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L’INVITÉ : Il y a de quoi faire dans le bénévolat…

En prenant un verre avec deux amis récemment licenciés (de manière inattendue pour chacun d’entre eux), j’ai réalisé une fois de plus combien les hauts potentiels pouvaient très vite et avec beaucoup d’énergie se montrer clairvoyants dans les moments difficiles.

Tous les deux se sont illustrés de telle façon que si demain, j’étais réembauché par ma propre firme, je pourrais assurément dépenser mon propre argent pour les aider. D’autant plus que lorsqu’ils entrent dans une pièce et rencontrent un client pour la première fois, tous les deux donnent désormais l’impression, avant même qu’ils ne se soient exprimés, d’être des battants – confiants mais pas arrogants – et d’avoir une présence rassurante.

L’un vient du monde des relations presse, l’autre est banquier d’affaires. Tous deux ont fait les mêmes choses que font les gens lorsque le couperet tombe : ils ont inondé les chasseurs de têtes avec leurs CV, appelé des amis, des contacts, d’anciens collègues d’autres entreprises, avec autant d’énergie et d’efforts que s’ils étaient en train de boucler une opération ou présenter un nouveau business.

Et ils ont échoué. Pris au piège, ils ont fait ce que j’ai toujours respecté chez la plupart des gens qui font face à l’adversité : ils ont sonné le clairon et chargé. Malheureusement pour eux, ils ont chargé en plein dans les sables mouvants et s’y sont englués. Logiquement, ils savent que ce marché de l’emploi difficile ne durera pas éternellement, mais ils se sont tous les deux de plus en plus rapprochés de la case chômage pour les mois à venir.

Et c’est là où ils m’ont le plus impressionné. Après avoir subi ce qui aurait pu être un coup fatal à leur ego, ils ont fait le choix personnel de travailler sur des projets caritatifs. Pour ce faire, ils ont rejoint une demi-douzaine d’amis et de connaissances de La City qui se trouvent dans la même situation.

L’un d’eux est chargé de donner des conseils sur un exercice de repositionnement médiatique et marketing d’une petite fondation spécialisée dans la santé. Intronisé par un ami, il ne souhaite pas s’y engager dans un rôle à long terme – par exemple en tant qu’administrateur – parce qu’au bout du compte, il garde l’espoir d’un retour à une vie professionnelle normale . Néanmoins, il est prêt à travailler d’arrache-pied plusieurs mois, de façon bénévole, et à réaliser quelque chose qui en vaille la peine, prenant peu de place mais faisant bonne impression sur son CV et enrichissant pour son ego.

Si j’étais un potentiel employeur devant l’évaluer, cela aurait plus de valeur que son handicap au golf.

L’autre organise un événement de collecte de fonds pour une fondation dans l’enseignement. En tant que banquier d’affaires habitué aux refus, il a une peau dure comme celle d’un rhinocéros et n’a pas de scrupules à demander de l’argent aux autres. En fait, il aime bien ça, même si la demande est moindre que ce qu’elle aurait été quelques années plus tôt, et que les gens sont plus tentés de dire non.

Comme nous tous, les organismes de bienfaisance vivent, eux aussi, des moments difficiles. Quand tout va bien, les dons affluent assez spontanément, sans compter que dans certains milieux, il est mal vu de ne pas se montrer généreux. Mais les temps difficiles ont laissé beaucoup de monde sur le carreau.

Nous, les banquiers, sommes tous maintenant plus nerveux, la période des bonus est mauvaise, les perspectives pour l’année prochaine pourraient s’améliorer, mais beaucoup de ce que nous faisons sera anéanti.

Ainsi, des profils talentueux et dynamiques qui ne seraient normalement pas disponibles pour les organismes du secteur bénévole peuvent soudainement faire un revirement stratégique. Nous avons tous un but que nous voulons atteindre en termes de causes charitables. Pour ma part, je suis administrateur dans une fondation sur la déficience visuelle, Action for Blind People, parce que la cécité est mon cauchemar – et que le meilleur moment pour faire tourner un moulin à vent, c’est lorsque le temps est mauvais. C’est dans ces moments-là que l’aide s’avère la plus nécessaire, que ce soit en termes de temps, d’énergie, de leadership ou d’idées. Et c’est toujours mieux que d’attendre patiemment à la maison que le téléphone sonne.

commentaires (2)

Comments
  1. Moi-même je me suis fait licencier en octobre 2007 et par la suite je suis parti comme volontaire avec les Missions Etrangères de Paris http://www.mepasie.org/ pour quelques mois en Asie.

    C’était génial ! J’en garde un très bon souvenir et ça fait aussi impression pendant les entretiens car cela démontré que l’on ne travaille pas “que” pour un salaire.

    En revenant j’ai vite trouvé un poste de chef d’équipe que j’occupe maintenant depuis plus qu’un an.

  2. Moi-même je me suis fait licencier en octobre 2007 et par la suite je suis parti comme volontaire avec les Missions Etrangères de Paris http://www.mepasie.org/ pour quelques mois en Asie.

    C’était génial !
    J’en garde un très bon souvenir et ça fait aussi impression pendant les entretiens car cela démontré que l’on ne travaille pas “que” pour un salaire.

    En revenant j’ai vite trouvé un poste de chef d’équipe que j’occupe maintenant depuis plus qu’un an.

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