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Pourquoi Solvency II est une bonne nouvelle pour les professionnels de l’assurance

Supposée s’appliquer dans l’ensemble de l’Union Européenne le 1er janvier 2013, la directive Solvency II vise à augmenter la capacité de résistance des assureurs en renforçant leurs capitaux par rapport à leur exposition aux risques.

À 26 mois de l’échéance, une compagnie d’assurance sur deux en Europe n’aurait toujours pas commencé à se préparer, souligne une étude réalisée par PricewaterhouseCoopers. Nous constatons une certaine sérénité de la part des assureurs pour la mise en ceuvre des projets Solvabilité II, observe Éric Dupont, responsable assurance et services financiers chez PwC. Le faible niveau de préparation et le retard prévu sont toutefois préoccupants .

Et les assurances qui, comme Groupama, ont publiquement plaidé pour un recul de la date butoir, comme elles l’avaient fait pour Bâle III, risquent d’être déçues. En l’état actuel des choses, il n’y aura aucun report à l’introduction de Solvabilité II. Si vous n’êtes pas prêt en 2013, comment pourriez-vous l’être en 2014 ? , s’interroge Carlos Montalvo, secrétaire général du Comité européen des superviseurs d’assurance (Les Échos, abonnement).

Des emplois à pourvoir dans différents secteurs

En attendant, Solvency II sera sans conteste une aubaine en terme d’emplois. Ceci peut conduire à des réorganisations internes des sociétés d’assurance et avoir des conséquences en matière de recrutement avec des investissements informatiques et humains importants afin de collecter, vérifier, corriger, traiter et archiver les données techniques et financières , explique Sophie Maillot, consultante spécialisée assurance chez Michael Page.

D’autant plus qu’en terme de ressources humaines, les assureurs européens prévoient de consacrer dix personnes en moyenne à temps plein sur le projet. Certaines sociétés mobilisent des salariés à temps plein et peuvent passer par des recrutements, ce qui apparaît comme le plus efficace, tandis que d’autres attribuent un pourcentage du temps de travail de leurs équipes au projet , indique Éric Dupont, associé responsable du secteur de l’assurance chez PwC.


Voici la liste des activités où les professionnels Solvency II sont actuellement les bienvenus

Risk Management

L’un des principaux défis identifiés est l’ORSA (Own Risk and Solvency Assessement) : l’entreprise doit être en mesure, y compris dans une logique de long terme, d’identifier, de mesurer, de gérer et de faire le reporting de ses risques, et d’en vérifier l’adéquation avec le niveau de capital.

Il y a urgence. Les assureurs doivent recruter des techniciens du risque, de façon à absorber les projets liés à Solvency II , explique Carole Jean-Baptiste, responsable banque et assurance chez Michael Page Executive Search (Le Figaro).

Actuariat

Les actuaires “classiques” sont recrutés sur un rythme soutenu, et les nouvelles recherches s’orientent sur des profils d’actuariat financier plus proches des profils recrutés par les banques , poursuit Carole Jean-Baptiste.

Le travail d’un actuaire implique notamment la quantification de la valeur que représente à une date donnée une somme d’argent ou un engagement financier futur , précise Fabrice Sauvignon, président de l’Institut des actuaires (Pro News Assurances). Leur conseil sur la gestion d’actifs ou les investissements seront donc précieux au regard des nouvelles normes.

IT

Les systèmes d’information au sens large (y compris l’amélioration de la qualité des données), constituent le premier poste de coût, représentant en moyenne 40 % du budget en France, sachant que le budget moyen s’élève à 8 millions d’euros par compagnie. Reprogrammer logiciels pour qu’ils soient compatibles, les traduire en cahiers des charges : les systèmes informatiques sont impactés à tous les niveaux.

La demande porte surtout sur des profils confirmés en programmation, maîtrise d’ouvrage ou maîtrise d’ceuvre (MOA/MOE) avec une expérience de Bâle II et une mobilité géographique, car de nombreux postes sont à pourvoir en province, essentiellement dans la région Nord et Bretagne, explique Alexandre Bonin, directeur associé du cabinet conseil en recrutement Alternative Search, spécialisé dans la Finance IT. Solvency II peut constituer une réelle opportunité d’évolution professionnelle pour des ingénieurs en développement désireux de se rapprocher des opérationnels et évoluer vers des postes d’encadrement dans la maîtrise d’ouvrage par exemple .

Juridique / Compliance

Les textes juridiques formaliseront les nouvelles règles et nouveaux ratios de solvabilité. Encore faut-il savoir décrypter correctement les documents juridiques sous peine de donner des préconisations erronées. D’où la nécessité d’avoir, outre de bonnes connaissances juridiques, un excellent niveau d’anglais car les documentations sont souvent rédigées dans la langue de Shakespeare , commente Alexandre Bonin.

Conseil

Dans le sillage des compagnies d’assurance, des cabinets conseils créent des filiales spécialisées, chargées d’intervenir en amont du processus de la mise en ceuvre de la directive, avant que les équipes de développement IT ou que les éditeurs de solutions logicielles et autres SSII ne prennent le relais. De nombreux cabinets conseils sont sur le pied de guerre, à l’image du cabinet Equinox Consulting qui vient de créer une filiale dédiée à la mise en ceuvre de la réglementation Solvabilité II dans le secteur de l’assurance et se donne pour ambition le recrutement d’une trentaine de consultants d’ici à fin 2011.

Les gros cabinets ne sont pas en reste : Accenture recherche ainsi des profils avec 3 à 6 ans d’expérience en cabinet d’audit, actuariat conseil ou au sein d’une direction technique, finance ou risque chez un assureur de premier plan, afin notamment de mettre en place un cadre de gouvernance complet des risques (risques techniques, juridiques, financiers et opérationnels) dans les entreprises en lien avec les contraintes réglementaires.

Directions financières

Les nouvelles règles de solvabilité applicables aux compagnies d’assurance vont favoriser les fusions-acquisitions, selon une étude réalisée par Morgan Stanley et le cabinet conseil Oliver Wyman. Le rythme de l’évolution stratégique va augmenter spectaculairement et les M&A seront l’un des principaux moyens d’y parvenir , expliquent les auteurs de l’étude, selon laquelle certains petits acteurs du secteur pourraient peiner à respecter ces nouvelles règles, ce qui les obligerait à se vendre à de plus gros concurrents (Le Figaro.fr). Du pain sur la planche donc pour les spécialistes M&A…

commentaires (1)

Comments
  1. “Conseil

    [..] des cabinets conseils créent des filiales spécialisées [..] à l’image du cabinet Equinox Consulting qui vient de créer une filiale dédiée à la mise en ceuvre de la réglementation Solvabilité II dans le secteur de l’assurance”.

    Premièrement, il n’y a qu’un acteur qui a créé une filiale sur le marché français, donc il ne faut pas généraliser !

    Deuxièmement, cette filiale a été créée pour des problèmes d’égo de personnes et de contrôle de la filiale (non partage du pouvoir, maximisation de la rémunération personnelle).

    Troisièmement, cette filiale n’est pas spécialisée dans Solvabilité II, mais dans la prestation de services aux directions comptables et financières.

    Vous devriez un peu creuser vos sources avant de faire des conclusions hâtives !

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