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OPINION : Revigorés, les cabinets de conseil exercent un appétit croissant pour les profils bancaires

Premiers touchés par la crise, les cabinets de conseil sont également les premiers acteurs du marché à témoigner de la reprise. Entre l’été 2008 et la fin de l’année 2009 les recrutements ont été quasiment suspendus pour reprendre au début de l’année 2010 avec à nouveau des projections très optimistes pour les années à venir.

Le premier trimestre 2011 en atteste avec une augmentation de 60% des besoins de recrutement par rapport au premier trimestre 2010. Les cabinets de stratégie ont été les premiers à relancer leur recrutement au début de l’année 2010, les cabinets de conseil en organisation leurs emboitant le pas six mois plus tard. Tous font face à une augmentation importante du nombre de leurs missions en particulier dans les secteurs Banques et Assurances.

Marché sous tension

Pour répondre à cette demande, les cabinets engagent depuis quelques mois des recrutements de profils spécialisés dans ces secteurs, facteurs différentiels de leur business model. Cette pêche aux professionnels bancaires existait certes avant la crise, mais cette fois le marché est particulièrement sous tension, alors que la dynamique de croissance des cabinets est forte. La pénurie de candidats a entraîné un bond des rémunérations à l’embauche de 10 à 20% en l’espace de quelques mois.

Les cabinets de conseil ne peuvent plus se contenter de recruter chez leurs concurrents, leur stratégie a dû évoluer. Ils ont donc élargi leur champ de recherche, et les banques constituent leur meilleur terrain de chasse. En voici deux exemples :

Les juniors en M&A séduisent…

De plus en plus, les candidats plus jeunes, dotés de parcours académiques exemplaires, intéressent particulièrement les cabinets de conseil en stratégie. Les juniors (1-4 ans d’expérience) issus des activités M&A en banque d’affaires sont des profils de choix. Ils représentent quasiment 20% des profils demandés. Ces profils plaisent car ils ont déjà eu l’occasion de se confronter à un environnement exigeant proche du conseil en termes d’attente client. Parmi ces nouvelles recrues, les plus prometteuses seront confrontés progressivement à d’autres secteurs d’activité que la banque, ce qui leur permettront d’aborder de nouvelles problématiques.

… tout comme les profils orientés vers les problématiques opérationnelles

Tous les cabinets, qu’ils fassent du conseil en stratégie ou en organisation, recherchent aujourd’hui activement des candidats confrontés à des problématiques plus opérationnelles (problématiques de distribution multicanal, restructuration…).

Sur ce type de profils, les cabinets sont plus que jamais concurrencés par leurs principaux clients, les banques, qui essaient de retenir et d’attirer des profils similaires. Figurent en tête des priorités des uns et des autres les profils relativement seniors (3-7 ans), dotés d’une vision transversale des problématiques bancaires. Les professionnels qui sont intervenus en mode projet au sein de leur structure sont privilégiés par les acteurs de la place. L’aspect différenciant des cabinets, surtout de moins de moins de 100 consultants, pour ces candidats est l’apport d’une démarche commerciale et d’une dimension plus entrepreneuriale.

Quels que soient les cabinets, ces candidats devront s’adapter à un nouvel environnement et appréhender de nouvelles méthodes et des rythmes de travail propres au conseil. En revanche, une fois la phase d’adaptation passée, ils apporteront une réelle plus-value en raison de leur background et pourront donc évoluer potentiellement plus vite au sein de leur nouvelle structure.

Laurent Bellaïche est consultant senior au sein de la division Conseil du cabinet de recrutement Robert Walters à Paris.

commentaires (2)

Comments
  1. Quand on voit à quel point les banques n’ont tiré aucune leçon de la dernière crise financière, on peut peut légitimement se demander quels genres de profil sont recherchés par les banques. Le même processus de recutement se répète au gré des cycles du crédit, avec injection de personnel à l’entrée et éjection à la sortie, “no questions asked”.

    Personnellement j’ai toujours été surpris, en tant que consultant avec une bonne dizaine d’années d’expérience, par le système proprement totalitaire mis en place par les institutions bancaires pour contrôler rigoureusement le comportement de leurs employés à travers leurs innombrables normes et procédures.

    Les campagnes de promotion des “valeurs” chères à la banque ressemblent à de la manipulation mentale destinée à désactiver le sens critique, voire le simple bon sens, pour aligner les esprits sur la norme mentale déterminée par le groupe en fonction de sa stratégie de marché.

    Ce genre de politique orwellienne nous conduise non seulement au totalitarisme qui écrase l’individu fondu dans la masse aveugle mais aussi nous condamne à répéter les mêmes erreurs engendrant les mêmes désastres. Mais qui protestera?

  2. Après la dernière crise, liée en grande partie au comportement moutonnier des instituts financiers, on aurait pu croire que les banques et les sous-traitants du secteur chercheraient à diversifietr les profils, à rechercher des idées neuves et des comportements différents.

    La lecture des différentes annonces du secteur (et les réponses des recruteurs) montre au contraire la reproduction du modèle précédent. Ce type de fonctionnement, replié sur lui-même, laisse mal augurer d’un changement profond et durable des comportements.

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