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Comment les traders pour compte propre vont-ils pouvoir se recycler ?

La Volcker Rule, qui doit être adoptée dans les mois qui viennent aux Etats-Unis, va obliger les banques, les autres sociétés du secteur financier et les fonds d’investissement à modifier de manière importante leur organisation et leur stratégie. « Elle soulève notamment des questions pour les sociétés qui interviennent en France », explique le cabinet d’avocats August & Debouzy qui organise prochainement une conférence sur l’application en France de la Volcker Rule aux organismes financiers et fonds d’investissement.

En effet, il n’y a pas forcément besoin d’être actif aux Etats-Unis pour relever de la Volcker Rule, dont l’ambitieuse application internationale aura des conséquences totalement inattendues pour la plupart des organismes financiers et des fonds d’investissement implantés en France. En effet, les critères de rattachement aux Etats-Unis peuvent être à la fois faibles et indirects : ainsi, par exemple, une entité française est soumise à la Volcker Rule du seul fait qu’elle est détenue à hauteur de 25% par une groupe non-américain qui détient lui-même une simple filiale ou succursale aux Etats-Unis.

D’ores et déjà, les banques françaises seraient disposées à accepter une réglementation européenne calquée sur la règle Volcker visant à interdire aux banques de dépôt toute activité purement spéculative, a déclaré Frédéric Oudéa, PDG la Société Générale et président de la Fédération bancaire française (Le Figaro.fr). Qui plus est, le secteur bancaire n’est pas le seul à vouloir agir dans ce sens. Les politiques s’y mettent aussi, à l’instar du candidat socialiste François Hollande qui, dans son programme pour l’élection présidentielle, propose de séparer les activités de dépôts et les activités de marché des banques françaises, à l’image de ce qu’a décidé en fin d’année dernière le Royaume-Uni pour réformer son système bancaire après la crise.

Cap sur les hedge funds

Sachant que la règle Volker est centrée sur l’interdiction de la spéculation pour le compte propre des banques, les proprietary traders ont du mouron à se faire sur leur avenir. Et ils ne sont pas les seuls : les entités qui relèvent de la Volcker Rule se voient interdire de procéder à des opérations pour compte propre, dont les critères sont particulièrement larges et qui comprennent notamment toutes les opérations à court terme ou celles pour lesquelles l’entité concernée intervient en qualité de courtier. Idem pour les professionnels des fonds d’investissement (y compris notamment les fonds de gestion alternative) liés financièrement à des entités relevant du champ d’application de la Volcker Rule. En effet, ces dernières ne seront plus autorisées à s’impliquer financièrement dans des fonds d’investissement, ce qui constitue une contrainte souvent déterminante pour leur structuration.

Ce n’est pourtant pas la première fois que les prop traders sont dans l’œil du cyclone. La réforme financière de 2010 avait déjà remis en cause ce modèle en limitant les opérations pour compte propre des banques – justement à l’initiative de Paul Volcker – ainsi que les opérations sur les produits dérivés. Dans ces conditions, grande est la tentation pour les prop traders encore en poste dans les banques françaises d’aller voir ailleurs. Mais à force de scandales à répétition concernant des traders français, de Jérôme Kerviel à Bruno Iksil en passant par Fabrice Tourre, rien ne dit que l’employabilité des traders de nationalité française dans les salles de marché londoniennes ou new-yorkaises soit encore au beau fixe.

Les prop traders pourraient davantage être tentés de rejoindre l’industrie des hedge funds, qui vient d’enregistrer sa meilleure performance moyenne trimestrielle depuis 2006, selon l’indice HFRI. Mieux : dans le dernier classement établi par Financial News qui recense les meilleurs traders de moins de 40 ans travaillant dans les hedge funds figure un nombre impressionnant de Français. On citera Hervé Gallo (Occitan Capital Partners), Jérôme Lussan (Laven Partners), Karim Moussalem (Verrazzano Capital Management), Edouard Salet (Apson Capital) ou Marianne Scordel (Bougeville Consulting). Et cette industrie semble plutôt bien leur réussir si l’on prend pour exemple la trajectoire de Arnaud Achache, un ancien trader dérivés actions de la SogGen qui depuis a fait fortune dans le hedge funds Och-Ziff Capital Management (Forbes.com).

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