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La cooptation, nouvelle méthode d’embauche dans la finance ?

La pratique est très répandue dans les banques anglo-saxonnes. Les Français semblent encore avoir des réticences, tant du côté recruteurs que coopteurs .

Apparue il y a vingt ans aux Etats-Unis, la cooptation est un mode de recrutement par lequel les entreprises incitent leurs employés à leur proposer des candidats intéressants parmi leurs relations. Cela se fait généralement en échange d’une contribution financière de quelques centaines d’euros quand l’embauche a lieu et que le nouvel employé est confirmé dans son poste.

Certains cabinets de recrutement font grise mise. Cette méthode se révélant bien moins onéreuse qu’un recrutement indirect. D’autres en font leur partie, et n’hésitent pas à avoir recours à des sites internet d’e-cooptation (JobMeeters, Cooptin,…).

La cooptation est déontologiquement difficile à pratiquer pour un cabinet de conseil en recrutement tandis que, lorsque nous passons par ce genre de sites, les règles du jeu ont le mérite d’être claires pour tout le monde , indique Jérôme Bonnard, directeur de RCBF Consulting, spécialisé dans le recrutement d’ingénieurs pour les marchés financiers.

Un problème de mentalité

Outre-Atlantique toutes les grandes banques – de Morgan Stanley à Lehman Brothers – se sont pliées au jeu, avec même une surenchère au niveau des compensations (cela peut aller jusqu’à une BMW flambant neuve !). Dans l’Hexagone, en revanche, des freins psychologiques semblent encore empêcher la diffusion de cette pratique, considérée comme un passe-droits qui ne dirait pas son nom.

C’est donc pour une question d’image que les recruteurs préfèrent limiter la cooptation à 20% de leurs embauches. Les coopteurs eux-mêmes se montrent réticents, sauf dans les SSII et les salles de marché où cette pratique est plus ancienne, explique un consultant RH. Le fait qu’un coopteur ne puisse s’engager que s’il y a une prime à la clé casse un peu la relation de confiance que nous voulons établir .

Mais jusqu’à quand les banques et autres institutions financières pourront se payer le luxe de cette frilosité quand le marché des talents ne cesse de se tendre ?

commentaires (12)

Comments
  1. En france on n’est pas prêt à coopter, on prefer pistonner en faisant comme si de rien n’etait…

  2. Pour avoir vu comment certains de la promo ont fait jouer la “famille” pour obtenir leur stage long, les gens préfèreront en effet pistonner et se faire pistonner pour arriver “comme des fleurs” à leurs postes. Ceux-là n’auront pas le mérite d’en être arrivé là, comparé à ceux qui veulent construire leurs carrière de leurs propres mains, et c’est peut-être la seule chose qui nous reste..

  3. “Le fait qu’un coopteur ne puisse s’engager que s’il y a une prime à la clé casse un peu la relation de confiance que nous voulons établir”
    Cette phrase me fait bien rigoler. Faut pas croire qu’on travaille pour rien, on n’est pas bénévole, surtout quand on sait la masse d’argent qui est générée dans la finance. Et puis quoi encore!
    En plus de cette manie de préférer le piston, je pense qu’un autre souci se rajoute : le Français n’a pas une relation franche, claire et honnête avec l’argent, du coup on n’ose pas en parler clairement et avec franchise.

  4. Je pense que la cooptation a toute sa place dans le système français, elle ne viendra pas perturber le travail des consultants car elle agira sur des postes qui ne font généralement pas appel à leur service.

  5. La cooptation est une excellente méthode que nous encourageons au sein de nos équipes dans le monde entier. Elle permet d’intégrer des salariés qui trouveront rapidement leurs marques et cela ne fait que favoriser la prise de poste et la bonne ambiance dans le Groupe.
    Pour les salariés, cela a aussi l’avantage de leur permettre de bien connaître l’entreprise avant de l’intégrer car ils auront pu discuter avec des salariés directement et en toute transparence. Elle n’a que des effets positifs selon nous.

