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Et la palme de la place financière la plus “women friendly” est attribuée à…

Ladder climbing is easy in Luxembourg

Ladder climbing is easy in Luxembourg

Le Luxembourg a beaucoup d’atouts à faire valoir, en particulier auprès des femmes. En effet, c’est le seul pays à pouvoir afficher pour la première fois un salaire médian pour les femmes supérieur à celui des hommes, s’il on en croit la dernière étude sur les salaires publiée par le STATEC, l’institut national de statistiques. 

Les femmes nombreuses dans les secteurs fortement rémunérateurs comme l’industrie financière

Le salaire médian des hommes ayant travaillé à temps plein en 2010 est avec 44.224 euros de 3% inférieur à celui des femmes, 45.767 euros. « Cet avantage salarial s’explique par le fait que les femmes travaillent plutôt dans les secteurs à salaires élevés que les hommes », explique l’étude, qui mentionne les activités financières et d’assurance ainsi que l’enseignement comme les secteurs les plus rémunérateurs au Luxembourg. Ainsi, 26% des femmes salariés travaillent dans ces secteurs contre 15% seulement des hommes.

La plupart des observateurs et des acteurs de la place financière interrogés se montrent néanmoins très prudents quant à l’interprétation de ces chiffres, qui agrègent des données très diverses (secteur public / secteur privé ; mélange de l’ensemble des secteurs d’activités…). Attention donc aux raccourcis : les femmes ne dominent pas pour autant l’industrie financière. Occupant 47% des postes dans les établissements de crédit, elles y sont toutefois particulièrement bien représentées.

L’atout des langues, des diplômes et des compétences

Et les tendances du recrutement dans l’industrie financière luxembourgeoises se montrent prometteuses pour la gente féminine. Le cabinet Robert Walters constate que les femmes sont légèrement majoritaires dans les recrutements. « Parmi les candidats hautement qualifiés que la place financière recherche aujourd’hui que ce soit dans la compliance ou le risk managment, les femmes ont tendance à être plus nombreuses car plus diplômées que leurs collègues masculins, et à maîtriser également plus souvent plusieurs langues. Deux atouts très précieux qui tirent également leur rémunération vers le haut  », relève Robert Van Den Oord, responsable de ce cabinet de recrutement pour le Luxembourg, et en charge de la practice Industrie des services financiers. Sur des fonctions particulièrement recherchées, les salaires au Luxembourg peuvent être, selon lui, jusqu’à 20-25% supérieurs à d’autres places financières comme Paris ou Londres.

Outre des salaires attrayants, les femmes en finance semblent également moins souffrir au Grand-Duché qu’ailleurs des discriminations. Pour Sharon March, ex-banquière, fondatrice et directrice du cabinet March Senior Consult, qui conseille les dirigeants d’entreprise en matière de gouvernance, les acteurs de l’industrie financière ont très vite su s’adapter aux évolutions de marché. « La place financière a faim de talents et ne trouve pas toujours autant de professionnels qualifiés qu’elle le souhaiterait. Aussi, elle ne peut se permettre de discriminer les femmes. Nous n’avons pas besoin de convaincre les banques ou les fonds sur ce sujet. Ils sont déjà persuadés des bienfaits de la diversité pour leur business », témoigne cette ancienne banquière, familière de la banque privée et du corporate finance. Preuve de cette ouverture : les salariés étrangers sont trois fois plus nombreux que les Luxembourgeois dans les banques du Grand-Duché.

L’association des banques et banquiers Luxembourg a d’ailleurs mis en place une charte en faveur de la diversité et de l’égalité des chances professionnelles, une initiative rare à l’échelle de tout un secteur. Le principe de l’égalité des chances professionnelles est également inscrit dans la convention collective depuis 2001.

Nécessité fait loi

Jean-François Marlière, fondateur et partner du cabinet Marlière & Gerstlauer executive search, confirme la vision plutôt pragmatique dont font preuve ici les employeurs : « Luxembourg est un petit marché atypique, qui a beaucoup évolué avec une montée en gamme des fonctions. Les emplois purement de back-office sont désormais sous-traités en Europe de l’Est ou en Inde. Or la recherche de compétences très spécialisées s’avère compliquée ». Nécessité faisant loi, les employeurs s’ouvrent à un maximum de profils, indifféremment du sexe ou de la nationalité du candidat. Il est aussi plus fréquent pour cet ancien consultant de Korn Ferry de voir aujourd’hui ses clients prioriser, à compétences égales, les profils féminins, « peut-être plus que sur d’autres marchés ».

