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Les tendances de recrutement en finance pour 2012 vues par Robert Walters

Robert Walters

A l’occasion de la présentation de sa Salary Survey 2012, le cabinet de recrutement spécialisé Robert Walters est revenu sur les tendances du marché, les évolutions de rémunérations et les aspirations des candidats. « Au vu de l’incertitude économique et des élections à venir, le début de l’année s’annonce peu généreux sur les salaires : la prudence est de mise en termes de promotion, de bonus et de création de postes », explique Antoine Morgaut, CEO Europe et Amérique latine chez Robert Walters.

Des recrutements « a minima »

Selon Robert Walters, le volume des recrutements est resté soutenu jusqu’en décembre 2011 en fonction de trois facteurs : une pyramide des âges qui crée un déficit structurel de cadres, des entreprises en sous-effectifs suite aux trois dernières crises (2003, 2009, été 2011) et une perméabilité des marchés qui crée des appels d’air internationaux sur les expertises. En 2012, le ralentissement va surtout toucher les postes de direction et les postes moins qualifiés, incluant les débutants.

Certaines entreprises risquent de suspendre leurs projets d’investissement et de profiter de l’incertitude pour justifier des mesures économiques. « Cette situation va pousser à la contraction des objectifs de recrutement au détriment des grands projets. La tendance va aller de la stratégie vers l’organisation, du marketing vers la vente, de la grande finance vers la gestion des coûts, en somme du macro au micro-management, poursuit Antoine Morgaut. Le plus étonnant, dans tout çà, c’est que pour la première fois, le mouvement est incertain. D’un côté la crise peut s’aggraver, de l’autre le marché peut repartir en forte croissance si la confiance revient ».

Des cadres insatisfaits de leur salaires

Avec des augmentations collectives proches du niveau de l’inflation, des rémunérations variables mesurées (rarement supérieures à 15% du salaire fixe) et très individualisées (les écarts de fourchettes se sont resserrées sur les cadres de plus de 10 ans d’expérience), il n’est guère étonnant de voir un sentiment de paupérisation s’installer chez les cadres. « 48% d’entre eux estiment avoir perdu de leur pouvoir d’achat », rappelle le CEO de Robert Walters Europe qui prend l’exemple suivant : un cadre financier issu d’une grande école type HEC a vu entre 1985 et 2011 son salaire multiplié en moyenne par 1,7 tandis que sur la même période, le SMIC a été multiplié par 2,3, les prix de l’immobilier par 3,3 et la baguette de pain par 6,7 !

Une constatation qui rejoint les résultats d’un sondage de l’institut OpinionWay effectué pour pour la CGT des cadres Ugict-CGT. Celui-ci indique que la moitié des cadres ne sont pas satisfaits de leur rémunération par rapport à leur charge de travail et leur niveau d’implication, et que quatre sur dix signalent que les pratiques managériales se sont dégradées avec la crise (Le Monde.fr).

Dans ces conditions difficiles, on observe un changement d’état d’esprit des cadres qui sont plus tendus et n’ont souvent guère d’autres choix que de défendre âprement leur job. Autant de tensions latentes qui ne manqueront pas de se révéler quand la reprise montrera le bout de son nez : les cadres monnaieront alors la pénurie, ce qui aura pour effet d’augmenter les salaires. En attendant, certains profils experts prennent le risque de changer d’emploi, sachant que la « prime au changement » permet d’augmenter en moyenne son salaire de 10 à 15% pendant les années creuses (contre 20 à 40% les années de croissance soutenue type 2007-2008).

La part belle aux « experts de niche »

« Les rémunérations des experts du ‘middle management’ ont en moyenne augmenté de 10% sur l’ensemble de l’année, contrairement aux autres fonctions cadres qui ont fini sur une note plane », note Antoine Morgaut, qui constate chaque année une valorisation plus importante en expertise de niche sectorielle ou fonctionnelle. Et cela n’est pas prêt de se tarir : à n’en point douter, les plus gâtés dans les années à venir seront des experts comme les consolideurs, les auditeurs internes, les risk managers, les actuaires, les compliance officers ou les spécialiste SAP qui ont vu leur salaire progresser jusqu’à 25% à la fin 2011.

Risk Management :
5 à 8 ans d’expérience : €55-90k (2011) / €55-95k (2012)
8 à 15 ans d’expérience : €85-110k (2011) / €85-120k (2012)
+ de 15 ans d’expérience : €85-150k (2011) / €85-150k (2012)

Compliance :
5 à 8 ans d’expérience : €50-90k (2011) / €50-100k (2012)
8 à 15 ans d’expérience : €80-120k (2011) / €80-120k (2012)
+ de 15 ans d’expérience : €80-150k (2011) / €85-160k (2012)

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