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D’un ex-Lehman : C’était la réalisation d’un rêve

Un généreux bonus en vue et un contrat avec l’une des plus prestigieuses banques d’investissement : vous appelez ça comment vous ? un sympathique deal ou un passeport pour l’enfer ? Il y a un an, étudiant de première année en business school, je croyais que mon rêve se réalisait.

En juin 2007, je commençais mon summer internship de 10semaines dans la division Marchés de capitaux de Lehman Brothers à Londres. En août, l’avant-dernier jour de mon stage, je me suis vu offrir un job d’associé. Pendant deux longues années, j’avais rêvé de ce moment. Et le chemin pour en arriver là a été ardu. J’ai démissionné de mon emploi chez Citigroup Consumer Banking, travaillé dur pour pouvoir intégrer une école de commerce, développé mon réseau pour me frayer un chemin jusqu’à Lehman Brothers. Et enfin, s’est présenté à moi LE contrat de travail qui, je pensais, me mettait sur les rails du succès.

Un an plus tard, me voilà, assis à la maison, sans emploi, avec un énorme prêt étudiant sur les épaules, avec en tête, l’image d’un accident de train vu au ralenti !

Après avoir été un banquier, encore que pour moins de deux mois, je me retrouve donc là à partager quelques-unes de mes vues sur l’industrie financière et de la relation spéciale que cette dernière entretient avec les étudiants de business school. Pour débuter cette série, j’aborderai l’un des sujets les plus controversés : l’argent.

Les salaires des banquiers sont une cible facile. Étant donné que je ne suis plus banquier, je suis tenté de rejoindre les critiques formulées par l’opinion publique. Pourtant, s’il y a une raison pour laquelle les banquiers devraient être payés plus que d’autres professionnels, c’est bien en raison du risque. Non pas celui qu’ils prennent pour faire de l’argent, mais celui qui les conduit à devoir aller à leur boulot chaque jour avec la peur de perdre leur job le lendemain. J’ai été appelé un vendredi soir pour m’entendre dire que ce n’était pas la peine de me pointer le lundi suivant. Pas de notification préalable, pas de discussion à cceur ouvert, pas d’indemnité de licenciement, même pas un simple merci.

Quand les choses tournent mal, les banquiers sont les premiers à perdre leur emploi. Les autres secteurs arrivent ensuite. L’hypothèse selon laquelle les banquiers seraient payés comme des diplômés de MBA travaillant pour Marks & Spencer ne tient pas la route. C’est seulement quand la crise touche ces derniers que l’on commence à comparer leur salaire avec ceux des banquiers. Aussi quand ils sont à leur tour affectés, ils ne réalisent pas toujours que les banquiers en ont déjà bien bavé avant eux.

L’an passé, j’aurais pu très bien renoncer au job (avec la paye généreuse et le confortable bonus qui va avec) pour un emploi classique de manager dans l’industrie. Mais j’ai mordu à l’hameçon – avant tout parce que je voulais vraiment bosser dans la banque. J’ai signé mon contrat avec Lehman cinq semaines avant que la banque soit mise en faillite. De la malchance certainement, mais j’étais payé pour prendre ce risque.

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