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OPINION « Il faut savoir dire NON à son manager, même en période de crise ! »

Olivier Gélis

Sollicitation de dernière minute pour finaliser le dossier d’un collègue très en retard, tâche à accomplir avec une deadline impossible à tenir, demande impérative pour rester (bien plus) tard que prévu le soir même… Tous les professionnels de retrouvent à devoir gérer ce type de situations, face auxquelles il est toujours difficile de répondre par la négative. C’est d’autant plus vrai que les employeurs de l’industrie financière sont aujourd’hui sous pression pour réduire leurs coûts.

Dans la plupart des métiers et en particulier ceux de la finance on sait tous qu’il est souvent important et apprécié de savoir prendre sur soi. Pour autant, faut-il s’interdire de dire non ? Il importe surtout de ne pas accepter les demandes déraisonnables sans rien dire. Le « non » est parfois nécessaire car même les meilleurs managers ne parviennent pas toujours à savoir quand ils en demandent trop à leurs collaborateurs. Le dialogue doit toujours être de mise, et en prendre l’initiative est aussi une marque de professionnalisme.

Voici trois scénarios concrets, et des conseils pour s’en extirper, en douceur.

Situation n°1 – « J’ai absolument besoin que vous restiez plus tard ce soir. Vous êtes d’accord ?! »

Votre manager vous demande – à nouveau ! – de rallonger votre journée de travail. Bon nombre de collaborateurs savent qu’il leur faudra parfois – pour boucler un projet dans les temps ou plus globalement atteindre leurs objectifs – arriver plus tôt ou partir plus tard, ou bien encore finaliser des dossiers depuis leur domicile. Il faut par ailleurs être conscient, le cas échéant, que beaucoup d’activités, notamment en BFI, sont contraintes aujourd’hui de travailler avec des équipes réduites compte tenu de l’atonie économique et parce qu’elles retardent leurs projets d’embauche.

Néanmoins, si ces demandes deviennent systématiques, la qualité de votre travail peut en pâtir lourdement. Sans oublier le « burn-out », un mal particulièrement ravageur dans l’industrie des services financiers. Aussi, il faut savoir en parler ouvertement, à temps.

Comment ? Prenez soin d’aborder ce sujet avec délicatesse. Et de proposer comme réponse à votre manager : « Je sais que nous faisons tous beaucoup d’heures supplémentaires ces derniers temps. Pourtant, je me dois d’être honnête et de vous dire que je commence à avoir du mal à tenir, si nous devons encore travailler un certain temps à ce rythme. Pouvons-nous trouver ensemble un moyen permettant d’atteindre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle durant cette période ? ». Tout en expliquant qu’un tel objectif atteint permettra de mieux servir vos clients, de travailler plus efficacement avec vos collaborateurs…

Situation n°2 – « Il faut que ce dossier soit bouclé pour…avant-hier ! »

Votre manager demande expressément qu’une mission urgente soit accomplie dans un délai qui s’avère dans les faits (quasi) impossible à tenir. Vous ne voulez pas le décevoir. Vous imaginez : « Peut-être que si je mets mes autres missions en veilleuse, que je manque la réunion de cet après-midi et fais des heures supplémentaires, je pourrai (peut-être) tenir le délai…» Accepter, une nouvelle fois, sans rien opposer, c’est risqué de décevoir in fine votre manager, qui ne comprendra pas nécessairement pourquoi, ayant accepté la mission, vous ne soyez en mesure de l’honorer.

La solution est peut-être de lui dire : « Je suis ravi(e) de travailler sur ce projet, mais le délai fixé m’inquiète. Serait-il possible de le repousser ? » Expliquez alors pourquoi vous pensez que cette échéance risque de poser problème, car la tâche nécessite par exemple plus de temps passé qu’il ne semble à première vue. Dans l’idéal, ce type de discussion franche pourra amener votre supérieur à réfléchir sur la façon dont il pourrait repousser (légèrement) le délai fixé et/ou vous faire travailler en équipe avec un autre collègue.

Situation n°3 – « J’ai à nouveau besoin de vous, pour boucler un dossier à la place de votre collègue qui ne s’en sort pas ! »

Comment réagir face à un manager qui a tendance à solliciter l’un de ses collaborateurs en particulier – et de préférence – dès qu’un souci survient ? Si ce mode de requête quasi-automatique est un signe de confiance, il est aussi générateur d’embarras et de difficultés. Etre sollicité de la sorte est une marque d’appréciation et rendre ce ‘service’ à votre manager, le cas échéant, est une très bonne chose.

Encore une fois, tout est question de dosage. Si ce genre de situation se répète au point d’interférer sur vos missions habituelles, il faut alors commencer à envisager de dire non et surtout d’en discuter. Evitez toutefois d’opposer à votre manager un non définitif, car un refus en pleine crise a pour effet certain de nuire à votre image.

Acceptez plutôt d’apporter votre aide et préparez le terrain pour éviter d’assumer ce genre de ‘sauvetage’ à l’avenir : « bien sûr, je vais vous aider. Mais comme vous le savez, j’ai dû fréquemment rattraper les erreurs d’autres personnes récemment et cela affecte mon propre travail. Quand ce projet sera terminé, pourrons-nous discuter de la façon de mieux gérer ce type de demandes à l’avenir ? ».

Olivier Gélis est Directeur Général de Robert Half International France.

commentaires (2)

Comments
  1. De bons conseils pour se faire virer tout ça..

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