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Les détenteurs de MBA ne se bousculent plus vers la banque d’investissement

Hands.up

La lune de miel entre les titulaires d’un MBA et la banque d’investissement serait-elle consommée ? La perspective d’un job très rémunérateur avec de nombreuses opportunités d’évolution de carrière n’était pas sans risques (recrutements cycliques, licenciements rapides) mais ces risques, auxquels il convient d’ajouter le déficit d’image lié à la dernière crise, suffisent aujourd’hui à détourner certains étudiants du secteur. « La banque d’investissement a perdu de son attrait vis à vis de la promotion actuelle de MBA, reconnaît Eileen Devine, relationship manager à la Cass Business School. Certaines banques ont revu à la baisse leurs plans de recrutement, la probabilité de toucher un bonus a diminué et la sécurité de l’emploi n’est plus ce qu’elle était ».

Le recrutement de MBA au sein des banques d’investissement ne s’est pas pour autant effondré comme ce fut le cas en 2001-2003 où, dans le sillage de l’explosion de la bulle Internet, des banques comme Goldman Sachs et Morgan Stanley avaient réduit les recrutements de MBA de près de 80%. « Cet été, nous avons constaté une baisse relativement faible du nombre total de MBA recrutés par les banques d’investissement qui demeurent les plus gros employeurs du secteur financier », note Lara Berkowitz, responsable des relations employeurs à la London Business School. Ainsi, l’an dernier, 14% des MBA de la LBS se sont retrouvés en banque d’investissement – soit la plus grande proportion de ceux qui s’orientent vers la finance – suivie par le private equity (7%) et la gestion d’actifs (6%). À la Columbia Business School, traditionnelle pourvoyeuse de talents à Wall Street, environ 27% de la promotion 2011 s’est retrouvée en banque d’investissement, soit même une légère augmentation par rapport à 2010 où ils étaient 26,2%.

Mais toutes les statistiques ne sont pas aussi flatteuses. A l’INSEAD, l’employeur le plus important du secteur financier a été le private equity (17%), tandis que la Financial Services Authority a été le plus gros recruteur de l’industrie chez Oxford Saïd. À Wharton, le private equity (10,3%) et la gestion d’actifs (10,4%) ont offert la plus grande proportion de stages en finance. Enfin, parmi les banques d’investissement interrogées dans la GMAC Corporate Recruters Survey 2012, seulement 21% d’entre elles indiquent avoir embauché des MBA en Europe (elles sont 18% à l’avoir fait aux États-Unis et 27% en Asie-Pacifique).

Des recrutements en berne et donc des postes facilement pourvus

A les entendre, les banques d’investissement sont pourtant toujours aussi désireuses d’embaucher des MBA. Morgan Stanley, par exemple, a prévu d’en embaucher 35 cette année dans la zone EMEA, un chiffre similaire à 2011 et 2010. « Les MBA apportent sur la table un kit différent de valeurs, de perspectives et d’idées et sont généralement plus à même d’avoir un impact immédiat. Sans oublier leur détermination, leur implication, leur motivation et leur comportement », indique Stephanie Ahrens, en charge du recrutement des jeunes diplômés pour la zone EMEA chez Morgan Stanley.

Alors que les rumeurs se multiplient à propos de la réduction du nombre de MBA recrutés par les banques d’investissements en Europe cette année, toutes les entreprises que nous avons contactées ont insisté sur le fait que les chiffres étaient restés conformes à ceux des dernières années. « Si nous limitons le pipeline de recrutements MBA lorsque les conditions de marché sont difficiles, cela peut engendrer un déficit de talent dans les années à venir, d’où la nécessité de maintenir un niveau constant, explique Faye Woodhead, responsable du recrutement des jeunes diplômés pour la zone EMEA (hors Allemagne) à la Deutsche Bank. Cette année, alors que le nombre de candidatures a légèrement baissé, nous avons facilement pu remplir nos quotas. De plus, la qualité des candidatures demeure plus robuste que jamais, ce qui veut dire que les étudiants qui postulent sont des passionnés de la banque d’investissement ».

Le marché du travail plus compétitif que jamais

L’enquête européenne sur les MBA réalisée par le cabinet Universum montre que l’attrait des banques d’investissement s’estompe. Seule Goldman Sachs figure dans le Top10, à la 7ème place, derrière les grandes entreprises de conseil en management comme McKinsey et Boston Consulting Group, et les entreprises high-tech telles que Google et Apple. JP Morgan est à la 12ème place, suivie par HSBC (17ème), tandis que Credit Suisse, Deutsche Bank et Barclays n’apparaissent même pas dans le Top30.

« Les chiffres qui concernent le nombre d’élèves qui fréquentent les présentations des banques sur les campus cette année sont en baisse, mais ceux qui sont présents vraiment motivés et leur détermination n’a pas changé en dépit de la mauvaise presse, indique Lara Berkowitz de la LBS. La compétition commence dès le premier jour de la formation avec la nécessité de constituer un réseau et se préparer à entrer dans la banque ».

Dans le secteur de la banque d’investissement, le bruit court que ce sont les détenteurs de MBA en Fusions & Acquisitions et Corporate Finance qui ont les meilleures perspectives de carrière à long terme. Même chez Deutsche Bank, pourtant connue pour recruter des MBA dans ses départements ventes et trading, il y a eu un intérêt marqué pour le corporate finance cette année.

L’embarras du choix

Si les étudiants MBA ne vont pas dans la banque d’investissement, où vont-ils ? Eh bien l’une des réponses est dans le conseil. Tous les services carrières des business schools avec qui nous nous sommes entretenus nous ont affirmé que les consultants en management avaient augmenté leurs recours aux MBA et que la proportion d’étudiants se voyant offrir un job dans le secteur était en augmentation. Pour preuve, 36% des élèves de LBS sont entrés dans le conseil en 2011, contre 25% en 2010. À l’INSEAD, ce chiffre se situe aux alentours de 40%, tandis que la proportion d’étudiants issus de l’Oxford Saïd Business School qui gravitent dans le secteur est passée de 19% en 2009 à 29% l’an dernier.

Dans le secteur financier, cependant, les MBA sont plus enclins que jamais à explorer un large éventail d’options. « Le private equity reste plébiscité, tandis qu’un nombre croissant d’étudiants postulent pour des fonctions dans la gestion d’actifs et la gestion de fortune », indique Eileen Devine. Enfin, les petites structures ont su tirer profit des dommages de réputation subis par les bulge brackets. « Cette année, il y a un intérêt accru pour les boutiques spécialisées dans la banque d’investissement et les marchés de capitaux de la part des étudiants qui ont l’impression qu’ils peuvent y décrocher un travail plus intéressant et être mieux payés sur le long terme », complète Derek Walker, responsable du service des carrières à l’Oxford Saïd Business School.

Retrouvez la version originale de cet article sur notre site UK, et d’autres articles sur les MBA dans la section Special Report : MBAs.

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