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La compliance : un métier d’avenir

Amelie Lobry

Originaire des pays anglo-saxons, la fonction compliance est née au milieu des années 90 dans des secteurs réglementés tels que le monde bancaire (banques généralistes ou d’investissement, fonds, agences de notations…) ou certains secteurs industriels (pharmaceutique, énergétique, pétrolier…). Depuis, l’importance d’avoir, en interne, une ressource spécifiquement dédiée à la garantie de l’exercice d’une activité juridiquement et financièrement irréprochable n’a cessé de grandir.

Dans un premier temps confiée aux juristes, la fonction compliance s’est peu à peu singularisée en France. Et ce jusqu’à l’émergence du métier de compliance officer. Egalement appelé responsable conformité, il entretient un lien particulièrement étroit avec l’administration fiscale (française/AMF ou étrangère) et se positionne désormais comme un véritable expert capable d’identifier, d’évaluer et de contrôler le risque. Doté d’une excellente culture juridique et d’une sensibilité forte au monde financier, il gère principalement le risque et s’assure de la bonne conformité aux différentes législations et/ou réglementations bancaires, aux nouvelles directives européennes, etc. Il peut, également, en fonction du contexte, être amené à gérer des problématiques de lutte anti-blanchiment, anti-corruption…

Afin de sécuriser au mieux le risque, le compliance officer a pour mission de veiller à la meilleure harmonie possible avec les différentes directives et réglementations européennes qui ponctuent le monde bancaire et financier, en perpétuelle évolution. Il doit, par ailleurs, entretenir d’excellentes relations avec le régulateur (français et/ou étranger), tout en accompagnant et en favorisant le business.

Si la fonction de compliance officer connaît un essor grandissant en France, ce type de profils reste toutefois une denrée rare. Il est à noter que les formations en compliance pure sont relativement récentes : les grandes universités commencent à dispenser des troisièmes cycles spécialisés. A ce jour, le parcours classique d’un compliance officer se résume à l’obtention d’un diplôme en droit des affaires, doublé d’une formation en finance, voire d’une expérience probante en audit (Big 4, la plupart du temps). Ce marché de niche est caractérisé par des candidats dont la rémunération peut atteindre 150 K€ bruts/an.

Trouver des profils spécialisés en compliance s’avère une tâche ardue, qui nécessite souvent de faire appel à un cabinet de recrutement. La meilleure approche que nous conseillons, en l’espèce, pour saisir ces talents est l’approche directe. Peu mobiles, ce sont des candidats qu’il faut directement aller chercher, en France ou à l’étranger (UK, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique), et qu’il faut savoir attirer en leur proposant des rémunérations attractives et des missions challengeantes.

Dans une conjoncture où l’anticipation du risque est devenue un enjeu crucial, la fonction compliance joue ainsi un rôle de plus en plus stratégique. Et cette tendance ne fera, bien entendu, que se confirmer avec l’émergence de nouvelles réglementations telles que les normes Bâle II et Solvency III.

Amélie Lobry est Manager de la division Tax, Legal & Compliance chez Robert Walters.

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