notre établissement. Ces évènements donnent aux étudiantes un aperçu des vastes possibilités de carrière dans la banque d’investissement et l’occasion de rencontrer des employées dont la carrière est susceptible de les inspirer.  Nous avons également des évènements “Winning Women” dédiés à des secteurs particuliers (Technology, Finance, Operations et Business Services). Ils comprennent des séances de networking, des groupes de travail, des sessions de renforcement des compétences. Il s’agit de donner à des candidates potentielles un aperçu des métiers dans lesquels les femmes ne sont pas nécessairement bien représentées.

Si vous n’aviez pas été banquière, quel(s) autre(s) métier(s) vous aurai(en)t tentée ?

C’est une question difficile ! Quand j’étais jeune, je voulais être pompier ou pilote. Ces carrières me semblaient très excitantes et ma règle personnelle est de faire des choses que vous aimez !

  • PARCOURS : Isabelle Seillier est diplômée de l’IEP de Paris et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires. Elle a débuté sa carrière dans la division options de la SocGen à Paris en 1987, avant de rejoindre J.P. Morgan en 1993 en qualité de responsable de l’équipe de vente de produits dérivés en France pour les groupes industriels. En 1997, elle poursuit sa carrière dans l’activité banque d’affaires, qu’elle dirige à partir de 2005. Trois ans plus tard, elle devient en outre Présidente de J.P. Morgan pour la France. En janvier 2013, elle est mutée à Londres pour diriger les activités Investment Banking pour les institutions financières dans la région EMEA.

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