☰ Menu eFinancialCareers

Face à la crise, les financiers plus imaginatifs que jamais pour se reconvertir

Alors que certains analystes prédisent d’ores et déjà que 2013  ne sera pas un bon cru en matière d’emploi dans la banque d’investissement, grande est la tentation pour certains banquiers d’aller voir ailleurs si le ciel est plus bleu, de façon momentanée voire définitive.

Qui plus est, le phénomène est mondial et n’épargne ni Wall Street ni la City de Londres. « La finance y était jadis considérée comme l’un des secteurs les plus attractifs ; ce n’est plus le cas aujourd’hui », constate Kevin Burrowes, associé chez PwC, dans le cadre d’une étude sur les Financial Services. Charrettes de licenciements, gel des bonus, stress, horaires à rallonge, pression du management  : les raisons de ne pas faire de vieux os dans la banque sont pléthore. Et le poids des années n’arrange rien, si l’on considère que trois quart des analystes M&A quittent  généralement le secteur bancaire au bout de 6 ans de bons et loyaux services. Symbole du malaise : le succès grandissant (pas loin de 100.000 abonnés) rencontré par le site britannique Escape the City créé en 2009 par deux anciens banquiers souhaitant aider les professionnels de la finance à quitter leur job. Les demandes affluent de toutes les grandes banques d’investissement présentes dans le quartier d’affaires londonien (Financial News).

A moins d’avoir amassé suffisamment d’argent pour profiter d’une retraite anticipée, il va donc falloir vous ‘recycler’. Encore faut-il savoir vers quel secteur bifurquer. « Vouloir changer c’est bien, mais savoir ce que l’on souhaite c’est mieux. Et c’est souvent par élimination qu’il convient de procéder. Il y a en effet probablement des fonctions, des organisations ou des secteurs d’activité qui ne vous attirent pas ou plus. Inutile donc de vous entêter, explique Julien Barrois, directeur exécutif au sein de Page Personnel, filiale du groupe Michael Page International. Soyez acteur de votre recherche : souvent dans la vie, les opportunités se provoquent. Dans le cas d’une recherche d’emploi ou d’un changement de voie, c’est particulièrement vrai ».

Si certains décident spontanément de proposer leurs services dans un secteur connexe de la banque d’investissement (audit, corporate finance, hedge funds…), d’autres font le choix d’une reconversion plus radicale, prenant un aller-simple vers l’inconnu. Voici ci-dessous quelques secteurs où on les retrouve. Preuve que la banque mène à peu près à tout…à condition d’en sortir !

1/ Les nouvelles technologies

Depuis plusieurs années, il n’est pas rare de voir des traders trentenaires abandonner la finance pour travailler dans des jeunes pousses technologiques. Cela a été le cas pour Charles Birnbaum qui a quitté Bank of America en 2009 pour devenir directeur du développement international et mobile du réseau social Foursquare. « Ce genre d’expérience est beaucoup plus motivante pour moi que tout l’argent que j’ai pu gagner à Wall Street », explique t-il. Quand il reçoit d’anciens collègues de la finance, les rendez-vous se terminent souvent par une demande d’embauche de leur part. « Ils cherchent des jobs plus intéressants, mais ceux qui restent motivés par l’argent n’ont aucune chance », souligne-t-il (Le Figaro.fr).

2/ L’enseignement

Plus étonnement, certains apprentis traders délaissent la finance pour devenir…. profs. Après leurs études, un nombre croissant d’étudiants de grandes écoles américaines décide de rejoindre directement l’association Teach for America pour enseigner dans les quartiers difficiles pendant deux ans. « Si l’on m’avait dit que je deviendrais prof de maths dans un lycée de Dallas, j’aurais répondu qu’il n’y avait aucune chance, répond Zachary Dearing, tout juste diplômé du MIT et qui affiche sur son CV un passage chez McKinsey et Goldman Sachs (New York Times). Ici, je suis un leader, tous les jours, pendant 46 minutes devant plusieurs groupes d’élèves ».

Le succès de Teach for America n’est pas dû au hasard. L’organisme a profité de la crise de Wall Street tout en calquant son modèle sur ses méthodes impitoyables. « Je voulais créer un société de professeurs qui recruterait aussi agressivement que les compagnies de consulting, management ou les banques d’investissement », a déclaré sa fondatrice Wendy Kopp. Visiblement, madame est servie… Résultat : loin d’être perçue comme une solution de dépit par les employeurs, l’association s’impose désormais comme un véritable ‘passeport de succès’.

3/ Le monde associatif / ONG

Là aussi les exemples de reconversion abondent. Parmi la douzaine de salariés de l’ONG Finance Watch, surnommée le Greenpeace de la finance, on retrouve un ancien d’Euroclear ou un ex-trader de produits dérivés sur le marché des changes. Et son secrétaire général n’est autre que Thierry Philipponnat, ancien responsable des dérivés actions chez Euronext, qui a passé vingt ans dans le secteur financier (Les Echos.fr).

4/ Création d’entreprise / réalisation d’un hobby

« Je connais un ex-directeur dans la banque qui a ouvert des paillotes dans le midi, certains qui ont investi dans l’immobilier ou encore d’autres qui se sont consacrés totalement à leur hobby, souligne pour sa part Eric Singer, dirigeant du cabinet de chasse de têtes Singer & Hamilton (Les Echos.fr). Je n’ai pas vu autant de reconversions au cours des autres crises. Cela montre que même des professionnels chevronnés n’arrivent plus à s’épanouir dans un secteur soumis de plus en plus à la pression ».

Souvent plus facile à dire qu’à faire… Francis Binoche, directeur au sein de Right Management Dirigeant (groupe Manpower), relate dans nos colonnes l’aventure d’un ex-directeur de banque qui a créé une librairie de livres anciens à Paris. « Sa principale difficulté a été de se transformer de chef d’orchestre en homme orchestre : le dirigeant de plusieurs centaine de personnes doit aujourd’hui poster lui-même ses livres et répondre sans distinction à des appels téléphoniques ou des interrogations par emails d’un intérêt intellectuel très inégal ».

commentaires (1)

Comments
  1. En général ceux qui passent par Teach for America n’y restent pas.C’est devenu un truc un peu à la mode de faire dans le “social” mais ils restent avec l’envie, pour la plupart, d’aller vers une boutique plus conforme à leurs études, conseil, finance….

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici