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Les « Y » : une génération prometteuse ?

Alain Mlanao

À la question « Qu’est-ce que la génération Y ? », les définitions varient. Pour certains, le « Y » désigne la trace que forme le fil du baladeur sur le torse – symbole de l’hyper-connectivité de cette génération. Pour d’autres, cette lettre fait écho à l’adverbe anglais « Why » (« Pourquoi ») – signe d’un esprit critique. Les jeunes de la génération Y s’interrogent et interrogent. Âgés de 20 à 30 ans, ils sont nés dans un monde marqué par un contexte économique changeant, la conscience que le diplôme ne protège plus de la crise, un consumérisme effréné, une liberté d’expression illimitée et une prégnance des nouvelles technologies de l’information.

Face à ce monde en pleine mutation, les jeunes de la génération Y se montrent sceptiques : ils n’hésitent pas à questionner le monde qui les entoure, à soulever ses incohérences et à revendiquer leurs droits. Leur modus operandi : se servir des réseaux sociaux pour communiquer entre eux, partager des informations et parfois se challenger. Ils donnent l’impression d’être autonomes, voire de vivre en tribu. Ils construisent leurs propres valeurs : à la famille et la politique, se substituent l’individualité, l’innovation, le plaisir… Affirmé et assumé, ce mode de fonctionnement est vécu avec ambiguïté par les employeurs. S’il leur est reconnu des niveaux scolaires élevés et une grande réactivité, on leur reproche un manque d’engagement.

Contrairement à ses prédécesseurs, la génération Y s’attache peu à son employeur. Elle a du mal à envisager une carrière au sein d’une seule et même entreprise, non pas par manque d’ambition mais par impatience. Ce n’est pas un hasard si cette génération convoite tant l’étranger. Son eldorado : partir dans les pays émergents (Brésil, Chine) pour saisir des opportunités professionnelles souvent attractives.

La vision que ces jeunes ont du monde professionnel est court-termiste ; ce qui prime, c’est leur équilibre personnel. Les chiffres sont, à ce propos, assez éloquents. Selon différentes enquêtes menées entre 2010 et 2011, 39 % des Français se sentent détachés de leur travail (surtout chez les moins de 35 ans), 24 % déclarent ne pas s’impliquer du tout, 1/3 des salariés songent à quitter leur entreprise (augmentation de 57 % de 2007 à 2011).

Si les jeunes de la génération Y ne révolutionnent pas le marché de l’emploi, les employeurs doivent apprendre à s’adapter à leur mode de fonctionnement. Parmi les changements mis en place, nous observons notamment la multiplication d’actions pour les faire participer activement à la vie de l’entreprise : programmes de formation, outils de conduite au développement, feedbacks réguliers… La génération Y a besoin de transparence sur les valeurs véhiculées par l’employeur (respect, engagement personnel, loyauté).

Néanmoins, les mentalités tendent à évoluer avec les deux dernières crises et l’arrivée sur le marché du travail de la génération Z. Réputée pour être plus rationnelle et plus concernée, elle risque de bousculer les codes des « Y ».

Alain Mlanao est directeur général de Walters People.

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