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Écoles de commerce : le défi du marché international

Aurelien Duthoit

La fusion à venir entre les écoles de commerce Euromed et BEM marque un nouveau tournant dans le paysage des écoles de commerce en France. Longtemps, les fusions entre écoles ont surtout relevé d’une logique nationale. Désormais, ce type d’opération porte très clairement le sceau de la mondialisation de l’enseignement supérieur, dans un contexte de concurrence devenu mondial.

En soi, le rapprochement de différents établissements est un phénomène bien connu et les opérations de ce genre se sont multipliées au cours des quinze dernières années. Parmi les cas les plus emblématiques, on trouve notamment Novancia, l’EM Strasbourg ou encore SKEMA, tous nés de la volonté de rassembler plusieurs établissements sous une même bannière. La tendance n’est pas prête de s’arrêter, puisque d’autres projets comme France Business School pourraient réunir jusqu’à six écoles différentes.

La logique de ces rapprochements, en revanche, a changé. Jusqu’alors, la grande majorité des rapprochements entre écoles était le fait d’une concurrence surtout nationale. En clair, chaque grande ville disposait d’une école supérieure de commerce, et les moins bien pourvues nouaient des liens pour mieux lutter. Désormais, même les écoles de taille moyenne ont plus que jamais besoin d’atteindre la taille critique pour disposer de moyens toujours plus importants afin d’exister sur la scène internationale. En dix ans, l’effectif moyen par école de commerce a pratiquement doublé, traduisant à la fois un nombre croissant d’étudiants et un nombre de plus en plus réduit d’établissements.

Cette course à la taille critique parmi les écoles a d’abord pour objectif de pouvoir continuer à attirer un maximum d’étudiants dans un contexte difficile. La concurrence internationale commence en effet à se faire sentir, avec un nombre croissant d’étudiants français partis réaliser leur cursus à l’étranger. Dans le même temps, certaines universités ont décidé d’étoffer leur offre de formation en management, et on voit ainsi certains Instituts d’Administration des Entreprises, les fameux IAE, s’affirmer comme une alternative crédible aux écoles de commerce. Enfin, de nombreuses écoles consulaires sont confrontées à une baisse de leurs subventions publiques dans un contexte économique marqué par l’austérité. Longtemps protégées par le seul statut d’école de commerce, les écoles évoluent désormais dans un contexte beaucoup plus délicat.

Au-delà de ces aspects défensifs, la recherche de la taille critique permet également aux écoles de mieux tirer parti des opportunités liées à la mondialisation, et donc d’adopter des stratégies offensives. Pour l’essentiel, les écoles françaises ont misé sur la capacité d’attraction des étudiants étrangers. Cette attraction est largement basée sur le prestige des établissements ou leur position dans les classements internationaux notamment. D’autres écoles misent également sur le développement de bureaux ou de campus à l’étranger. BEM est par exemple présent au Sénégal, et Euromed en Chine et au Maroc. La fusion des deux établissements donnera ainsi au nouvel ensemble une couverture internationale encore plus importante. En France comme à l’étranger, la conquête des étudiants étrangers est ainsi devenue, plus que jamais, une priorité.

Longtemps très centrées sur la France, les écoles de commerce s’adaptent donc à leur nouvel environnement international. Des études réalisées auprès des étudiants étrangers en France ont récemment souligné l’attractivité du territoire français et la qualité générale de son enseignement supérieur. Pouvoir attirer une main d’œuvre qualifiée en devenir est un véritable atout, et l’objet de véritables stratégies dans de nombreux pays, notamment anglo-saxons. A cet égard, refuser à des étudiants étrangers le droit de travailler en France, quand bien même ils y ont été formés et en partie sur des deniers publics, est une triste exception française, et la pire des publicités pour les écoles.

Aurélien Duthoit est directeur d’études chez Xerfi GlobalIl vient de rédiger une étude intitulée Les stratégies internationales des écoles de commerce françaises. Pour en savoir plus sur l’étude, cliquez ici.

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