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INTERVIEW : « Les entreprises françaises n’ont pas attendu l’invitation de David Cameron pour partir en Angleterre »

Jean-Sébastien Dumont

Tel est en tout cas le point de vue de Jean-Sébastien Dumont, avocat associé au département fiscal de Nixon Peabody et spécialiste de la fiscalité des entreprises et de leur implantation à l’étranger, que nous avons interviewé.

eFC : en marge du G20 au Mexique, David Cameron a dit vouloir dérouler le tapis rouge pour les entreprises françaises. Qu’en pensez-vous ? 

Jean-Sébastien Dumont : Au-delà du caractère un peu provoquant de ses propos, cela correspond à une réelle demande des chefs d’entreprises. La Grande-Bretagne est aujourd’hui perçue comme très attractive. Elle offre un environnement politique et fiscal plus stable que la France.

Le fait que le gouvernement affiche clairement ses intentions en la matière, participe actuellement à l’attractivité du Royaume-Uni pour les entreprises françaises. Ainsi, de plus en plus de PME en forte croissance avec un fort potentiel de développement font le choix de s’implanter en Angleterre. En effet, les avantages en faveur d’une implantation outre-Manche sont nombreux.

Justement, quels sont les avantages fiscaux pour les entreprises souhaitant s’implanter en Angleterre ? 

Tout d’abord le taux de l’impôt sur les sociétés est d’une manière générale plus avantageux au Royaume-Uni (24%) qu’en France (33,33%). D’ailleurs, la Grande-Bretagne, avec un taux d’imposition sur les sociétés plus faible, génère plus de recette fiscale qu’en France, parce que la base fiscale y est supérieure.

Ensuite, les charges sociales y sont considérablement moins élevées dans la mesure où le taux marginal est de 15,8% (2% pour le salarié et 13.8% pour l’employeur) contre 70% pour les entreprises et les salariés français.

Sommes-nous à l’aube d’un exode des entreprises françaises vers l’Angleterre ?

Même s’il serait sans doute exagéré de parler d’un véritable exode des sociétés françaises vers le Royaume-Uni, force est de constater que, dans certains secteurs d’activité, la tendance à s’expatrier est d’ores et déjà une réalité et on ne peut exclure que cette tendance se renforce dans les mois à venir.

Ce transfert de sociétés entraîne donc pour l’Etat français une perte de recettes fiscales, à court terme en raison de la diminution du nombre de contribuables et à long terme du fait de la perte des ressources fiscales engendrées par la création de valeur au Royaume-Uni et non plus en France.

Les établissements financiers sont-ils, eux aussi, concernés ? 

S’agissant des établissements financiers, la problématique à laquelle ils sont confrontés est différente. En effet, en ce qui les concerne, l’instauration prévue au 1er août 2012 d’une taxe sur les transactions financières (dont l’entrée en vigueur pourrait finalement être repoussée au 1er janvier 2013) risque de créer une distorsion de concurrence défavorable aux établissements situés en France dès lors que cette taxe est mise en œuvre de façon non concertée avec les autres Etats européens, et en particulier le Royaume-Uni.

Londres a toujours fait preuve d’une grande attractivité sur les professionnels de la finance. Cependant si les établissements financiers français décident effectivement de transférer leurs activités outre-manche, ces personnes ne seront plus confrontés à un choix, mais seront obligées d’aller travailler au Royaume-Uni pour pouvoir exercer leur métier.

commentaires (2)

Comments
  1. Lorsque vous êtes bien diplômé, motivé, que vous avez envie de gagner de l’argent, pourquoi rester en France?
    Pour aider les autres? Les chômeurs qui touchent 3 ans d’allocation, les millions d’immigrés qui vivent aux frais de l’état, les dizaines de milliers de fonctionnaires? Ils veulent tous leur part du gâteau, qu’on se le dise.

    Pour entendre le gouvernement qui dit détester la finance et faire payer l’impôts aux plus aisés?

    Vous voulez entreprendre en France? les 75% d’impôts sur les hauts revenus sont là pour vous rappeler que même si vous vous démenez come un diable, l’Etat vous attend au tournant.

    Venez à Londres, la vie certes n’y est pas toujours facile, mais au moins vous aurez le sentiment d’y travailler pour vous.
    C’est à Londres que les enfants des chinois fortunés et des oligarques russes viennent faire leurs études, pas à Paris.
    C’est à Londres que les salaires sont les plus élevés. A Paris, c’est minable.
    C’est à Londres que vous vous enrichirez au contact de la diversité. A Paris, elle vous fera régresser.
    C’est un passage à Londres qui enrichira votre CV, bein plus qu’à Paris.

    A tous les électeurs de mr Hollande qui liraient ce message, je coris que si vous pouviez échanger votre rémunération contre celles des financiers à Londres, vous ne diriez pas non. Alors arrêtez de nous faire la morale.

  2. Comme la presse a bien annoncé que la FRANCE est classée parmi les rangs des pays européens du sud.

    La France a perdu de la compétitivité dans tous les secteurs économiques. Les investisseurs ne veulent plus investir en FRANCE.

    La Finance en FRANCE est en berne.

    On se pose la question si c’est un moment d’installer à Londres.

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