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EXTRAITS : Bercy, mieux qu’Harvard ou un MBA

GRS

Les extraits qui suivent sont tirés du livre Bercy, au cceur du pouvoir publié chez Denoël et qui est le résultat d’une enquête sur les coulisses du ministère des Finances qu’ont menée deux journalistes à partir de plus de 150 témoignages de personnes qu’ils ont interrogées. À n’en point douter, être passé par la forteresse Bercy est un vrai plus dans une carrière en finance, comme l’illustrent les témoignages suivants tirés du chapitre intitulé Bercy, mieux qu’Harvard ou un MBA .

Au lieu de rencontrer les DRH, comme un vulgaire HEC ou MBA d’Harvard, s’amuse Alain Minc, un inspecteur qui cherche du travail aura un accès direct aux patrons des grandes entreprises. Un ancien conseiller de l’Élysée, passé dans le privé, confirme : J’ai reçu pas mal de propositions, mais avec la vie en cabinet, on n’a pas toujours le temps de passer toutes les épreuves de recrutement hypersophistiquées, avec toutes les batteries de tests et les multiples entretiens. C’est plus pratique de passer par des modes de recrutements informels.

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Pour certains, l’ENA est devenu une sorte de super MBA, analyse Olivier Ferrand, fondateur du think thank de gauche Terra Nova et lui-même ancien haut fonctionnaire au Trésor. Ils savent que, quatre ou cinq ans après leur sortie, cela leur permettra d’intégrer une banque d’affaires ou un cabinet conseil en stratégie à un niveau plus élevé que s’ils avaient été embauchés au sein de ces structures directement après HEC, par exemple.

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Le système des carrières en France reste fondé sur la haute administration, confie Philippe Marini, inspecteur des finances et rapporteur général du Budget au Sénat. Le fait d’être issu d’un grand corps de l’ENA ou d’avoir eu des fonctions à responsabilité au sein de la machine Bercy permet de faire partie d’un club, d’un cercle de pouvoir. Et dès lors que vous faites partie du “club”, beaucoup de portes vous sont ouvertes. C’est très français. En Angleterre, par exemple, ces “clubs” n’ont rien à voir avec l’administration.

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C’est aux premiers échelons de la hiérarchie que les départs vers les banques sont les plus nombreux, surtout en période économique faste. Au plus fort de la bulle Internet, en 2000, j’ai vu partir un collègue qui avait 27 ans et qui avait négocié 300 000 euros annuels, se souvient Olivier Ferrand. Des chefs de bureau qui s’en vont et multiplient au passage leur salaire simplement par trois ou quatre, cela arrive tout le temps.

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Les experts de la direction de la Législation fiscale sont aussi très courtisés. D’anciens directeurs sont devenus avocats fiscalistes : Michel Taly chez Arsène Taxand, ou Hervé Lehérissel chez Ernst & Young. Jérôme Grand d’Esnon, ancien directeur des Affaires juridiques du ministère des Finances, n’a lui non plus eu aucun mal à traverser le miroir. Mon passage à Bercy a beaucoup joué dans mon embauche et ma reconversion comme avocat. Cela m’a donné une visibilité très forte.

* Thomas Bronnec est chargé de la rubrique Économie du site Internet de L’Express et rédacteur en chef adjoint du site de L’Expansion, et anime Les Couloirs de Bercy, un blog sur l’actualité du ministère des Finances. Laurent Fargues est, quant à lui, rédacteur en chef adjoint du mensuel Acteurs publics.

commentaires (8)

Comments
  1. colbert a fait des petits ….vous comprenez mieux maintenant pourquoi certains ado poussés par leurs parents mettent le paquet à 16-19 ans pour intégrer les corps d’élite quitte à broyer leur personnalité , le sésame en vaut la peine ….c’est finalement très attristant toutes ces passerelles …l’accès d’un jeune au pouvoir au contact de patrons à bercy ne fait pourtant pas de lui quelqu’un reconnu dans une profession mais en France c’est comme ca il y a une cooptation implicite et nécessaire et on préfère les personnes qui conceptualisent surtout là où il n’en faut pas : alors il ne faut pas s’étonner que la crise soit incompréhensible ce ceux là même qui néanmoins , chercheront tout de même à l’expliquer en éditant un livre 2 ans plus tard alors même qu’ils se sont fait baffé littéralement en terme de projection et perspectives ; un des plus beau exemples de ces spécimen ? alain MINC bien évidemment.

  2. L’ENA, un accélérateur de carrière? Non, sans blague??!

  3. @HECBA :
    bah sorry mais l’ENA pour moi c’était pas a priori évident de la voir comme une passerelle vers la banque..
    J’vois pas nécessairement le rapport, mais visiblement ça ne choque personne !
    Ces mecs n’ont quand même aucune formation au métier ?! Il y a le réseau, c’est indéniable, mais ça ne fait pas tout. Ou peut-être que si, après tout.

  4. mais vous n’avez rien compris vous !! les gens de L’ENA sont considérés comme de grands “conceptualisateurs” ayant donc une intelligence conceptuelle, stratégique, d’organisation ; ils ne sont pas fait pour se mettre les mains dans la m***e donc à partir de là ils raisonnent du haut vers le bas et peuvent embrasser n’importe quel secteur ….c’est pas moi qui le dit ce sont eux qui le pensent

  5. Une illustration très franco-française de ce qu’est la “méritocratie”…

  6. Entièrement d’accord avec King et Snad.
    Bienvenue en France où la méritocratie est piétinée par les élites depuis trop longtemps ! Il est grand temps de faire le ménage !
    Méritocrates de tous bords, changons la tendance à nos humbles niveaux en essayant, lorsqu’on le peut, de recruter des gens pour leurs compétences réelles et pas pour leur diplome, leur milieu social ou que sais je !! Yes we can !!!

  7. Ce qui n’est pas assez souligné ici, c’est qu’il ne suffit pas de faire l’ENA mais encore faut-il en sortir dans la botte et entrer dans les meilleurs corps (inspection des finances notamment). Je connais quelques énarques qui n’ont guère devant eux les perspectives de carrières citées dans le livre. Donc il faut arrêter de faire du populisme à tout va sur les élites

  8. Alpha je ne fais pas du populisme mais reconnais que même un dernier du classement de l’ENA a quelques compensations que beaucoup d’autres sont en droit d’espérer au bout de x années de carrière et qu’ils n’auront jamais ; on pense ces gens comme des génies , je ne dit pas qu’ils sont imbéciles mais l’intelligence n’est que la moitié du génie, l’autre ne s’apprend pas c’est le dynamisme, la créativité : vous pouvez sortir major de la meilleure école du monde et ne rien laisser après le bref passage sur terre.
    steve jobs est un génie, jacques attali est un bon analyste c’est tout

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