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Le Private Equity recrute-t-il encore ?

Private banker and clinet

Dans le cadre de la semaine de la finance organisée du 12 au 17 mars par l’ISEG Finance School s’est tenue une conférence intitulée « Quel avenir pour le Private Equity européen ? » et qui a réuni un parterre de professionnels du capital investissement venus parler de l’avenir de leur profession. L’occasion de faire le point sur un métier malmené pendant la crise et que nous avions classé parmi les secteurs en berne pour l’année 2012.

Et pour cause : l’Association française des investisseurs en capital (Afic) elle-même s’inquiète du faible niveau des levées de fonds et s’interroge sur l’avenir du capital risque. En outre, « les normes prudentielles comme Bâle III et Solvency II font que les établissements bancaires et les compagnies d’assurances se désengagent du private equity », constate Thomas Liaudet, Partner chez Campbell Lutyens. Ainsi, l’an dernier, Crédit Agricole a cédé sa filiale de capital investissement tandis que BNP Paribas et AXA cherchent à mettre en vente leur branche private equity. De son côté, Philippe Gire, Directeur et Fondateur de Elaia Partners, craint que les « dispositifs fiscaux comme les FCPI ou les FIP ne finissent par être remis en cause ». Le pessimisme ambiant est tempéré par Olivier Goy, Président Directeur Général, 123Venture : « 2011 a été une belle année pour les cessions. Nous avons fait 17 fois la mise sur la vente d’une société comme Critéo, et nous avons en portefeuille des sociétés valorisées 20 à 30 fois la mise initiale. C’est la preuve que malgré la crise, de jeunes entreprises se développent. Les gens vont revenir vers le capital-risque, c’est certain ».

En attendant, dans un contexte plutôt difficile, la question est de savoir si le secteur recrute toujours. Assurément, la réponse est oui. « Des fonds se créent tous les jours dans le monde », rappelle François Feige, Managing Partner chez Veymont Capital Partners aux Pays-Bas. Dans l’Hexagone, des recrutements sont annoncés au Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) qui, fin décembre 2011, employait déjà 62 salariés, donc 13 directeurs d’investissements et 15 chargés d’affaires. « Il ne faut pas oublier que c’est la plus grosse société de private equity en France », rappelle Olivier Pastré, Professeur à l’Université Paris VIII, Président de la banque d’affaires IMBank et membre du cercle des économistes.

Profils recherchés

Etant donné le gel des recrutements dans de nombreuses banques d’investissement, la tentation est grande de postuler pour les firmes de private equity. D’autant plus que, contrairement à la finance de marché, nul besoin d’être un matheux pur et dur pour y travailler. « Le capital investissement recouvre plein de domaines : financier, mais aussi marketing, stratégie, management… », note Thomas Liaudet.

Cela dit, la sélection reste sévère dans un milieu qui emploie vraisemblablement moins d’un millier de professionnels en France. « A ceux qui veulent travailler dans le capital développement, je conseille une expérience de 1 à 3 ans en cabinet d’audit ou de conseil en stratégie. Vous allez y rencontrer un tas d’entreprises et apprendre à travailler en équipe. En plus, ces cabinets recrutent en ce moment », note Gonzague de Blignières, Président du Comité de surveillance d’Equistone Partners Europe. « Si vous voulez travailler dans le capital risque, le mieux est encore d’afficher une expérience dans une start-up, quel que soit le poste que vous occupez : vous êtes au cœur du réacteur », indique Philippe Gire.

Le secteur du private equity n’est en tout cas pas prêt de disparaître. « Il ne faut pas oublier qu’en France, le capital investissement représente 50 milliards d’euros d’actifs sous gestion », rappelle Gonzague de Blignières, indiquant que l’industrie française du private equity se situe à la deuxième place européenne et la troisième place mondiale derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. « Et les marges de progression sont grandes si l’on considère qu’il y a près de 400 000 business angels aux Etats-Unis, 40 000 au Royaume Uni et 4 000 en France ».

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