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Combien vaut un chasseur de têtes expérimenté spécialiste du secteur financier ?

Un panel de chasseurs de tête spécialisés évaluent la rémunération moyenne de ce type de poste à Londres : un salaire de l’ordre de 105K€ et un bonus très variable qui peut être un multiple du fixe.

On compare souvent les chasseurs de têtes aux agents immobiliers, ce sont à peine plus que des intermédiaires qui ne travaillent pas très dur et qui profitent du travail des autres gens qui créent de la richesse. Richard Fraser, chasseur de têtes depuis plus de 10 ans, convient que sa profession a plutôt mauvaise presse, notamment parce que ce métier parait terriblement facile.
“Tout le monde pense qu’on peut devenir riche, qu’il suffit d’acheter un ordinateur et quelques logiciels, d’être sur internet, de faire payer les candidats pour qu’ils puissent mettre leur CV et de faire payer les entreprises pour qu’elles puissent y accéder” explique-t-il.
C’etait peut-être le cas dans le passé, aujourd’hui les choses ont bien changé, le métier de chasseur de têtes est devenu méconnaissable en 10 ans. Sans une expertise reconnue, un bon carnet d’adresses, une déontologie infaillible et une capacité à travailler dur, vous n’existez pas, surtout dans le secteur financier. La crédibilité est primordiale tout comme la discrétion et d’excellentes qualités relationnelles.
Pour Tony Barnes qui recrute pour des cabinets de recrutements chez Waters Barnes Associates”Si vous n’êtes pas bon et si vous donnez l’impression que vous ne savez pas ce que vous faites, les clients et les candidats ne viendront pas à vous”.
La plupart des chasseurs de têtes commencent leur carrière dans des cabinets bien établis qui ont fait leurs preuves avant de partir pour se spécialiser sur une niche, beaucoup d’entre eux travaillent pour une poignée de clients récurrents.
Après avoir fait leurs armes auprès des grands noms du recrutement, nombreux sont ceux qui démarrent leur propre affaire. Avec de bonnes relations et un contrôle efficace vos frais généraux, l’affaire peut être rentable, les commissions (qui représentent souvent jusqu’à un tiers du salaire du candidat la première année ; à moins qu’elles ne soient plafonnées) compensent largement l’absence de salaire fixe.
Ceci étant dit, les clients potentiels compliquent les choses en référençant leurs fournisseurs. Mieux vaut rester sur leur liste pour générer un volant d’affaire raisonnable et récurrent.
“Il n’y a pas de chemin facile; la meilleure façon de commencer est d’avoir un mentor qui vous enseigne le métier, ensuite c’est à vous de rester dans la partie, ce qui suppose de suivre l’actualité du marché, de connaître les dernières nominations et les raisons ces transferts ” explique Fraser de RJF Global Search.
Une fois bien établi, un chasseur de têtes en finance peut gagner pas mal d’argent -surtout dans les conditions de marché actuelles – à conditions d’avoir les ressources nécessaires notamment en terme de recherche. Un chasseur de têtes digne ce nom doit avoir une bonne connaissance des métiers de ses clients ainsi qu’un bonne base de candidats mise à jour.
“L’empathie est primordiale : il faut comprendre ce que veut vraiment le client, pas ce que vous pensez qu’il veut parce que vous l’avez” témoigne Barnes.
A quelle rémunération un bon chasseur de têtes avec au moins cinq ans d’expérience peut il prétendre? Fraser estime la fourchette du fixe à 82/150K€. Avec le variable quelqu’un qui a plus de 10 ans d’expérience peut gagner entre 225 et 1125K€ indique Barnes.
Dans une enquête sur les salaires, Simon Gee, directeur général de Heywood Search, indique que le salaire sur objectifs peut être conséquent : quelque part entre 225 et 1125K€ pour un consultant, et au-delà de 1,5 million pour un associé d’un grand cabinet.
Pourquoi de telles amplitudes? Au delà de la hausse importante des rémunérations des chasseurs de têtes l’an passé dans un contexte de reprise des marchés financiers (l’enquête de Gee’s suggère que les salaires dans la finance ont augmenté de 20%, les revenus ayant augmenté 50%), les chasseurs des grands cabinets mondiaux spécialistes des cadres dirigeants s’en tirent mieux que leurs homologues des cabinets moins connus.
De plus, certains domaines ont eu plus de succès que d’autres. Cette année, le corporate finance, les marchés de dette, le change et différents produits dérivés ont le vent en poupe, même les actions longtemps dans le marasme relèvent finalement la tête. En fait la grande question pour certains est de savoir pourquoi le secteur est en plein boom.
“Si on s’en tenait aux marchés financiers, les choses devraient aller doucement plutôt que de s’affoler : la seule raison que je vois à cette reprise c’est que les banques anticipent un rebond et qu’elles veulent être bien positionnées à ce moment là ” juge Barnes.
Pour les chasseurs de têtes, cela ne peut être qu’une bonne nouvelle : c’est mieux qu’avant et cela semble encore s’améliorer, plus de commissions et de meilleurs salaires en perspective. Que demander de plus ?
Chiffres et commentaires de Barnes Waters Associates, Heywood Search et RJF Global Search

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