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Comment les Français doivent s’adapter pour travailler en Belgique

Pierre-Olivier Drai

Pierre-Olivier Drai

De toutes les expatriations, la Belgique est l’une des plus faciles. Une forme d’expatriation pour débutant si l’on veut. Au premier abord, la Belgique ressemble étrangement à la France, culturellement et évidemment, parce qu’on y parle le français. Pourtant, il ne s’agit que d’une apparence…

Si la Belgique est une expatriation “soft”, elle n’en est pas moins une expatriation. Certes l’influence française y est importante, mais il ne s’agit que l’une des influences qui ont façonné le pays. Les cultures hollandaises, allemandes et anglo-saxonnes se ressentent aisément et il est facile pour un Français de ne plus se sentir “en phase”. La première adaptation consiste donc à retenir les deux termes de la proposition, l’expatriation n’est “soft” qu’à la condition de garder en tête qu’il s’agit d’une expatriation.

Par ailleurs, parler de “Belgique” dans un pays où les identités régionales (Flandres, Wallonie et Bruxelles) sont fortes peut conduire à une certaine confusion. D’autant plus que l’activité future de l’expatrié influera sur le choix de la région dans laquelle il va s’installer. En dépit des nombreuses exceptions, l’implantation en Flandres sera liée aux métiers du commerce international, à Bruxelles, il s’agira probablement d’une activité en lien avec l’Union européenne, comme la communication institutionnelle, en Wallonie, ce sont plutôt les activités commerciales avec la France ou les start-up. En ce qui concerne les métiers de la finance, bien que Bruxelles soit une petite place financière, ce sont principalement des profils de gestionnaires de comptes en banque privée, des capitaux-risqueurs, des gestionnaires de projets européens ou encore des profils juridiques/financiers capable de travailler sur la régulation financière qui seront les plus recherchés.

Cette segmentation géographique des activités aura une implication profonde sur la langue parlée. Si Bruxelles est véritablement cosmopolite, la Flandre est résolument néerlandophone et l’installation nécessite la maîtrise de la langue. Dans le cadre d’une recherche d’emploi en Belgique, la maîtrise du néerlandais est conditionnelle à de nombreux postes. En matière sociale, la langue regorge de faux-amis, c’est donc un vocabulaire spécifique aussi à maîtriser (pension / retraite, mutuelle / sécurité sociale, etc.).

Au sein de l’entreprise, les rapports s’expriment différemment, arrivés tôt et partis tôt, les collègues belges ont tendance à être plus directs et moins formels – ce qui ne veut pas dire moins respectueux de la hiérarchie. Mais le tutoiement est rapidement de mise, et les belles tournures de phrases n’ont que peu de place, seuls comptent la précision et le détail.

Pierre-Olivier Drai est coach spécialisé en expatriation et suivi des communautés expatriées. Il publie régulièrement dans la presse spécialisé ou sur son blog D2 Horizons Expats’

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