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OPINION : Travailler dans le domaine des hedge funds

Les hedge funds constituent un monde passionnant, mais à part, et nous sommes généralement peu préparés à le comprendre et, a fortiori, à y faire carrière. Les raisons en sont multiples. D’une part, bien que les premiers hedge funds sont apparus il y a près de 60 ans, ce n’est que vers la fin des années 1980 (avec les Soros et consorts) que ce secteur est arrivé sur la place publique.

D’autre part, les hedge funds évoluent en dehors du cadre moyenne-variance qui, par commodité académique, est le fondement de toute théorie économique, et peu de cursus universitaires en expliquent véritablement les arcanes.

Or, et ceci est véritablement fondamental, une des problématiques des hedge funds est d’appréhender les risques extrêmes et de les quantifier. Jusqu’à l’automne dernier, expliquer ces mécanismes était une véritable gageure puisqu’ils n’ont jamais connu de performances annuelles négatives (1). Les caractéristiques de l’asymétrie des risques sont effectivement plus faciles à expliquer aujourd’hui !

Travailler dans le monde des hedge funds, en dehors des emplois à caractère commercial et juridique (quoique !), nécessite généralement une bonne formation mathématique (école d’ingénieurs, de commerce…). Néanmoins, peu de cursus englobent – en dehors de quelques cours à option – une formation spécifique dans le domaine de la gestion alternative, qui, de surcroît, évolue très rapidement.

C’est la raison pour laquelle, en 1999, sous le parrainage du CISDM (2) et de l’AIMA (3), des leaders de l’industrie entreprirent la tâche de créer un label professionnel exclusivement dédié aux spécialistes des investissements alternatifs. Le résultat de leurs efforts a été le lancement en 2002 du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), première et seule certification au monde dans ce domaine. Précisons que la formation regroupe les domaines des hedge funds, des matières premières, de l’immobilier et du private equity.

La mission de l’association est notamment de fournir aux membres une bonne compréhension des investissements alternatifs, de préconiser un code de conduite professionnelle de haut niveau, et d’établir la désignation CAIA comme le standard éducatif de l’industrie alternative. À ce jour, plus de 2 600 professionnels, provenant de 58 pays, ont réussi les épreuves (qui comprennent deux niveaux), sachant que le développement est exponentiel, puisque pas moins de 6 650 candidats étaient inscrits aux épreuves de 2008.

Les candidats proviennent de différents horizons de la finance : gestionnaires, analystes, consultants, risk managers, juristes, comptables… et ont une expérience professionnelle variable. Mais tous ont en commun cette volonté de se perfectionner dans ce secteur.

À l’instar du CFA (Chartered Financial Analyst), autre certification bien connue des financiers, la préparation aux examens se fait généralement de manière solitaire. Néanmoins, l’association CAIA a sélectionné l’Edhec en tant que fournisseur exclusif en Europe de cours préparatoires aux épreuves, sous la forme de séminaires de trois jours par niveau. Cette formation, donnée par des professionnels chevronnés, est un must pour ceux qui ambitionnent de développer une compréhension minutieuse sur ces sujets.

Alors, sans aucun doute, la désignation CAIA semble plus que jamais la marque de distinction requise pour qui veut faire carrière dans le domaine des hedge funds.

(1) Source : Edhec Risk – Funds of Funds Index, du 1er janvier 1997 au 31 décembre 2008.

(2) Center for International Securities and Derivatives Markets.

(3) Alternative Investment Management Association.

* Managing Director chez Alternative Advisers, une société de conseil en investissement spécialisée dans la construction de portefeuilles de hedge funds.

commentaires (7)

Comments
  1. on parle gestion *alternative*, j’ai l’impression que le CAIA ressemble à un BTS en innovation … ce qui est total non-sens. non sérieusement un hedge fund qui réussit durablement est un hedge créatif et scientifique, c’est pour cela que les fonds sérieux vont chercher des PHD ou des individus qui ont sur le CV une experience qui montre qu’il ont fournit un vrai +.
    quelque chose qui n’apparaitra jamais sur aucun bouquin du CFA, CAIA, ou de l’EDHEC. on oublie toujours qu’une part importante de cette profession est le secret industriel ….

  2. pas faux gurk mais je te ferais remarquer que l’auteur bosse dans un fonds de fonds, ceux qui sont censés faire de la due dilligence et que donc il ne gère pas lui-même.
    pour cette industrie, le CAIA est bon car il parle de produits. après, pour gérer hedge, il vaut mieux être un artiste qu’un simple diplômé…

  3. J’aimerais juste citer ici un passage d’un livre de Soros qui est tout de même un gérant que l’on peut croire : “..n’ayant jamais été fort en mathématiques et n’y ayant de toute façon aucun intérêt…” donc non, les maths ne sont pas obligatoires en Hedge pour y réussir, contrairement à ce que la mentalité française “ingénieur ou rien” veut bien prétendre.

    Pour gérer un hedge quant, bien entendu il faut être matheux : pour un long-short par contre c’est inutile (entre autres) donc cela dépend avant tout du type de fonds !

  4. notez que j’ai employé le mot “scientifique” et non matheux. quoiqu’il arrive quand on gère des milliards avec effets de leviers.

    A) d’avoir une approche rigoureuse et systèmatique donc d’être peu ou prou scientifique ou bien à minima “rationnel” aux sens des économistes …

    B) d’avoir les bonnes infos et donc d’être hors-la-loi

    C) de la faire au “feeling” mais alors là on s’expose à reussir sur la chance et à 100% à tout perdre un jour

    un client sérieux n’investira jamais dans B) ou C). Une due diligence sérieuse de laissera pas passer B) ou C)
    en principe … d’où le fonds de fonds … vous voyez ?

    ah oui, he oui il y aura toujours un type au casino qui gagne en faisant n’importe quoi. cela n’empêche *qu’en moyenne* on gagne plus en étant rationnel.

    c’est fou, on entends toujours dans la banque ces mêmes raisonnements foireux de conducteur de taxi

    plein de gens ne font toujours pas de disctinction entre ce qui est NECESSAIRE de ce qui est SUFFISANT ou bien SUFFISANT pour augmenter ces chances de reussite. ce sont pourtant les “agents rationnels” du système ..

    Soros n’est pas matheux mais il est probablement très rationnel … ou bien escroc ?

  5. Cette article prétend traiter du secteur des hedge mais en fait c’est juste une pub ostensible pour le CAIA (dont je n’ai rien contre).

  6. Le CAIA est en effet un très bon certificat pour la compréhension ces métiers. Lors des entretiens que j’ai pu conduire durant toute ma carrière (essentiellement des sociétés suisses et françaises), entre un bon profil et un bon profil ayant eu la certification CAIA, nous préférons le second.
    D. (CIO d’une société AM reconnue sur la place de Paris et de Genève)

  7. Personne de serieux n’essaierait de rentrer dans cette industrie aujourd’hui. C’est pour cela que M.Debatty ratisse large pour essayer de rabattre des personnes egarees.

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