☰ Menu eFinancialCareers

EDITO : Bonus, beaucoup de bruit pour rien

Les gouvernements ont déployé pourtant beaucoup d’énergie à nous persuader, à se convaincre eux-mêmes, que les choses allaient changer. Les gros bonus ne seront ni interdits, ni plafonnés. Comme si cela avait été seulement possible ! Ceux qui ont voulu y croire ont péché par naïveté ou par démagogie. Au final, les règles encadrant la distribution des bonus, inscrits dans l’arrêté du 5 novembre, suivent à la lettre les principes édictés lors du G20, c’est-à-dire des principes flous, pas très contraignants et, pour la majorité, déjà mis en pratique dans de nombreuses banques surtout françaises. Passons-les en revue :

Garantie : Si quelqu’un peut témoigner aujourd’hui avoir bénéficié cette année d’un bonus garanti au-delà d’un an, qu’il lève la main (et nous contacte !). Tout le monde peut croire au miracle.

Part cash / actions : Le fait que les actions représentent une partie importante de la rémunération variable n’a rien de nouveau. Et par ailleurs, cela peut se traduire non pas par moins mais plus de cash si la banque performe bien sur les marchés. Quant à la barre placée à 50% du bonus, cela fera certainement rire (ou plutôt pleurer) les salariés de RBS, qui ne recevront aucun bonus en cash cette année (lesechos.fr).

Versement différé : Là encore, pas de bouleversement majeur. La part différée devra représenter au moins 50% du variable et 60% pour les rémunérations les plus élevées (on ne sait pas bien où se situe le curseur), nous dit le décret. Le versement étant étalé sur au moins trois exercices postérieurs à celui de l’attribution de la rémunération. La France n’est ni pionnière ni spécialement stricte en la matière. En Angleterre, un mois plus tôt, Barclays, HSBC, Standard Chartered, RBS et Lloyds avaient accepté également de différer le paiement des bonus en actions (soit entre 40 et 60% du montant) sur trois ans au minimum (FT.com).

Malus : Ah, enfin du croustillant ! En fait, pas vraiment. La rémunération variable différée peut être certes substantiellement réduite ou ne pas être versée. Mais c’est à l’employeur d’édicter ses propres critères en la matière (résultats de l’entreprise, de l’activité de la ligne métier, performances individuelles).

D’avance on sait que les banques sauront témoigner d’ingéniosité pour contourner les règles. Compétition oblige. La problématique de rétention des talents ne va pas disparaître comme par magie. Et lorsque l’on entend Lloyd Blankfein se croire en mission divine (lemonde.fr) et défendre les bonus de Goldman Sachs avec un acharnement certain (FT.com), on se dit que la bataille est définitivement perdue.

Laissons le mot de la fin à l’enquêteur Paul Hodgson : Wall Street ressemble de plus en plus à Clark Gable, qui prononçait ces mots historiques dans le film Autant en emporte le vent : Quite frankly, my dear, I don’t give a damn ! Que ce soient la menace politique, les relations publiques désastreuses, la jalousie ou même un chômage grandissant, rien ne semble inciter ces personnes à refuser les bonus qu’ils pensent mériter.

commentaires (3)

Comments
  1. si je peux rajouter une précision : encore aura-t-il fallut confirmer que l’activité considérée est “éligible” à ces nouvelles dispositions ;-)

  2. “Que ce soient la menace politique, les relations publiques désastreuses, la jalousie ou même un chômage grandissant, rien ne semble inciter ces personnes à refuser les bonus qu’ils pensent mériter. ”

    Quite frankly, my dear, I don’t give a damn either !

  3. Fallait vraiment être naif pour croire que tout allait changer. Si un TRADER est TRADER c’ est qu’ il aime l’ argent, sinon il aurait choisi un autre métier…

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici