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Les BFI françaises contraintes de revoir leur modèle d’organisation

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Cela fait une semaine que le patron des produits dérivés américains Europe, Afrique et Moyen-Orient, Greg Smith, a claqué la porte de Goldman Sachs après douze années de maison, dénonçant dans le New York Times la culture d’entreprise « toxique » de la banque d’affaires qui privilégierait ses profits au détriment de ceux de ses clients. L’affaire qui a fait couler beaucoup d’encre depuis, a été suivie de près par les états-majors des banques françaises, ces derrières n’étant pas exemptes de points faibles vis à vis de leur politique clientèle.

Preuve en est avec le dernier rapport du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger qui indique que l’environnement des BFI françaises connaît depuis deux ans des transformations fondamentales, liées à la crise financière et au bouleversement de leur réglementation. Dans ce contexte, les auteurs de l’étude, Pierre Reboul, Partner, et Bruno Perrin, Senior Manager, ont la conviction qu’après des années de focalisation sur le développement et l’industrialisation des produits, les banques doivent réinventer leur modèle économique pour replacer le client au cœur de leur dispositif.

Selon eux, des changements majeurs doivent se faire sur cinq axes en particulier : positionnement, offres, organisation commerciale, support marketing et opérations. Ainsi, les banques doivent offrir une image lisible aux clients et prospects, développer des solutions sur mesure pour mieux répondre aux besoins de chaque client, recentrer le coverage pour en faire un chef d’orchestre et non plus un guichet de prêts ou un « cocktail banker », mieux suivre l’activité et mieux connaître les clients et intégrer l’ensemble de la chaîne pour mieux servir les clients, avant et après les transactions.

Vers la fin de la banque universelle ?

De toute façon, les banques françaises sont le dos au mur : l’activité de financement et d’investissement a sans surprise tiré les bénéfices des 5 plus grandes d’entre elles (Crédit Mutuel CIC, BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale) vers le bas en 2011. Les BFI ne représentent plus que le quart du résultat avant impôt des banques françaises. « Plus une banque possède une BFI importante, plus la taille de son bilan a diminué», indique Fabrice Asvazadourian, coresponsable mondial des services financiers chez Roland Berger (La Tribune.fr).

La BFI a également été le pôle le plus impacté par les suppressions de postes. Selon Roland Berger, « 80% des 6200 suppressions de postes annoncées par les banques françaises fin 2011 l’ont été en BFI, et 40% en France ». Dans de telles conditions, guère étonnant que certains veuillent aller bien plus loin, à l’image de Jérôme Cazes, consultant et professeur à HEC, qui souhaite que l’on démantèle d’urgence les grandes banques françaises, en séparant la banque de financement et d’investissement de la banque de détail. Dans une interview vidéo, ce spécialiste des risques financiers revient sur le concept de banque universelle qu’il qualifie de « trouvaille sémantique ».

« C’est une belle histoire que vous entendez depuis 3 ans : jamais les banques universelles n’ont fait faillite ! Alors pourquoi leur chercher noise ? On nous le répète tellement qu’on finit par le croire, commente l’ancien directeur général de la COFACE sur le blog de la DFCG. La prochaine fois qu’on vous dira ce joli conte de fées, demandez : et Dexia, qui va coûter encore plus cher au contribuable que le Crédit Lyonnais ? Et Royal Bank of Scotland, la plus grosse faillite européenne ? Ce sont des banques universelles en faillite. D’autres banques universelles ont été sauvées juste à temps parce que elles étaient universelles et que les politiques étaient coincés ».

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