Si Sharon March a précédemment évolué dans des environnements bancaires très masculins, elle assure pourtant qu’être une femme n’a jamais été un obstacle. « Le Luxembourg est porteur d’espoir pour les femmes en ceci que seules les compétences comptent, peu importe votre sexe ! », explique Sharon March, également membre du conseil de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise (FFCEL), une des nombreuses associations luxembourgeoises qui militent en faveur de l’accession des femmes à des fonctions dirigeantes.

Encore des efforts à faire

Car dans ce domaine, il reste encore à faire. « Le secteur bancaire recrute à part quasi égale hommes et femmes, mais ces dernières ne font toujours pas les mêmes carrières que les hommes », témoigne Danielle Haustgen, conseillère juridique au sein de l’Association des Banques et Banquiers du Luxembourg (ABBL). Les femmes représentent à peine plus d’un quart (27%) des dirigeants des établissements de crédit, selon la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF). Tendance encourageante, ce chiffre est en constante hausse, il était de 15% en 1996.

Comme partout ailleurs, les congés maternité et à la garde des enfants constitue un frein dans l’avancement de carrière des femmes. Pour répondre à ce défi, le Luxembourg propose, entre autres, une offre croissante de structures d’accueil pour les enfants. Par exemple, depuis leur création en 2005, les maisons relais pour l’accueil périscolaire ont plus que doublé leurs places (soit près de 19.000 places aujourd’hui).

Adela Baho, responsable des risques financiers au sein de l’EFA (European Fund Administration), également en charge du développement des carrières au sein de l’Institut CFA Luxembourg sait à quel point les femmes doivent continuer à se battre pour faire leur place sur le marché du travail. « Les femmes sont ici prêtes à s’investir pour acquérir plus de connaissances que les hommes, justement parce qu’elles savent qu’elles ne peuvent compter que sur leurs compétences techniques et rien d’autre. Les réseaux professionnels masculins dans le monde de la finance sont beaucoup plus présents et efficaces, y compris au Luxembourg », témoigne-t-elle.

Pléthore d’initiatives

Aussi on ne s’étonnera pas de constater que les femmes demeurent en outre largement minoritaires dans les conseils d’administration des établissements de crédit basés au Grand-Duché (à peine 16% en moyenne, selon l’ABBL). Les débats animés depuis presque deux ans sur la possible mise en place de quotas dans ce domaine ne semblent pas déboucher sur une solution réglementaire. Le ministère de l’Égalité des Chances luxembourgeois – un temps appelé Ministère de la promotion féminine – a préféré miser entre temps sur le partage d’informations et sur la sensibilisation avec le lancement en 2011 du réseau DivBiz –Diversity in Business.

Au-delà, le volontarisme de la ministre Madame Hetto-Gaasch s’est également traduit au travers le réseau des “Actions positives“, qui consiste à subventionner des entreprises dans la mise en œuvre de d’actions promouvant l’égalité des femmes et des hommes dans leur organisation. Les acteurs de la place financière y font bonne figure avec des bénéficiaires comme BGL BNP Paribas, ING, Deutsche Bank, Deloitte et KPMG.

Côté salaires, le Luxembourg est plutôt considéré comme un « bon » élève en Europe : l’écart salarial entre hommes et femmes s’est réduit considérablement en quelques années, passant de 26% en 2001 à 10% en 2009, en comparaison avec une moyenne actuelle de 18% en Europe. Cependant, ce score cache de fortes disparités entre secteurs. « L’intermédiation financière enregistrent les scores les plus défavorables. Dans ce dernier, l’écart moyen est de 24% malgré le fait que les femmes y soient les femmes les mieux rémunérées de tous les secteurs », relève la dernière grande étude publique sur le sujet.

À nouveau sur cette question, le gouvernement luxembourgeois a fait preuve d’initiative en lançant en 2009 un logiciel élaboré par leurs confrères suisses – le Logib – qui permet permettant de détecter les éventuelles discriminations salariales entre employés et employées. Selon une récente enquête de l’ABBL, 30% des banques interrogées avaient déjà recours à ce logiciel. Et Danielle Haustgen de l’ABBL de nous confier : « À fonction et compétences égales, les établissements utilisant le Logib disent ne pas constater de discrimination salariale à l’encontre des femmes. »

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