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Le paradoxe gouvernemental : les bonus sont en baisse, on va les taxer…

C’est comme si le gouvernement avait lu et intégré les enseignements de l’étude d’Olivier Godechot, révélant que la hausse des rémunérations des professionnels de la finance constituait le principal moteur de la montée des inégalités en France. Au vu de ses résultats, le chercheur suggérait d’imposer plus lourdement la catégorie des 0,01% des salariés les mieux rémunérés en France. C’est précisément ce que souhaite faire la majorité.

Le montant total et moyen des bonus en baisse

L’idée du gouvernement est de créer une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et les bonus dans le cadre de la réforme de l’ISF. Tiens, la taxe exceptionnelle sur les bonus fait son retour… Et ce, quelques jours à peine après la polémique lancée par le député européen Pascal Canfin, selon qui la France ne respecte pas la directive européenne encadrant les bonus (La Tribune).

Bercy a d’ailleurs immédiatement contesté cette interprétation. Christine Lagarde a même pris la parole en début de semaine pour assurer que la France avait été l’un des premiers pays à transposer cette fameuse réglementation et surtout pour indiquer que le montant total des bonus versés par les banques françaises a diminué entre 2007 et 2011 à la fois en valeur absolue et en proportion des résultats des activités de marchés et de financement, avec un ratio bonus/résultats passé de 125% en 2007 à 100% en 2009 et 30% en 2010. Pour SG et BNP, le bonus moyen aurait également diminué, tout comme la part des bonus dans la rémunération totale (AFP).

Taxe exceptionnelle versus nouvelle tranche d’impôt

Pourtant c’est bien un impôt anti-bonus dont il est question aujourd’hui. L’Elysée penche pour une participation exceptionnelle aux très hauts revenus évoquant comme cible les salaires annuels de 2 ou 3 millions d’euros au moins et les bonus, sans qu’il soit complètement évident que les professionnels visés aient eux-mêmes à mettre la main à la poche. L’hypothèse d’un versement de la taxe par l’employeur ne serait en effet pas exclue.

La majorité UMP, elle, souhaite aller plus loin, en créant dans la durée une nouvelle tranche supérieure de l’impôt. Le taux de 45% est souvent évoqué. Quant au seuil, il serait encore dans la balance, la taxation pourrait se déclencher à 150 ou 200k. Ce projet fiscal fait fortement écho à l’initiative britannique de l’an passé de relèver de 40% à 50% le taux marginal de l’impôt sur les revenus supérieurs à 150k livres, et qui a provoqué l’exode d’un certain nombre de financiers en Suisse et en Asie. Pas sûr que la France puisse se payer le luxe de prendre ce risque…

commentaires (2)

Comments
  1. Ce qui est marrant, c’est que l’objectif n’est même pas d’améliorer les finances publiques – le surcroit éventuel de recettes fiscales serait une goutte dans l’océan des déficits -, mais simplement d’obéir à une idéologie égalitariste et démagogique…

  2. “‘obéir à une idéologie égalitariste et démagogique…”
    Ce n’est pas être égalitariste que de calmer les ardeurs d’enfants gâtés qui pleurent lorsque leur bonus n’excède pas 2 ou 3 fois le salaire annuel médian de ce pays.
    ce n’est ni une lubie démagogique (même si ça fera du bien à l’âme des smicards), ni une opération de renflouement des finances publiques (encore que le bénéfice puisse se chiffrer en dizaines voire centaines de millions d’euros rien qu’en France).
    Il s’agit surtout pour moi d’une attaque frontale envers les incentives de nos métiers : quelqu’un dont l’idéal de vie est de se payer une ferrari de plus pour épater sa 4e maîtresse finit toujours par agir aux dépens de ses clients.
    Il est temps que l’orgie cesse.

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