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Les velléités de départ des financiers français face aux présidentielles

cigogne

Les professionnels de la finance en France évoluent dans un environnement politique sensible : Nicolas Sarkozy envisage la mise en place d’une taxe financière sur les transactions tandis que François Hollande, qui soutient également cette taxe, considère que le monde de la finance est un adversaire. Suite à cette déclaration, eFinancialCareers.fr a réalisé un sondage en ligne auprès des professionnels de la finance pour leur demander s’ils envisageaient de quitter la France si François Hollande était élu président en mai prochain. Près de 4 répondants sur 10 (38 %) ont affirmé qu’ils seraient prêts à partir tandis qu’un peu moins d’un quart (23 %) préfèrent attendre de le voir à l’œuvre avant de prendre une décision.

En attendant, la taxe, telle que prévue par Nicolas Sarkosy s’appliquera aux entreprises françaises dont la capitalisation boursière est supérieure à un milliard d’euros. Elle concernera les actions, les Credit Default Swaps (CDS) et les opérations de trading à haute fréquence. Néanmoins, elle demeure moins ambitieuse que prévue et épargne de nombreuses transactions. La place de Paris a ainsi évité le pire. « En ne retenant pas le critère de la nationalité des intermédiaires, cette taxe n’est pas une incitation à la délocalisation des activités de courtage ou de gestion tel que nous aurions pu le craindre », souligne Bertrand de Saint Mars, délégué général adjoint de l’Association française des marchés financiers (Les Echos.fr).

Mais plus que cette taxe Tobin elle même, il semble que ce soit un ensemble de mesures qui effraie les financiers et plus encore leurs clients, depuis la suppression du bouclier fiscal jusqu’à la taxe sur les hauts revenus, en passant par la fiscalité sur les dividendes et les intérêts. Grande est la tentation de partir en Belgique, en Suisse, au Luxembourg ou au Royaume-Uni. Autant de pays qui présentent l’avantage d’être proches de la France et bien plus attractifs sur le plan fiscal. Et le fait que le régime des impatriés soit dans le collimateur de François Hollande ne va pas les inciter à revenir de sitôt : cela signerait la fin des avantages fiscaux  (exonération d’ISF…) que bénéficient les expatriés lorsqu’ils reviennent travailler en France, pendant 3 à 5 ans après leur retour (Nouvel Obs).

Qu’importe le vainqueur de 2012

Indiscutablement, la taxe sur les transactions financières pourrait être une bonne nouvelle pour Londres, qui bénéficierait d’un afflux de professionnels français désireux de rejoindre les activités de trading déplacées vers la City. D’ores et déjà, le maire de Londres Boris Johnson a invité les banquiers français à quitter Paris : « Bienvenue à LondresVoici la capitale mondiale de la finance. Elle est à votre porte et si votre propre président ne veut pas des emplois, des opportunités et de la croissance économique que vous générez, nous, nous les voulons ».

Sauf que la situation n’est peut-être pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Il n’est pas évident que les banques françaises puissent échapper à la taxe en se contentant de déménager à Londres. Les banquiers français non plus. Un document de l’Union Européenne suggère qu’une taxe à portée européenne porterait aussi bien sur les entreprises européennes que sur les résidents européens. Il semble probable que la taxe française fonctionnerait sur le même principe. « Jusqu’à ce que le gouvernement français précise la manière dont la taxe sera mise en place, cette situation demeure hypothétique. Mais si la taxe venait à s’appliquer sur la base de la nationalité, le résultat serait clair : les banquiers français à Londres ne pourraient pas exercer », explique James Bennett, Directeur Général EMEA et Asie-Pacifique d’eFinancialCareers.

Mais les banquiers français n’auront peut-être pas d’autre choix que de suivre leur clientèle fortuné qui semble elle aussi avoir des envies d’ailleurs. « Nous n’avons jamais vu autant de gens partir à l’étranger. Des clients qui redoutent les élections et craignent que ce soit pire après, quel que soit le vainqueur », témoigne un grand assureur français (Le Monde.fr). Certains frottent déjà les mains, comme ce responsable d’un family office en Suisse, qui compte bien capter une partie de la clientèle française : « Beaucoup n’ont pas encore pris la décision finale, mais ils ont déjà sur leur table de nuit le dossier constitué. Nous nous préparons à leur arrivée, car les vaches à lait maltraitées finiront par aller brouter chez nous », explique-t-il, avouant que certains de ses collègues se frottent les mains et vont même jusqu’à souhaiter la victoire à l’élection présidentielle du socialiste François Hollande.

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