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Commodities : la guerre des talents fait rage entre la France et la Suisse

« La Suisse nous voilà, la Suisse nous voilà ! » ont scandé de jeunes militants UMP à l’annonce de la victoire de François Hollande. Simple bravade ou véritable envie de partir ? L’avenir le dira… En attendant, on ne saurait que trop conseiller à tous ceux qui auraient un background financier dans le trade finance commodities d’aller tenter leur chance dans la Confédération helvétique.

En effet, les banques suisses font actuellement tout pour attirer les meilleurs talents de leurs rivales françaises, dont la difficulté à se refinancer en dollars les a contrainte de se retirer du marché à l’instar de Crédit Agricole en décembre dernier, ou bien de réduire la voilure comme BNP Paribas. « Le personnel bancaire français va continuer à être un bon filon de candidats de haut vol pour les banques en croissance », indique Niaz Haq, responsable du recrutement bancaire au sein du cabinet de recrutement suisse Serendi, qui dit s’attendre à ce que les professionnels des banques françaises continuent à partir, attirés par des salaires plus élevés (Reuters).

D’autant plus que les besoins sont bel et bien là : UBS a ainsi débauché un dizaine de spécialistes de BNP Paribas afin de renforcer ses équipes à Genève et Lugano. Idem pour Credit Suisse qui, depuis le début de l’année, a recruté cinq nouveaux relationship managers à Genève et Zurich. « Le retrait partiel de certaines banques crée des opportunités supplémentaires pour acquérir de nouveaux clients et étendre les relations d’affaires avec les clients existants », déclare un porte-parole de Credit Suisse. Selon des professionnels du secteur, des banques régionales comme la Banque Cantonale de Genève et la Banque Cantonale Vaudoise recrutent également dans le cadre de leur stratégie de développement sur les marchés émergents. Enfin, les maisons de trading comme Trafigura seraient elles aussi intéressées pour débaucher les professionnels des banques françaises.

Un phénomène à double sens

Dans le même temps, un autre géant du négoce, Louis Dreyfus, va ouvrir cette année à Lyon un centre d’expertise dédié aux commodities. Un nouveau centre à moins de deux heures de Genève en période de franc fort, la nouvelle concurrence a de quoi inquiéter. Surtout que la future entité lyonnaise accueillera des activités similaires aux bureaux de Genève : on y retrouvera les métiers allant de la gestion informatique à l’administration, mais aussi un pole finance et trading.

Le groupe n’annonce aucune restructuration en Suisse où il emploie 300 employés mais reconnaît que des experts seront amenés à être déplacés pour pouvoir former les nouveaux employés en France. « Il n’y aura pas de restructuration à Genève. L’ouverture de bureaux à Lyon est une extension de nos activités en Europe. Ce n’est en aucun cas une révolution », précise Julie Hibon responsable du département communication de la firme à Genève (Tribune de Genève).

Les banques françaises elles non plus n’ont pas dit leur dernier mot ! A présent que ses plans de réorganisation sont terminés, BNP Paribas envisage de lancer un fonds de trade finance. Mais les experts de l’industrie restent cependant sceptiques sur la capacité des banques hexagonales à récupérer le terrain perdu auprès de leurs concurrentes helvètes – et des autres – qui se battent ardemment pour gagner des parts de marché.

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