    Gwenaelle Duval, DRH GROUPE SOPHIS Répondre
     
  6. Je suis totalement d’accord avec Jo! Pourquoi parle-t-il de “relation de confiance” ?C’est souvent plus fiable d’avoir un coopteur inter-entreprise qui peut nous parler en toute transparence du futur recru que de passer par un cabinet par exemple.
    La relation de confiance et de fiabilité passent par là avant tout car c’est une contact d’un salarié de l’entreprise. En outre, c’est là aussi qu’on voit la vigilance que peut avoir le salarié, il ne va pas présenter n’importe qui à sa boite. D’autant plus que nous avons tous des recruteurs et des directeurs au sein de l’entreprise pour juger de la compétence du candidat. Enfin c’est une énorme économie pour l’entreprise, au lieu de payer un cabinet de recrutement.
    Bref, On doit changer! Passons du piston à la cooptation!!!

  7. Dans les petites structures, la cooptation existe !
    C’est dans les organisations de grande taille que les obstacles à la cooptation sont les plus nombreux (système de recrutement “standardisé”, parfois en partie externalisé)…
    Le bon vieux piston, lui, est universel (cf. Wolfowitz et la Banque mondiale) !

  8. Cooptation, piston, moi ca me saoule. Aujourd’hui il faut 36 diplomes, 36 langues, un réseau (cooptation ou piston kifkif).
    Le mérite personnel dans tout ca ? Que dalle. Tout le monde n’a pas de connexions partout dans l’univers. Pour moi, tant que quelqu’un est motivé (de nos jours, plutot surmotivé) il fera son trou dans la boite. Quelqu’un de coopté n’a rien de plus à mes yeux qu’un pistonné. Je veux de l’anonymat pour pouvoir juger des qualités réelles du candidat. Rien à faire de qui le recommande. Le piston gangrène. La cooptation est moins pire mais je préfère de toute facon ceux qui arrivent à leur fin à la sueur de leur front.

  9. Cooptation , piston , recrutement standardisé … tous unis pour un même combat : empêcher coûte que coûte de faire entrer des gens trop compétents qui pourrait faire tomber des têtes et prendre des places convoitées …
    Plus un métier devient totalement inutile grâce à l’automatisation et l’informatique et plus ce genre de pratiques se généralisent … on défend son bout de gras comme on peut hein ?

  10. Même avis, cooptation et piston c’est pareil la contrepartie financière ne change rien…si ce n’est peut etre qu’elle officialise le piston && mais bon c’est comme ça que pleins de gens qui le mérite ne trouveront pas leur place aussi vite qu’ils l’auraient pu…à cause de gens qui ont des connaissances et ça c’est écoeurant c’est d’ailleurs à mon sens contre l’égalité des chances à l’acces à l’emploi… pcp de non -discrimination ben pour moi, le fait de favoriser une connaissance à d’autres c’est de la discrimination…tout simplement enfin bon c’est comme ça on ne changera pas le monde

  11. La cooptation est une très bonne chose mais est adaptée au monde anglo-saxon qui reward les professionnels performants (fils à papa ou immigrés). aux USA ceux qui font coopter une de leur relation ont une terrible pression ( jusqu’à la démission) si cette nouvelle recrue se relève être juste un priviligié complètement nul.
    En France, malheureusement le management est une telle maffia soudée par des origines culturelles (le 16 ème à Paris) et des clans de Grandes Ecoles qu’un coopté NON performant sera toujours défendu par le management au nom de l’esprit de corps ou de classe provoquant une terrible démotivation des salariés des entreprises françaises.
    Avant la cooptation, il faut déjà écarter les fils (filles) à papa, qui ne tiennent pas la route, du monde des affaires comme les fils d’acteurs de cinema, fils de chanteurs , fils d’hommes politique , fils d’industriels ….. MERCI SARKO de liquider tous les incompétents en France.

  12. C’est vrai que trouver un emploi retourne du parcours du combattant.
    Diplomé et le bon bien sur, experience, jeunesse et surtout network. Certaines entreprises font meme passer des check-up medicaux pour s’assurer que le candidat n’a pas de maladies en germe.
    Juste une petite histoire qui m’est arrivé.

    J’ai 40 ans, suis expatriee a HOng-KOng, diplomee d’ecole de commerce et du CNAM, 13 ans d’experience en clientele privee dans des banques francaises prestigieuses…Lors d’un recrutement dans une banque europeenne : refus d’embauche car j’etais trop qualifiee pour le poste qui etait le meme que celui occupé en France.
    Pas besoin de diplomes…juste du network. Reponse de la RH : on prefere embaucher des coiffeurs que des professionnels.
    Triste mais vrai…a mediter aupres de tous les professionnels de la finance.

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